Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202475

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202475
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique 4
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2022, M. C B, représenté par Me Leprince, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, dans l'attente du réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la Selarl Eden avocats en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, subsidiairement, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est disproportionnée ou, à tout le moins, est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les observations de Me Souty, substituant Me Leprince, représentant M. B, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête et précise que le préfet a entaché sa décision d'un défaut d'examen, dès lors qu'il considère à tort que M. B reconnaît les faits qui lui sont reprochés, qu'il indique également qu'il n'a pas formulé de nouvelle demande d'asile alors qu'il est établi que sa demande est en cours d'enregistrement devant la CNDA ; il insiste également sur l'intérêt supérieur des enfants, qui ne peuvent pas résider en Géorgie ;

- et les observations de M. B, assisté de Mme A, interprète russe, qui explique qu'il entretient une relation complexe avec sa femme, qu'il n'a jamais été violent à son égard et que, s'ils vivent séparés depuis leur dernière altercation, il s'occupe régulièrement de ses enfants.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né le 28 octobre 1973 à Tbilissi, déclare être entré en France en 2015. A la suite de son interpellation par les services de police le 14 juin 2022, le préfet de Seine-Maritime, par l'arrêté attaqué du 15 juin 2022, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président / () ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui cite notamment les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application, expose la situation personnelle de M. B et précise qu'il se maintient en situation irrégulière et a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. L'arrêté comportant l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter son point de vue de manière utile et effective.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet le 14 juin 2022 d'une audition par les services de police à propos de sa situation administrative et a été mis à même de faire valoir les éléments de sa situation préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision défavorable doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B. A cet égard, si le requérant fait valoir, contrairement à ce qu'indique l'arrêté attaqué, qu'il n'a pas reconnu les faits de violence sur son épouse, cette circonstance est sans incidence sur le sens de la décision prise par le préfet. Par ailleurs, la circonstance que M. B a formulé une demande d'aide juridictionnelle en vue d'introduire un recours devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 5 avril 2022 rejetant sa demande de réexamen est également sans incidence, dès lors que M. B, qui ne s'en prévaut d'ailleurs pas, ne dispose d'aucun droit au maintien sur le territoire, conformément aux dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Si M. B soutient avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France, où il déclare résider depuis 2015, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 19 novembre 2020, dont la légalité a été confirmée par le tribunal, à laquelle il n'a pas déféré et qu'il a été interpellé et placé en garde à vue le 14 juin 2022 pour des faits de violence sur conjoint. En outre, M. B n'établit pas, malgré la présence en France de ses trois enfants, dont il n'est au demeurant pas établi qu'il participerait à leur éducation, ou contribuerait à leur entretien, son insertion sociale et professionnelle. Par ailleurs, si le requérant invoque que la demande d'asile de sa femme de nationalité ukrainienne est actuellement en cours d'examen, il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal d'audition et des échanges lors de l'audience, que le couple ne partage plus de communauté de vie et entretient des relations conflictuelles. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet n'a pas porté à M. B une atteinte disproportionnée à son droit au respect d'une vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B serait dans l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale en Géorgie, ni que les enfants ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

10. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en décidant de l'éloigner du territoire français.

11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui rappelle les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application, expose la situation personnelle de M. B ainsi que les motifs pour lesquels le préfet ne lui a pas accordé un délai de départ volontaire. La décision est, ainsi, suffisamment motivée.

13. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de cette illégalité.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". En outre, selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

15. En l'espèce, il est constant que M. B, qui n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement, n'a pas formulé de demande de titre de séjour et n'a présenté aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité. Au surplus, si M. B fait valoir qu'il doit être présent pour assister à une audience le 25 septembre 2022 devant le juge pénal, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ces allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.

16. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire.

Sur la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, l'arrêté, qui vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité du requérant et qu'il n'établit pas être soumis à des tortures ou à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. La décision est ainsi suffisamment motivée.

19. En second lieu, si M. B invoque l'illégalité d'une décision portant refus de séjour, aucun moyen n'est soulevé à l'encontre d'une telle décision. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

20. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant le pays de destination.

21. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le comportement de M. B représente une menace à l'ordre public, qu'il n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement et n'établit pas son insertion dans la société française. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois est suffisamment motivée.

23. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

24. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

25. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, que les services de police l'ont interpellé et placé en garde à vue pour des faits de violence sur conjoint et qu'il n'établit pas son insertion sociale et professionnelle en France. Dans ces conditions, eu égard à la durée de six mois de l'interdiction de retour sur le territoire français, et alors même que M. B se prévaut de la présence sur le territoire français de ses enfants et de la circonstance que son épouse, ukrainienne, a sollicité un réexamen de sa demande d'asile, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur d'appréciation.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2022 du préfet de la Seine-Maritime. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la Selarl Eden avocats et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La magistrate désignée,

H. D

La greffière,

N. DROUILHET La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.