jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202495 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juin 2022 et 13 janvier 2023, M. E C, M. H I, Mme et M. G A, M. L, Mme et M. F D et M. E K, représentés par Me Colliou, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la société civile immobilière de construction vente (SCCV) du Bonheur un permis de construire en vue de la démolition d'une construction existante et de la construction d'un immeuble de neuf logements, ensemble la décision portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la SCCV du Bonheur un permis de construire modificatif ;
3°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2022 par lequel le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la SCCV du Bonheur un permis de construire modificatif ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Franqueville-Saint-Pierre la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- les arrêtés des 16 décembre 2021 et 7 décembre 2022 méconnaissent les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'ils ne comportent aucune signature du maire de la commune ;
- l'arrêté du 16 décembre 2021 méconnaît les dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, dès lors qu'une nouvelle consultation des services instructeurs s'imposait après dépôt des pièces complémentaires les 10 et 29 novembre 2021 ;
- les arrêtés des 16 décembre 2021, 10 novembre 2022 et 7 décembre 2022 méconnaissent les dispositions des articles R. 431-4 et R. 431-8 du code de l'urbanisme, dès lors que la notice architecturale du dossier de permis de construire initial est incomplète ; les dossiers de permis de construire modificatifs sont, quant à eux, incohérents et n'ont pas permis de régulariser le vice entachant le dossier de permis de construire initial ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 3.1 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors que le projet prévoit la réalisation d'une aire de présentation des ordures ménagères et encombrants à l'alignement, que trois places de stationnement et des bornes de recharge pour voitures électriques sont situées à moins de 5 mètres de l'alignement et que le projet ne respecte pas un alignement minimal de 5 mètres en limite séparative sud ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 3.2 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors qu'un retrait de 4,8 mètres devait être respecté ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 4.1 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors que le projet, de par son volume, son implantation, sa hauteur, sa façade et sa toiture, sera en rupture avec l'environnant bâti existant ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 6.1.2 du livre 1er du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors que l'emplacement du garage à vélos présente deux entrées qui vont gêner des places de stationnement ; la place de stationnement " PMR ", dont la largeur est inférieure à 3,30 mètres, obstrue le seul accès piéton permettant d'accéder à l'immeuble projeté ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 6.2.1 du livre 1er du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors que le garage à vélos ne sera pas clos ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 5.2 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, dès lors que le projet ne prévoit pas la création d'au moins 35 % de la surface du terrain en espaces verts ;
- méconnaissent les dispositions de l'article 7 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, de l'article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'article 2 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction, dès lors que l'accès prévu au bâtiment projeté n'est pas sécurisé, d'autant qu'il impose de passer par une place de stationnement qui sera susceptible d'être occupée par une voiture.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 novembre 2022 et 2 février 2023, la SCCV du Bonheur, représentée par la SELARL Audicit, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'elle soit invitée à formuler une demande de permis modificatif, et en tout état de cause, à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 9 et 19 décembre 2022 et le 24 janvier 2023, la commune de Franqueville-Saint-Pierre, représentée par Me Gillet, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause, et à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d'habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme J,
- les conclusions de M. Cotraud, rapporteur public,
- et les observations de Me Colliou, représentant M. C et autres, ainsi que celles de Me Gillet, représentant la commune de Franqueville-Saint-Pierre, et celles de Me Boullen, substituant Me Boyer, représentant la SCCV du Bonheur.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 août 2021, la SCCV du Bonheur a déposé une demande de permis de construire en vue de la démolition d'une maison existante et la construction d'un immeuble de neuf logements sur une parcelle cadastrée AL n° 350 située rue de Pitres, à Franqueville-Saint-Pierre. Cette demande a été complétée les 10 et 29 novembre 2021 ainsi que le 2 décembre 2021. Par un arrêté du 16 décembre 2021, le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la société intéressée le permis de construire sollicité, sous réserve du respect de prescriptions spéciales. Le recours gracieux formé le 22 février 2021 par M. C et autres, propriétaires de parcelles situées rue de Pitres à Franqueville-Saint-Pierre, à l'encontre de cet arrêté, a été implicitement rejeté par le maire de la commune. Par un arrêté du 10 novembre 2022, le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la SCCV du Bonheur le permis de construire modificatif qu'elle avait sollicité aux fins de modifier le plan de masse de son projet, sa notice architecturale ainsi que le local à vélos projeté. Par un arrêté du 7 décembre 2022, le maire a délivré à la SCCV du Bonheur le permis de construire modificatif qu'elle avait sollicité aux fins de modifier le stationnement pour personne à mobilité réduite, la notice architecturale et son projet en vue de l'ajout d'une division en séquences des façades de la partie attique par zinc de couleur quartz et noir. Par leur requête, M. C et autres demandent l'annulation des arrêtés des 16 décembre 2021, 10 novembre 2022 et 7 décembre 2022, ainsi que de la décision portant rejet de leur recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ", et aux termes de l'article R. 424-15 de ce code : " Mention du permis explicite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. () ".
3. En l'espèce, ni la photographie, produite par la commune de Franqueville-Saint-Pierre ni l'attestation établie le 13 octobre 2022, produite par la société pétitionnaire, qui sont au demeurant contredites par les attestations produites par les requérants, ne sauraient suffire à établir que le permis de construire du 16 décembre 2021 a fait l'objet d'un affichage continu pour une période de deux mois à compter du 20 décembre 2021 sur le terrain en cause.
4. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par la commune de Franqueville-Saint-Pierre et la SCCV du Bonheur, tirée de la tardiveté de la requête, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions du permis de construire initial qui n'ont pas été modifiées par les permis de construire modificatifs délivrés ultérieurement :
6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 16 décembre 2021 contesté comporte la signature électronique du maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre, autorité compétente, en vertu du point a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, pour signer cet arrêté. Cet arrêté comporte également la mention des prénom, nom et qualité de son signataire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut, dès lors, qu'être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".
10. Lorsque la délivrance d'une autorisation d'urbanisme intervient après une consultation subordonnée à la production d'éléments d'information ou de documents précis, leur caractère incomplet, lorsqu'il n'est pas d'une ampleur telle qu'il permettrait de les regarder comme n'ayant pas été produits, ne constitue pas nécessairement une irrégularité de nature à entacher d'illégalité l'autorisation délivrée. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de rechercher si ce caractère incomplet a fait obstacle à ce que l'autorité compétente dispose des éléments nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause.
11. Il ressort des pièces du dossier que les pièces complémentaires au dossier de permis de construire de la SCCV du Bonheur produites le 2 décembre 2021 ont consisté en la production d'un plan du rez-de-chaussée modifié et d'un " plan du garage à vélos et du module local des ordures ménagères ainsi que les encombrants ". Il n'est pas contesté que seul l'emplacement du local vélos et du local d'ordures ménagères ont ainsi été modifiés, aucune autre modification n'ayant été apportée au projet initialement présenté. Ces compléments postérieurs n'apportent pas de modifications sur la nature ou la conception générale du projet. Dès lors, ils ne pouvaient avoir une incidence sur le sens des avis antérieurement émis par la direction de l'eau, défense extérieure contre l'incendie de la métropole Rouen Normandie, ainsi que par la direction de l'eau et la direction de l'assainissement de la métropole. Enfin, il ressort des pièces du dossier que tant le service voirie que le service déchet du pôle de proximité plateaux-Robec de la métropole ont émis de nouveaux avis favorables avec prescriptions au projet le 7 décembre 2021. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.2 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / En cas de retrait, les constructions doivent s'implanter à une distance au moins égale à la moitié de la hauteur de la construction, avec un minimum de 3 m vis-à-vis de la limite séparative (soit L=H/2 et = 3 m). () ".
13. Aux termes de l'article 3.1 de la section 5 du livre 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, qui définit " Le retrait " : " distance séparant la construction d'une limite séparative. Il se mesure horizontalement et perpendiculairement à la limite séparative en tout point de la construction sauf mention spécifique au sein du règlement de zone (LIVRE 2 du règlement écrit). En cas d'implantation sur la limite séparative, les modalités de calcul du retrait ne s'appliquent pas pour les loggias et les attiques ", ainsi que la " Limite séparative " : " La limite séparative correspond à la limite entre le terrain d'assiette de la construction, constitué d'une ou plusieurs unités foncières, et le ou les terrains contigus. Il existe deux types de limites séparatives : les limites latérales et les limites de fond de terrain. En sont exclues les limites de l'unité foncière par rapport aux voies et emprises publiques. ". Cet article définit également l'" Acrotère " : " L'acrotère est le prolongement vertical de la façade au niveau d'une toiture-terrasse. () ", l'" Attique " : " L'attique correspond à l'étage supérieur d'un bâtiment, réalisé au-dessus de l'acrotère, et dont les murs extérieurs sont en retrait d'au minimum 2 m par rapport aux murs extérieurs des niveaux inférieurs. ", ainsi que la " Hauteur " : " La hauteur maximale d'une construction correspond à la différence de niveau entre le point le plus haut et son point le plus bas situé à sa verticale. / - Le point le plus bas de la construction : s'apprécie à partir du point le plus haut du sol naturel avant travaux sur lequel s'exerce l'emprise du bâtiment. / - Le point le plus haut de la construction correspond : / () - au sommet de l'attique, () ".
14. Il est ressort des pièces du dossier, et en particulier des plans de masse et de coupe produits à l'appui des demandes de permis de construire en cause, que la hauteur du projet, qui n'a pas fait l'objet de modification, est de 9,50 mètres à l'attique. Il ressort également des pièces du dossier que l'immeuble projeté s'implantera à une distance minimale de la limite séparative latérale nord, de 4 mètres, soit à une distance inférieure à la moitié de la hauteur de la construction, qui est de 4,75 mètres. Ces dispositions sont en revanche inapplicables au sud, dès lors que le terrain d'assiette est bordé au sud par une voie privée et n'est pas contigu à un autre terrain. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3.2 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie doit être accueilli, en tant que le retrait de la construction projetée par rapport à la limite séparative latérale nord est inférieur à 4,75 mètres.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions du permis de construire initial modifiées par le permis de construire modificatif :
15. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-7 de ce code : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Enfin, l'article R. 431-9 de ce code dispose que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () " et l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
16. En l'espèce, la notice architecturale annexée à la demande de permis de construire initiale décrit le " paysage environnant et existant " en indiquant notamment que " les maisons environnantes () sont récentes en enduit blanc et en toiture terrasse ou couverture ardoises et d'autre plus anciennes en pente 45° terre cuites enduit ton pierre ", que " les jardins sont arborés et clôturés de haie végétale et en gazonnée " et que " les volumes sont rectangulaires et assez allongés, clôturés et arborés ". La notice précise que " le projet se situe sur le secteur d'entreprises () et de maisons individuelles ", ce qui ressort des différents plans produits à l'instance. Si cette même notice mentionne par erreur que le projet est situé au 208 rue de Pitres alors qu'il se situe en réalité au 190 de cette même rue, cette simple erreur de plume était aisément décelable par les services instructeurs, les autres pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment le plan de situation du terrain, " PC1 ", et le formulaire Cerfa, mentionnant bien le numéro 190. En tout état de cause, cette erreur a été corrigée par les dossiers de demande de permis de construire modificatifs déposés ultérieurement. Par ailleurs, cette notice comporte un paragraphe intitulé " Insertion du projet dans son environnement " qui décrit de manière détaillée les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, et notamment le lien entre les orientations architecturales retenues et les contraintes environnementales existantes, les choix retenus pour l'implantation de la construction ainsi que les choix des matériaux.
17. De plus, si le plan de masse produit à l'appui du dossier de demande de permis de construire déposé le 23 août 2021 ne comporte aucune mention quant à l'existence d'un " accès piétonnier ", notamment pour les personnes à mobilité réduite, cette omission a été régularisée par le plan de masse produit tant à l'appui de la première que de la seconde demande de permis modificatif. Il ressort en outre de ce même plan de masse que la société pétitionnaire a expressément mentionné la surface de son projet dédiée aux espaces verts.
18. Enfin, si deux maisons d'habitation sont occultées en façade nord du projet sur la pièce " PCMI6 ", soit sur le " document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ", cette omission, due aux angles de vue adoptés, est compensée par les documents photographiques " PCMI7 " et " PCMI8 ". Ces documents permettent de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et dans le paysage lointain. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les angles et prises de vue annexées au dossier de permis de construire en litige seraient anciennes ou déformées. En outre, la pièce " PCMI6 " permet d'appréhender l'insertion du projet de construction dans son environnement ainsi que le gabarit de l'immeuble projeté.
19. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
20. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3.1 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " Implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et aux voies / Pour l'implantation le long des voies, publiques ou privées, existantes ou projetées, ouvertes à la circulation publique et le long des emprises publique : toute construction, installation ou aménagement nouveau doit respecter les indications graphiques figurant au règlement graphique - Planche 2. / En l'absence de celles-ci : / - Pour les constructions de premier rang, la façade du volume principal de la construction doit s'implanter : / - Soit à l'alignement de fait, pour tenir compte des caractéristiques dominantes du bâti environnant et assurer la continuité ou le rythme du front bâti. / - Soit en cas d'absence d'alignement de fait, en fonction de l'implantation dominante des constructions existantes du même côté de la voie pour favoriser une meilleure continuité des volumes. / - S'il n'existe ni alignement de fait, ni implantation dominante des constructions du même côté de la voie, les constructions seront implantées à une distance minimale de 5 m de l'alignement. / () Dispositions alternatives à l'ensemble de la zone / Dans le cas de terrains bordés de plusieurs voies, la règle s'applique le long de l'une des voies au moins. / Des implantations différentes sont autorisées dans les cas suivants : / () - Pour la construction d'équipements d'intérêt collectifs et services publics et pour les ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des services publics, à condition que leur fonction suppose une implantation différente pour répondre à des besoins de fonctionnalité ou de sécurité et que l'implantation projetée ne porte pas atteinte au cadre bâti ou à l'environnement. () ".
21. Aux termes de l'article 3.1 de la section 5 du livre 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, qui définit une " Construction " : " Une construction est un édifice ou ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable en sous-sol ou en surface. "
22. Il est constant qu'il n'existe aucun alignement de fait, ni implantation dominante des constructions du même côté de la rue de Pitres. Il suit de là que les constructions doivent être implantées à une distance minimale de 5 m de l'alignement.
23. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit la réalisation d'une " aire de présentation " des ordures ménagères et des encombrants qui auront été préalablement stockés au sein de l'immeuble projeté dans des locaux dédiés. Cette aire consiste en un abri de jardin implanté en limite séparative est du terrain d'assiette du projet, " pour les ordures ménagères et les stationnement vélos ". Cette aire de présentation des déchets doit être regardée, au vu des pièces des dossiers de demandes de permis de construire modificatifs, comme consistant en un ouvrage fixe et pérenne générant un espace utilisable et, ainsi, une construction au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain. Il n'est pas sérieusement contesté que cet ouvrage nécessaire au fonctionnement du service public de collecte des déchets est implanté en limite de propriété pour des besoins de fonctionnalité et de sécurité et que cette implantation ne porte pas atteinte au cadre bâti ou à l'environnement.
24. De plus, une place de stationnement et une borne de recharge pour voitures électriques ne constituant pas des constructions au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, cette branche du moyen doit être écartée comme inopérante.
25. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le projet est bordé par une voie publique, la rue de Pitres, et une voie privée. Il ressort également des pièces du dossier que si l'immeuble projeté est implanté à moins de 5 mètres de cette voie privée, il est cependant implanté à plus de 30 mètres de la rue de Pitres, conformément aux dispositions précitées qui prévoient qu'en cas de terrain bordé par plusieurs voies, la règle de retrait " s'applique le long de l'une des voies au moins " et non pas le long de chacune des voies.
26. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3.1 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie doit être écarté.
27. En troisième lieu, aux termes de l'article 4.1, " Caractéristiques des façades, des toitures et des clôtures ", du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " 4.1.1. Principes généraux / Les constructions, installations ou aménagements, tant du point de vue de leur situation, de leur volume que de leur aspect, ne doivent porter atteinte ni au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, ni aux perspectives monumentales et doivent s'insérer harmonieusement au bâti et au paysage environnants en tenant compte de leur caractère dominant. / Les bâtiments présentant un long linéaire sur voie doivent présenter une division en séquences de la façade voire de la toiture afin de prolonger le rythme du bâti environnant ; / La conception du projet limitera fortement la création de mur pignon aveugle important, visible dans la perspective des voies, et notamment aux abords des angles de rue afin d'en réduire l'impact et également vis-à-vis de la limite séparative latérale. / () 4.1.3. Aspect général des bâtiments et matériaux / () Façades / Les façades doivent être composées, notamment par le rythme et la proportion de leurs ouvertures, pour tenir compte des caractères dominants du bâti environnant. / () 4.1.4. Toitures / Les toitures doivent s'insérer harmonieusement dans le bâti environnant en tenant compte de ses caractères dominants. / Elles doivent être traitées en harmonie (rythme des baies de toiture, proportions) avec les façades sur lesquelles elles s'intègrent. / Lorsque la toiture-terrasse d'une construction nouvelle présente une surface continue d'au minimum 150 m² carrés, elle doit être végétalisée sauf pour des raisons de fonctionnalité du bâtiment. Les bâtiments comportant des dispositifs de production d'énergie renouvelable (panneaux solaires, ) ou de récupération et de stockage des eaux pluviales ne sont pas soumis à cette disposition. () ".
28. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants au sens des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité des lieux avoisinants du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
29. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans et photographies produits, que le projet en litige doit être réalisé dans un quartier composé de maisons individuelles d'habitation ne présentant pas de cohérence ou d'unité architecturale notable, ainsi que des entreprises et commerces, et notamment le bâtiment d'une entreprise de menuiserie présentant un gabarit relativement important par rapport auxdites maisons. En outre, il ressort des pièces du dossier que si le projet consiste en un immeuble de logements collectifs d'une emprise au sol de 400 m² et d'une hauteur de 9,5 mètres à l'attique, son implantation en fond de parcelle par rapport à la voie publique, ainsi que le choix des matériaux et teintes pour ses façades, permettent de l'intégrer dans son environnement. Il ressort également des pièces du dossier que les façades du projet présentent une division en séquences, par la présence de balcons, ainsi que de fenêtres et d'ouvertures de tailles différentes, et par le choix de matériaux et teintes différentes pour la partie allant du sol à l'acrotère et pour la partie attique. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la toiture-terrasse de l'immeuble projeté ne présente pas une surface continue mais une surface composée de trois parties discontinues, chacune de ces parties de toiture mesurant moins de 150 m², aucune obligation de végétalisation de cette toiture-terrasse ne s'appliquant ainsi à ce projet.
30. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4.1 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie doit être écarté.
31. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6.1, " Stationnement des véhicules à moteur ", de la section 5 du livre 1er du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " 6.1.2. Qualité paysagère des aires de stationnement / () Les aires de stationnement doivent également être conçues de manière à permettre un cheminement facile, sûr et de qualité pour les piétons et les cyclistes en respectant les mesure de sécurité liées à la circulation (accès et visibilité). ".
32. Il ressort des pièces du dossier que le projet tel qu'autorisé par l'arrêté du 7 décembre 2022 prévoit que le local vélos sera implanté à proximité des places de stationnement des autres véhicules. Toutefois, en l'état du dossier, il n'est pas établi que l'emplacement de ce local vélos est de nature à créer une gêne pour les places de stationnement situées à proximité, et notamment pour une place de stationnement pour personne à mobilité réduite. Il ne ressort en outre pas des pièces du dossier que cette place de stationnement pour personne à mobilité réduite empêcherait d'accéder à l'unique accès piéton de l'immeuble projeté. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'aire de stationnement projetée, d'une superficie de 325 m² pour une surface dédiée au cheminement de 120 m² et d'une largeur de 5 mètres ne serait pas conçue pour permettre un " cheminement facile, sûr et de qualité pour les piétons et les cyclistes ", notamment en termes d'accès et de visibilité. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
33. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6.2, " Stationnement des vélos ", de la section 5 du livre 1er du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " 6.2.1. Modalités de réalisation / L'emplacement destiné au stationnement des cycles doit être : / - un espace réservé et sécurisé, / - situé de préférence au rez-de-chaussée, / - situé de préférence au rez-de-chaussée, / - aisément accessible depuis l'espace public et les points d'entrée du bâtiment, / - clos, couvert, disposant d'un éclairage suffisant, / - équipé d'un système d'attache, / - d'une surface minimum de 1,5 m² par place requise. La surface totale de l'emplacement destiné au stationnement des cycles ne peut être inférieure à 5 m². ".
34. Il ressort des pièces du dossier que le projet tel qu'autorisé par l'arrêté du 7 décembre 2022 prévoit que le local vélos, dont il est constant qu'il est couvert et situé en retrait de la voie publique, est clos par deux portes. S'il est constant que l'emprise de ces portes n'est pas renseignée, cette seule circonstance ne saurait toutefois suffire à établir que ce local ne serait pas sécurisé au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, le permis de construire modificatif mentionné ci-dessus doit être regardé comme ayant régularisé l'irrégularité dont le permis de construire initial était entaché, qui ne prévoyait pas que ce local soit clos. Cette irrégularité ainsi régularisée ne peut plus être utilement invoquée à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis initial. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
35. En sixième lieu, aux termes de l'article 5.2, " Part minimale de surfaces non imperméabilisées ", du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie : " Au moins 45% de la surface du terrain doit être traitée en espaces verts. / Dans les périmètres du réseau structurant de transport en commun urbain inscrits au règlement graphique - Planche 2, au moins 35% de la surface du terrain doit être traitée en espaces verts. ".
36. Aux termes de l'article 3.1 de la section 5 du livre 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, qui définit l'" Espace vert " : " L'espace vert correspond à un espace non construit, de " pleine terre ", répondant aux conditions cumulatives suivantes : / - Sa surface est perméable et est constituée de 70% minimum de pleine terre non recouverte par des graviers, les 30% maximum restant peuvent être recouverts de graviers ; / - Sa profondeur est de 2,30 m minimum à compter de sa surface, il ne comporte que le passage éventuel de réseaux (électricité, téléphone, internet, eau potable, eaux usées ou pluviales) ; / - Il peut recevoir des plantations de type arbre tige ou de haute tige notamment. / Ces espaces verts peuvent être comptabilisés au titre du coefficient de biotope dans les secteurs de biotopes concernés. / Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus des espaces verts de pleine terre. ".
37. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet présente une surface de 1 447 m² et ne se situe pas dans le périmètre du réseau structurant de transport en commun urbain inscrit au règlement graphique du plan local d'urbanisme métropolitain. Le projet doit ainsi prévoir, en application des dispositions précitées, au moins 651,15 m² d'espaces verts.
38. En l'espèce, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort du plan de masse produit à l'appui de la demande du deuxième permis de construire modificatif en litige que l'accès piéton de 35 m² n'a pas été pris en compte pour le calcul de la surface du terrain traitée en " espaces verts ". Il ressort à cet égard des pièces du dossier que la modification du plan de masse du deuxième permis de construire modificatif a uniquement consisté en la modification de la couleur de la place de stationnement pour personne à mobilité réduite afin d'éviter toute ambiguïté quant à l'absence de prise en compte de cette place dans le calcul de la surface d'espaces verts projetée. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le projet prévoirait la création de " terrasses " en rez-de-chaussée. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le système de récupération des eaux pluviales du projet en litige consiste en une zone d'épandage constituée de quatre tranchées drainantes, qui est un espace non construit avec une surface perméable, constituée à 70% au moins de pleine terre non recouverte de graviers et présentant une profondeur de 2,30 mètres à compter de sa surface. Il suit de là qu'en autorisant, par l'arrêté du 7 décembre 2022, le projet contesté, prévoyant 655,25 m² d'espaces verts en excluant de cette surface l'accès piéton et en y incluant la zone d'épandage projetée, le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article 5.2 du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie.
39. En dernier lieu, aux termes de l'article 7.2, " Dispositions relatives aux conditions d'accès ", de la section 5 du livre 1er du règlement de la zone UBB1 du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie, auquel renvoie l'article 7 du règlement de la zone UBB1 de ce plan : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions et aménagements envisagés. () / Les accès carrossables à créer doivent être localisés et aménagés en tenant compte des éléments suivants : / () - la préservation de la sécurité des personnes () / () Les constructions doivent être aménagées de manière à permettre l'accès des bâtiments aux piétons et aux personnes à mobilité réduite depuis la voie ouverte à la circulation, de façon directe et sécurisée, sans modification du domaine public. ".
40. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les bâtiments d'habitation collectifs et leurs abords doivent être construits et aménagés de façon à être accessibles aux personnes handicapées, quel que soit leur handicap. L'obligation d'accessibilité porte notamment sur les circulations communes intérieures et extérieures, une partie des places de stationnement automobile, les logements, les ascenseurs, les locaux collectifs et leurs équipements. ".
41. A l'exception des travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public, qui sont soumis au régime d'autorisation préalable prévu par l'article L. 122-3, anciennement L. 111-8, du code de la construction et de l'habitation, les travaux prévus aux articles L. 161-1 et suivants, anciennement L. 111-7 et suivants, du même code ne font pas l'objet d'une autorisation préalable, notamment à l'occasion de la délivrance du permis de construire.
42. D'une part, les dispositions précitées de l'article 7.2 de la section 5 du livre 1er du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain sont relatives aux conditions d'accès de terrains et non aux conditions d'accès à des constructions. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les travaux autorisés par les permis de construire attaqués ne conduisent pas à la création d'un établissement recevant du public. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 7 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain, de l'article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'article 2 de l'arrêté du 24 décembre 2015 visé ci-dessus doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le moyen dirigé exclusivement contre les dispositions du permis de construire modificatif du 7 décembre 2022 :
43. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 décembre 2022 contesté comporte la signature électronique du maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre, autorité compétente, en vertu du point a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, pour signer cet arrêté. Cet arrêté comporte également la mention des prénom, nom et qualité de son signataire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut, dès lors, qu'être écarté.
44. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés des 16 décembre 2021, 10 novembre 2022 et 7 décembre 2022 par lesquels le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la SCCV du Bonheur un permis de construire et des permis de construire modificatifs, ainsi que de la décision portant rejet du recours gracieux formé par M. C et autres, doivent être accueillies en tant seulement que les permis de construire en litige autorisent l'implantation du projet à moins de 4,75 mètres de la limite séparative nord.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
45. D'une part, aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
46. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. () Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
47. Il ressort des pièces du dossier que l'illégalité relevée au point 14 n'affecte qu'une partie du projet et est susceptible d'être régularisée. Cette régularisation du permis de construire modificatif attaqué n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application non pas des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme mais des dispositions de l'article L. 600-5 du même code et de prononcer l'annulation partielle de l'arrêté du 16 décembre 2021, en tant qu'il méconnaît l'article 3.1 de la zone UBB1 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Rouen Normandie pour les motifs exposés au point 14 du présent jugement. En application de l'article L. 600-5 précité, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder au titulaire de l'autorisation un délai courant jusqu'au 11 juillet 2023 pour solliciter la régularisation du permis sur ce point.
Sur les frais liés au litige :
48. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Franqueville-Saint-Pierre et la SCCV du Bonheur demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune de Franqueville-Saint-Pierre une somme globale de 1 500 euros à verser aux requérants.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Franqueville-Saint-Pierre a délivré à la SCCV du Bonheur un permis de construire en vue de la démolition d'une construction existante et de la construction d'un immeuble de neuf logements est annulé en tant seulement qu'il autorise l'implantation du projet à moins de 4,75 mètres de la limite séparative nord.
Article 2 : Le délai accordé à la SCCV du Bonheur pour solliciter la régularisation du permis litigieux en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme expirera le 11 juillet 2023.
Article 3 : La commune de Franqueville-Saint-Pierre versera à M. C et autres une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Franqueville-Saint-Pierre tendant à l'application des articles L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions présentées par la SCCV du Bonheur tendant à l'application des articles L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, représentant unique des requérants, à la commune de Franqueville-Saint-Pierre et à la SCCV du Bonheur.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- Mme J et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
Signé :
D. JLa présidente,
Signé :
P. BaillyLa greffière,
Signé :
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026