jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202361 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEGENDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire enregistrés respectivement le 10 juin 2022, le 18 octobre 2023, et le 27 mars 2024, M. A C, représenté par Me Corneloup, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Brosville s'est opposé au raccordement définitif de la parcelle cadastrée section ZC n° 239 sise lieu-dit " Les vignes mortes " sur le territoire de la commune de Brosville au réseau d'électricité, ensemble la décision rejetant son recours gracieux contre cette décision ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au maire de la commune de Brosville, dans un délai de 15 jours à compter du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de faire droit à sa demande de raccordement, ou à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 17 décembre 2021 est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que le refus est fondé sur la circonstance que la parcelle en cause accueillerait des constructions illégalement érigées, alors qu'il n'existe aucune construction sur cette parcelle ;
- cette décision est dépourvue de base légale, dès lors qu'en l'absence de toute construction, local ou installation, il ne pouvait être fait application à un terrain non-bâti des dispositions de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 novembre 2022, le 3 février 2024, le 26 mars 2024 et le 3 avril 2024, la commune de Brosville, représentée par Me Legendre, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 3 600 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête de M. C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par un courrier du 29 mars 2024, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le maire de la commune de Brosville n'était pas compétent pour s'opposer à une demande de raccordement, dès lors que cette compétence a été déléguée au syndicat intercommunal de l'électricité et du gaz de l'Eure.
Des observations en réponse au moyen susceptible d'être relevé d'office ont été produites le 2 avril 2024 pour la commune de Brosville, et le 10 avril 2024 pour le syndicat intercommunal d'électricité et de gaz de l'Eure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- vu le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.
- et les observations de Me Legendre, représentant de la commune de Brosville.
M. C n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire de deux parcelles sises lieu-dit " Les vignes mortes " sur le territoire de la commune de Brosville, cadastrées section ZC n° 188 et n° 239. Par une décision du 17 décembre 2021, le maire de la commune de Brosville s'est opposé au raccordement au réseau électrique de la parcelle n° 188. Le 27 septembre 2021, M. C a présenté une demande tendant à ce que la parcelle n° 239 soit raccordée au réseau d'électricité. Par une décision du 17 décembre 2021, le maire de la commune de Brosville a rejeté cette demande. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision, ainsi que celle rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () " et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation () doit () comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Il ressort des termes de la décision du 17 décembre 2021, qui se borne à énoncer des considérations de fait tenant à l'existence de constructions installées sur la parcelle du requérant sans autorisation, au caractère non provisoire des projets d'installation et au fait que la parcelle en cause ne correspond pas au domicile de M. C, qu'elle ne comporte aucune considération de droit. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation soulevé à l'encontre de cette décision doit être accueilli.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments, locaux ou installations soumis aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4 ou L. 510-1, ne peuvent, nonobstant toutes clauses contractuelles contraires, être raccordés définitivement aux réseaux d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone si leur construction ou leur transformation n'a pas été, selon le cas, autorisée ou agréée en vertu de ces dispositions ". Indépendamment du pouvoir de l'autorité responsable du service public de distribution d'électricité de refuser la réalisation de travaux de raccordement d'un terrain pour des motifs tirés de la bonne gestion et de la préservation du service, il résulte de ces dispositions que le maire peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police spéciale destinés à assurer le respect des règles d'utilisation des sols, s'opposer au raccordement définitif au réseau d'électricité des bâtiments, locaux ou installations qui, faute de disposer de l'autorisation d'urbanisme ou de l'agrément nécessaire, sont irrégulièrement construits ou transformés.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir formulé une demande de raccordement électrique de sa parcelle cadastrée ZC 188, laquelle a été rejetée par une décision du 23 septembre 2021, M. C a adressé une nouvelle demande de raccordement, en date du 27 septembre 2021, portant exclusivement sur la parcelle cadastrée ZC 239. Il est constant que cette parcelle est non bâtie. Par suite, la décision attaquée, qui énonce que " les constructions situées sur votre parcelle ont été installées sans aucune autorisation donnée par la mairie ou service urbanisme ", est entachée d'une erreur de fait, qui a eu une influence sur le sens de la décision attaquée.
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que le maire de Brosville a entendu se fonder sur les dispositions citées au point 4. Toutefois, la demande de raccordement présentée par M. C ne portait pas sur un bâtiment, local ou installation mais sur un terrain non bâti. Par suite, le maire de la commune de Brosville a méconnu le champ d'application de la loi.
7. Si la commune soutient, sollicitant ce faisant une substitution de motif, qu'elle était fondée à tenir compte des constructions irrégulières édifiées sur la parcelle ZC 188 au motif que cette dernière formerait, avec la parcelle ZC 239, une seule unité foncière, il n'appartenait pas au maire de se prononcer sur une autre demande que celle dont il était saisi, et qui ne portait que sur la seule parcelle ZC 239. Il n'y a dès lors pas lieu de procéder à la substitution de motifs sollicitée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 décembre 2021, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 7, et dès lors qu'il n'appartient pas au maire de se prononcer sur les demandes de raccordement aux réseaux n'entrant pas dans les prévisions de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme, les conclusions à fin d'injonction, en ce qu'elles sont dirigées contre la commune ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande la commune de Brosville au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Brosville une somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 décembre 2021 portant opposition à la demande de raccordement au réseau électrique de la parcelle ZC 239 de M. C est annulée, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
Article 2 : La commune de Brosville versera à M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la commune de Brosville, et au Syndicat intercommunal de l'électricité et du gaz de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gilles Armand, premier conseiller faisant fonction de président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le premier conseiller, faisant fonction de président,
G. B
L'assesseur le plus ancien,
J. Cotraud
La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026