LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202497

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202497

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202497
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantMASSARDIER JULIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 juin 2022 et le 30 août 2022, M B A, représenté par Me Massardier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 juin 2022 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a rejeté son recours contre la décision de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Rouen du 16 mai 2022 prononçant à son encontre une sanction de douze jours de cellule disciplinaire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, cette condamnation valant renonciation par son conseil au versement de l'aide juridictionnelle, ou à défaut, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.

Il soutient que :

- le compte rendu d'incident est irrégulier dès lors qu'il ne mentionne pas le nom de son rédacteur en méconnaissance de l'article 6 paragraphe 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article R 57-7-13 du code de procédure pénale, de l'article R. 234-12 du code pénitentiaire et des circulaires des 17 février et 9 juin 2011 ;

- la décision de placement en quartier disciplinaire à titre préventif méconnait les dispositions de l'article R 57-7-18 du code de procédure pénale dès lors que la situation ne présentait pas de risque particulier ;

- la décision de sanction est entachée d'erreur de fait dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne sont établis par aucun élément ;

- la décision de sanction est entachée de disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision 6 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de procédure pénale ;

- le code pénitentiaire ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues majeure ;

- la circulaire du 17 février 2011 relative à la mise en œuvre du code de déontologie du service public pénitentiaire ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol,

- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, incarcéré depuis le 22 décembre 2015, a été détenu à la maison d'arrêt de Rouen du 19 septembre 2021 au 27 juin 2022. Par une décision de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Rouen du 16 mai 2022, M. A a fait l'objet d'une sanction de douze jours de cellule disciplinaire. M. A a formé un recours préalable obligatoire contre la décision de la commission de discipline devant la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes qui, par une décision du 3 juin 2022, dont le requérant demande l'annulation, a confirmé la sanction prononcée.

2. En premier lieu, aux termes de R 234-12 du code pénitentiaire en vigueur à la date de la décision attaquée : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. "

3. M. A se prévaut du fait que, conformément à ce que prévoit notamment la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des détenus, le compte-rendu de l'incident doit préciser, en principe, le nom et le prénom de l'agent des services pénitentiaires qui l'a rédigé. Toutefois, la circonstance que le compte-rendu ayant donné lieu à l'édiction de la sanction contestée ne comporte pas ces mentions, ni même le numéro de matricule de l'agent est par elle-même, sans incidence sur la régularité de la procédure suivie. En outre, il ressort des pièces du dossier que le compte-rendu d'incident établi le 12 mai 2022 à 16h20 a été rédigé par un surveillant dont les initiales étaient " L. M. ", alors que le surveillant qui a siégé à la commission de discipline porte les initiales " V. A. ", qui ne correspondent donc pas à celles de l'agent auteur du compte-rendu d'incident. Par ailleurs, M. A ne peut utilement se prévaloir à l'appui de son argumentation à l'encontre du compte-rendu d'incident de la circulaire du 17 février 2011. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité du compte-rendu d'incident au regard des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale, dont les dispositions ont été reprises à l'article R. 234-12 du code pénitentiaire, ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, si M. A soutient que la décision de placement en cellule disciplinaire à titre préventif méconnait les dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale, la décision attaquée de sanction n'a pas été prise sur le fondement, ni pour l'application de la décision de placement à titre préventif. Le requérant ne peut donc pas se prévaloir utilement de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision de placement à titre préventif en cellule disciplinaire. Le moyen tiré de l'illégalité de cette dernière décision ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des rapports d'incident du 12 mai 2022 rédigés à 16h20 et 16h55 que M. A a été sanctionné pour des propos menaçants et insultants tenus à l'encontre d'un surveillant pénitentiaire ainsi que pour avoir inondé sa cellule et frappé puis mis le feu à la porte de celle-ci à l'aide d'une plaque chauffante. Si M. A soutient que ces faits ne sont établis par aucun document, il n'apporte aucun commencement de preuve de nature à remettre en cause les faits tels que relatés dans les comptes-rendus d'incident et corroborés par les descriptions circonstanciées du surveillant pénitentiaire à l'occasion du rapport d'enquête. Par suite, le moyen tiré du défaut de matérialité des faits ne peut qu'être écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 232-4 du code pénitentiaire, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; / () 5° De commettre intentionnellement des actes de nature à mettre en danger la sécurité d'autrui ; / () 9° De causer ou de tenter de causer délibérément aux locaux ou au matériel affecté à l'établissement un dommage de nature à compromettre la sécurité, l'ordre ou le fonctionnement normal de celui-ci ; / () 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires ; () "

7. Si M. A soutient que la sanction est disproportionnée compte tenu de son état de détresse psychologique, il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport d'enquête du 13 mai 2022 que le médecin de l'établissement a estimé que la sanction était compatible avec l'état de santé de l'intéressé. En outre, compte tenu de la gravité des faits reprochés à l'intéressé, qui cumulent des actes de menaces et insultes ainsi que de détériorations du matériel par incendie et inondation de sa cellule, la sanction de douze jours de placement en cellule disciplinaire n'est pas entachée de disproportion. Le moyen tiré de la disproportion peut être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la décision du 3 juin 2022 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a confirmé la sanction de douze jours de cellule disciplinaire doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, l'instance ne présentant aucun dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Massardier et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président,

M. Cotraud, premier conseiller,

Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,

B. Esnol

Le premier conseiller faisant fonction de président,

G. Armand La greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

ah

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions