jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2022, et des mémoires, enregistrés le 16 septembre 2022, 15 novembre 2022 et 24 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Lahaye, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, avant dire droit, la production du rapport circonstancié de Mme C, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) d'annuler, à titre principal, la décision du 28 mars 2022 par laquelle le directeur du personnel et des relations sociales du centre hospitalier intercommunal (CHI) Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident du 10 octobre 2020 et a pris en charge son arrêt de travail du 17 au 23 octobre 2020 au titre du congé de maladie ordinaire et, à titre subsidiaire la décision du 7 décembre 2020 rejetant cette demande d'imputabilité ;
3°) d'enjoindre au CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil, à titre principal, de reconnaître son accident comme imputable au service et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 17 octobre 2020 au 23 octobre 2020, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, le tout dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte journalière de 100 euros ;
4°) de mettre à la charge du CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens de l'instance au titre de l'article R. 761-1 du même code.
Mme A soutient que :
- la décision du 28 mars 2022 a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle se fonde sur des dispositions erronées ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son accident est imputable au service ;
- la décision du 7 décembre 2020 ne peut pas être fondée sur la tardiveté de sa demande, compte tenu du délai pris par l'administration pour finaliser l'enquête administrative ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 octobre 2022, le 13 décembre 2022 et le 3 février 2023, le CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil, représenté par la SCP Emo Avocats, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil soutient que :
- les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 28 mars 2022 de rejet du recours gracieux de Mme A, doivent être regardées comme également dirigées contre la décision initiale de refus du 7 décembre 2020 ;
- les moyens de légalité externe sont irrecevables car soulevés tardivement ;
- les moyens relatifs aux vices propres de la décision du 28 mars 2022 sont inopérants ;
- les décisions attaquées pouvaient être fondées sur les motifs tirés de la tardiveté de la demande d'imputabilité et de l'absence de fait accidentel ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lahaye, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, aide-soignante au CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil, demande au tribunal d'annuler les décisions du 7 décembre 2020 et du 28 mars 2022 par lesquelles le directeur du personnel et des relations sociales de cet établissement de santé a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident survenu le 10 octobre 2020.
2. Il ressort des pièces du dossier que le directeur du personnel et des relations sociales du CHI a rejeté la demande de Mme A le 7 décembre 2020 tendant à reconnaître comme imputable au service un accident du 10 octobre 2020 et son arrêt de travail du 17 au 23 octobre 2020 mais que, à la suite du courrier de l'intéressée du 27 mars 2021 l'informant qu'elle ne comprenait pas sa position, l'administration a poursuivi l'instruction de la demande d'imputabilité, a consulté la commission de réforme qui n'a rendu son avis, après demande d'une expertise, que le 24 février 2022 et a décidé, le 28 mars 2022, de rejeter la demande d'imputabilité de Mme A et a pris en charge son arrêt de travail du 17 au 23 octobre 2020 au titre du congé de maladie ordinaire. Il en résulte que l'administration, en poursuivant l'instruction de la demande, a implicitement mais nécessairement abrogé son refus du 7 décembre 2020 et n'a définitivement arrêté sa position que le 28 mars 2022. Cette décision, qui s'est substituée à celle initialement prise et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer, est donc seule susceptible de recours.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité investie du pouvoir de nomination à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Aux termes de l'article 35-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. "
4. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
5. Le CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil soutient que le rejet de la demande d'imputabilité au service présentée par Mme A est légalement justifié par la tardiveté de cette demande, faite le 9 novembre 2020 au-delà du délai de quinze jours courant de la première constatation médicale du 17 octobre 2020. Si Mme A soutient que son état psychologique ne lui permettait pas d'effectuer cette demande, les pièces médicales produites ne permettent pas d'attester que l'intéressée, qui a d'ailleurs transmis son arrêt de travail dans les 48 heures, était en incapacité d'adresser sa demande à son employeur. La circonstance qu'elle était en congé annuel entre le 26 octobre 2020 et le 5 novembre 2020 ne peut pas non plus justifier du retard à présenter sa demande. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'aucun agent " responsable du service " au sens du formulaire intitulé " enquête administrative d'accident de travail ", qui devait compléter celui-ci avant son envoi à l'administration, n'aurait été présent pour le faire dans le délai de quinze jours courant à compter du 17 octobre 2020. Mme A ne justifie donc pas d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes au sens des dispositions précitées de l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988 qui permettrait de ne pas regarder comme tardive sa demande du 9 novembre 2020.
6. Le motif tiré de la tardiveté de la demande de Mme A justifie légalement le refus de reconnaître l'accident du 10 octobre 2020 et l'arrêt de travail du 17 au 23 octobre 2020 comme imputables au service et il résulte de l'instruction que le CHI aurait pris la même décision s'il s'était initialement fondé sur ce motif, qui ne prive Mme A d'aucune garantie procédurale. Il y a lieu de procéder à la substitution demandée. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation de l'imputabilité au service, qui sont devenus inopérants, doivent donc être écartés.
7. En second lieu, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision en litige et de l'insuffisante motivation, relevant de la légalité externe et qui ne sont pas d'ordre public, ont été soulevés par mémoire du 16 septembre 2022, plus de deux mois après la saisine du tribunal le 2 juin 2022 et relèvent d'une cause juridique différente de celle dont relevaient les moyens invoqués dans ce délai, examinés aux points 3 à 6. Ces moyens sont donc irrecevables ainsi que le soutient le CHI en défense.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit utile d'ordonner avant dire-droit la production du rapport circonstancié de Mme C, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 mars 2022 par laquelle le directeur du personnel et des relations sociales du CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident du 10 octobre 2020 et a pris en charge son arrêt de travail du 17 au 23 octobre 2020 au titre du congé de maladie ordinaire. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte, au titre des frais d'instance et, en tout état de cause au titre des dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A dirigées contre la décision du 7 décembre 2020 du CHI Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier intercommunal Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
La rapporteure,
signé
H. JEANMOUGIN
Le président,
signé
P. MINNE
Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne à la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2202304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026