jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202181 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | SEYREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2022, M. E G, représenté par Me Seyrek, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. G soutient que :
- la décision a été adoptée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 27 avril 2022 d'admission à l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bouvet, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant brésilien né le 10 avril 1979, est entré sur le territoire national en 2010, selon ses déclarations. A la suite de son mariage avec une ressortissante française, le 23 janvier 2016, il a bénéficié de titres de séjour " conjoint de Français " régulièrement renouvelés. Par une décision en date du 10 mars 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme D B, chef du service des étrangers de la sous-préfecture du Havre disposait, en vertu d'un arrêté du préfet de la Seine-Maritime en date du 23 février 2022, régulièrement publié, d'une délégation aux fins de signer la décision de refus de séjour litigieuse. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque donc en fait.
3. En deuxième lieu, la décision de refus de titre de séjour, qui vise l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle la condamnation pénale de M. G, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit, ainsi, être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. Au cas d'espèce, si M. G peut valablement se prévaloir de sa durée de séjour, de son insertion professionnelle passée, de sa volonté de se réinsérer, en suivant une formation qualifiante de technicien supérieur de maintenance - industrie, de sa qualité de parent d'un enfant français prénommé C, né le 19 août 2019, ainsi que d'une vie familiale avec son fils et son épouse française, dont la réalité n'est pas contestée par l'administration, il ressort des pièces versées aux débats que le requérant a été condamné, le 28 mai 2019, par le tribunal correctionnel du Havre à six mois d'emprisonnement avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve d'une durée de deux ans pour des faits d'agression sexuelle incestueuse sur un mineur de moins de quinze ans par ascendant, en l'espèce, la fille de son épouse, A F ressort des motifs du jugement pénal que les faits ont été perpétrés avec violence, contrainte, menace ou surprise. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, les faits, commis entre le 1er juillet 2017 et le 30 août 2017, soit moins de cinq ans avant le refus de séjour litigieux, ne peuvent être regardés comme anciens, ni plus que le jugement pénal, prononcé le 19 août 2019. Enfin, ainsi que le fait valoir le préfet de la Seine-Maritime, M. G ne verse aux débats aucun élément justifiant d'une implication dans un quelconque parcours de soins de nature à prévenir toute récidive. Dans ces conditions, marquées par la gravité des faits dont M. G a été reconnu coupable, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit en retenant que le comportement de M. G caractérisait une menace pour l'ordre public, pas plus qu'il n'a porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant en refusant de renouveler son titre de séjour.
7. En dernier lieu, eu égard, d'une part, à ce qui a été exposé précédemment, d'autre part, à la nécessaire conciliation devant être opérée, par l'autorité administrative, entre le droit au respect de la vie privée et familiale du requérant et la protection de l'ordre public, et, enfin, à la circonstance que la décision litigieuse n'a ni pour objet, ni pour effet, de séparer le jeune C de son père, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas entaché sa décision de refus de renouvellement de titre de séjour d'erreur manifeste d'appréciation.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G, à Me Seyrek et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOUVET La présidente
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2202181
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026