jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202024 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEBOURG CÉLINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et enregistrée le 16 mai 2022, M. A D et Mme B C, représentés par Me Lebourg, demandent au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, le certificat d'urbanisme opérationnel négatif délivré le 22 novembre 2021 par le préfet de la Seine-Maritime, ensemble la décision du 14 mars 2022 de rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de leur délivrer le certificat d'urbanisme sollicité sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la commune de Beauvoir-en-Lyons, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Dans la perspective de l'acquisition de la parcelle cadastrée B 497, d'une superficie de 16 297 m², sur le territoire de la commune de Beauvoir-en-Lyons, M. A D et Mme B C, ont déposé, le 16 septembre 2021, par l'intermédiaire de la SARL GE360, cabinet de géomètres experts, une demande de certificat d'urbanisme opérationnel en vue de procéder à sa division en quatre lots à bâtir et d'un lot à céder à la commune. Par le certificat d'urbanisme opérationnel attaqué par M. D et Mme C, le préfet de la Seine-Maritime a déclaré cette opération non réalisable. Par un courrier du 5 janvier 2022, la société GE360 a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté par courrier du 14 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté du 21 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, Mme Béatrice Steffan, secrétaire générale de la préfecture, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Seine-Maritime, en dehors d'exceptions dont ne relève pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du certificat attaqué, et en tout état de cause, de la décision du 14 mars 2022 de rejet du recours gracieux doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. () ". Aux termes de l'article L. 111-3 du même code : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".
4. Ces dernières dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées " en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune.
5. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet a estimé que le projet aurait pour effet d'étendre les parties actuellement urbanisées de la commune. A cet égard, en soutenant que le terrain d'assiette est enclavé par différentes habitations et la voirie publique et qu'il ne supporte aucune activité agricole, les requérants ne contestent pas utilement ce motif. En outre, en dépit de cette dernière circonstance et alors même qu'elle est desservie par la plupart des réseaux publics et qu'un certificat d'urbanisme opérationnel positif a été délivré le 23 octobre 2020 pour la réalisation d'un lotissement, l'urbanisation de cette parcelle, eu égard à sa surface significative d'environ 1,6 hectare, aurait nécessairement pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune de Beauvoir-en-Lyons, qui présente une superficie comparable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation du certificat d'urbanisme opérationnel négatif délivré le 22 novembre 2021 par le préfet de la Seine-Maritime, ensemble la décision du 6 mars 2022 de rejet du recours gracieux, doivent en tout état de cause être rejetées, de même que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, premier dénommé, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime et à la commune de Beauvoir-en-Lyons.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Berthet-Fouqué, président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé :
J. Cotraud
Le président,
Signé :
J. Berthet-FouquéLa greffière,
Signé :
A. Hussein
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026