jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | DECOSTER - CORRET - DELOZIERE - LECLERCQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 juin et le 4 novembre 2022, Mme B D épouse E et M. F E, représentés par Me Lepillier demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré à M. C un permis de construire n° 76 552 21 C 0024 pour la construction d'une maison d'habitation, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la partie perdante une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été délivré sans que le pétitionnaire ne sollicite l'avis de ses voisins alors que le mur mitoyen leur appartient en copropriété, ni ne fasse appel à un architecte ;
- il a été a été délivré sans que le pétitionnaire n'établisse être compétent pour déposer la demande de permis ;
- il a été délivré au regard d'un dossier de demande de permis de construire entaché d'incohérence ;
- il méconnait les dispositions de l'article UB10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse, que la construction soit regardée comme un " jardin/terrasse " ou non ;
- il méconnait les dispositions de l'article UB9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse ;
- il méconnait les dispositions de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, la commune de Sainte-Adresse, représentée par Me Delozière conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 61-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Esnol,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a déposé le 2 novembre 2021 une demande de permis de construire n° PC 76 552 21 C 0024 pour l'édification d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée XA 67 sur le territoire de la commune de Sainte-Adresse. Par un arrêté du 20 janvier 2022, le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré le permis sollicité. M. et Mme E, voisins immédiats du projet, ont présenté un recours gracieux le 17 mars 2022, qui a été rejeté par le maire de la commune de Sainte-Adresse le 29 avril 2022. M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2022 et de la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article UB9 du règlement du PLU de Sainte-Adresse : " ARTICLE UB9 EMPRISE AU SOL / L'emprise au sol correspond à l'ensemble des projections au sol des divers niveaux de construction y compris leurs annexes. / La surface maximale d'emprise au sol, correspondant à l'ensemble des projections au sol des divers niveaux de construction y compris leurs annexes, ne doit pas excéder 50% de la superficie de la parcelle. / 1. Sans dépasser 350 m², l'emprise au sol peut atteindre 70 % si la partie construite en sus des 50 % d'emprise ne l'est que sur un niveau, sans toutefois dépasser 3,50 mètres de hauteur, et 100 m² de surface totale au sol ". Le lexique de ce même règlement définit l'emprise au sol comme correspondant " à l'ensemble des projections au sol des divers niveaux de constructions y compris leurs annexes ".
3. Pour soutenir que l'arrêté attaqué méconnait les dispositions précitées, M. et Mme E soutiennent que l'emprise au sol du projet doit inclure la surface du garage. Il ressort des pièces du dossier et des plans de coupe versés à l'appui de la demande de permis de construire que le garage est en partie enterré en-dessous du niveau du terrain naturel compte tenu de la pente de ce terrain. Il ressort de la comparaison des plans de coupe du terrain naturel et du terrain après construction que la dalle supérieure du garage dépasse sensiblement du niveau du terrain naturel d'environ 60 cm sur la grande majorité de la longueur du garage. Dans ces conditions, eu égard à ce dépassement, le garage doit être regardé comme une construction ayant une emprise au sol au sens des dispositions de l'article UB9 du règlement du plan local d'urbanisme. Compte tenu des mentions indiquées sur le plan de masse, l'emprise au sol du projet est ainsi évaluée à 131,55 m² sur un terrain d'une superficie de 154 m². Par suite, M. et Mme E sont fondés à soutenir que l'emprise au sol de la construction, en intégrant l'emprise au sol du garage, excède les limites d'emprise au sol à 50 %mentionnées à l'article UB9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être accueilli.
4. En second lieu, aux termes de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " ARTICLE UB7 IMPLANTATION DES CONSTRUCTIONS PAR RAPPORT AUX LIMITES SEPARATIVES DU TERRAIN : Toute construction ou installation doit être implantée, par rapport aux limites séparatives, à une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur et jamais inférieure à 3 mètres. / Par exception, des dispositions autres pourront être adoptées : / 1. Lorsque les constructions ont une hauteur inférieure à 3,50 mètres, elles peuvent être implantées, soit le long des limites séparatives, soit à une distance qui ne peut être inférieure à 3 mètres. / 2. Lorsque deux constructions seront édifiées simultanément, elles pourront jouxter la limite séparative latérale commune, sous réserve d'être construites dans un profil identique. Chacune des deux constructions limitrophes devra être implantée en respectant par rapport à la limite latérale opposée une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur et d'au moins 3 mètres. / 3. Lorsqu'une construction est déjà implantée en limite séparative, une nouvelle construction édifiée sur le terrain limitrophe pourra jouxter cette limite séparative commune, à condition de s'inscrire dans le profil de la construction existante, et en respectant par rapport à la limite latérale opposée une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur et d'au moins 3 mètres./ 4. Les constructions pourront être édifiées d'une limite latérale à l'autre lorsqu'il existe des constructions déjà édifiées sur ces limites sous réserve de respecter le profil d'au moins une des constructions existantes. / 5. Sur les terrains situés à l'angle de deux voies, les constructions pourront être édifiées sur l'une des limites séparatives constituant l'un des côtés de l'angle opposé et observer par rapport à l'autre une distance au moins égale à la moitié de sa hauteur et d'au moins 3 mètres. / 6. Dans les cas où la construction selon un même profil est exigée, la nouvelle construction devra respecter le profil de cette construction. Il sera admis un dépassement de profil de la construction limitrophe dans les limites suivantes : - En plan supérieur à 3 mètres par rapport à la construction limitrophe - En hauteur supérieur à la moitié de la hauteur à l'égout de la toiture de la construction limitrophe (). ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction est implanté sans retrait le long des limites séparatives nord, est et sud pour ce qui concerne la maison d'habitation, et le long des limites séparatives nord, ouest et sud pour ce qui concerne le garage attenant à la maison.
6. D'une part, contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de construction soit implanté avec un recul de trois mètres de l'une ou l'autre des limites séparatives, ni que la construction se situe dans le profil d'une construction voisine si bien que la construction ne peut entrer dans aucune des exceptions mentionnées aux points 3, 4, 5 et 6 de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse précité.
7. D'autre part, aux termes de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse : " ARTICLE UB10 HAUTEUR DES CONSTRUCTIONS / La hauteur des constructions est calculée à partir du point le plus bas du terrain naturel de l'emprise projetée. / Lorsque la voie est en pente les façades des constructions ou installations seront divisées en section n'excédant pas 10 mètres de longueur. La hauteur sera mesurée au point médian de chacune d'entre elle. ()"
8. Si les dispositions du point 1 de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme permettent une implantation le long des limites séparatives sans retrait, celles-ci exigent une hauteur de construction inférieure à 3,50 mètres de hauteur. En l'espèce, le calcul de la hauteur de construction, en cas de terrain en pente, doit se faire en tenant compte de différentes sections, la hauteur étant alors mesurée au point médian de chacun des sections conformément aux dispositions de l'article UB 10 citées au point 7 du présent jugement. Il ressort ainsi des pièces du dossier et notamment des plans de coupes versés à l'appui de la demande de permis de construire que la hauteur des constructions excède manifestement une hauteur de 3,50 mètres par rapport au point médian du niveau du terrain naturel de la section située à l'est de la parcelle. La hauteur de la construction constituée par la maison d'habitation excède ainsi la hauteur maximale de 3,50 mètres mentionnée au point 1 de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le projet ne pouvait s'implanter le long des limites séparatives en vertu de ces dernières dispositions et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sainte-Adresse ne peut qu'être accueilli.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme E sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 20 janvier 2022, ainsi que de la décision portant rejet de leur recours gracieux, qui ne peuvent, compte tenu de la nature du projet et des règles applicables, faire l'objet d'aucune mesure de régularisation. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Sainte-Adresse demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Sainte-Adresse une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Sainte-Adresse a délivré un permis de construire à M. C pour la construction d'une maison d'habitation, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : La commune de Sainte-Adresse versera une somme de 1 500 euros à M. et Mme E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Adresse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et à Mme B D épouse E, à la commune de Sainte-Adresse et à M. A C.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire du Havre en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Bellec premier conseiller,
et Mme Esnol, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
B. Esnol
La présidente,
C. GalleLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026