LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202504

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202504

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantINTER-BARREAUX EMO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 juin 2022 et le 14 mars 2023, la société Dulo, représentée par Me Arnaud de Saint Rémy, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques de Normandie a refusé de lui accorder l'aide dite " coûts fixes consolidation " instituée par le décret n° 2022-111 du 2 février 2022 au titre du mois de décembre 2021, ensemble la décision du 4 avril 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de Normandie de lui octroyer, à titre principal, le bénéfice d'une aide financière dit " coûts fixes consolidation ", en application des dispositions de l'article 1er du décret n° 2022-111, d'un montant total de 40 149 euros, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle remplit l'ensemble des conditions réglementaires permettant de bénéficier de l'aide dont elle sollicite le versement ;

- méconnaît l'article 1er du décret n° 2022-3 du 4 janvier 2022 dès lors que la mesure de fermeture administrative temporaire dont elle a fait l'objet ne porte pas sur la période éligible, qu'elle n'a réalisé aucune recette commerciale au cours de la soirée du 31 décembre 2021 et que l'administration donne une portée rétroactive à l'arrêté portant fermeture administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques de Normandie conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que les dispositions de l'article 1er du décret n° 2022-3 du 4 janvier 2022, qui prévoient que l'aide ne peut être accordée à une entreprise qui a fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant fermeture administrative en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021, ne sont pas applicables à l'aide dite " coûts fixes consolidation " qui est régie par le décret n° 2022-111 du 2 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 ;

- le décret n° 2022-3 du 4 janvier 2022 ;

- le décret n° 2022-111 du 2 février 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Guiral,

- les conclusions de Mme A,

- et les observations de Me Le Lay substituant Me Arnaud de Saint Rémy, représentant la société Dulo.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dulo, qui exerce une activité de restauration et de discothèque sous l'enseigne " L'Ibiza " à Rouen, a sollicité le 17 février 2022 le bénéfice de l'aide dite " coûts fixes consolidation " instituée par le décret du 2 février 2022 pour le mois de décembre 2021. Par une décision du 24 février 2022, le directeur régional des finances publiques de Normandie a refusé de faire droit à sa demande. La société Dulo a formé un recours gracieux qui a été rejeté le 4 avril 2022. Elle demande, par la présente requête, l'annulation de ces deux décisions.

2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 2 février 2022 instituant une aide dite " coûts fixes consolidation " visant à compenser les charges fixes non couvertes des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 : " I. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 susvisé, à l'exception de celles mentionnées aux 5° et 5° bis, peuvent bénéficier, au cours de la période éligible comprise entre le 1er décembre 2021 et le 31 janvier 2022, d'une aide mensuelle dont le versement est bimestriel, destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : / 1° Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 précité dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 ; / 2° Elles ont été créées avant le 1er janvier 2019 ; / 3° Au cours du mois éligible, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités prévues à l'article 3, d'au moins 50 % ; / 4° Leur excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation au cours du mois éligible, tel qu'il résulte du calcul mentionné à l'annexe du présent décret, est négatif ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 4 janvier 2022 instituant une aide " renfort " visant à compenser certaines charges pour les entreprises dont l'activité est interdite d'accueil du public à la suite des restrictions sanitaires mises en place pour faire face à l'épidémie de covid-19 : " I. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 susvisé, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, bénéficient, au titre de chaque période éligible, d'une aide financière prenant la forme d'une subvention destinée à compenser certaines de leurs charges fixes, dites charges renfort, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : / 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités de l'article 3, d'au moins 50 % durant la période éligible ; / 2° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, au mois de décembre 2021, en application des dispositions du I de l'article 45 du décret du 1er juin 2021 susvisé ; / 3° Elles ont été créées avant le 31 janvier 2021 ".

4. Enfin, aux termes du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire : " Le préfet de département peut, par arrêté pris après mise en demeure restée sans suite, ordonner la fermeture des établissements recevant du public qui ne mettent pas en œuvre les obligations qui leur sont applicables en application du présent décret ".

5. En l'espèce, pour rejeter la demande de la société Dulo relative au versement de l'aide dite " coûts fixes consolidation ", le directeur régional des finances publiques de Normandie s'est fondé sur la circonstance que le préfet de la Seine-Maritime avait ordonné, par un arrêté du 8 février 2022, la fermeture de l'établissement qu'elle exploite au motif qu'elle a organisé, malgré l'interdiction d'accueil du public, une soirée festive le 31 décembre 2021. Toutefois, si l'article 1er du décret du 4 janvier 2022 autorise l'administration à refuser le versement de l'aide dite " renfort " aux entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 qui ont fait l'objet d'un arrêté préfectoral pris en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021, ces dispositions ne sont pas applicables à la situation de la société Dulo qui a sollicité le bénéfice de l'aide dite " coûts fixes consolidation ". Par suite, en faisant application de ces dispositions, le directeur régional des finances publiques de Normandie a méconnu le champ d'application de la loi.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, que la société Dulo est fondée à demander l'annulation de la décision du 24 février 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques de Normandie a refusé de lui accorder l'aide dite " coûts fixes consolidation ", ainsi que la décision du 4 avril 2022 rejetant son recours gracieux.

7. L'exécution du présent jugement implique que le directeur régional des finances publiques de Normandie réexamine la demande de la société Dulo. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure d'une astreinte.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Dulo et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions des 24 février et 4 avril 2022 du directeur régional des finances publiques de Normandie sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques de Normandie de réexaminer la demande de la société Dulo relative au versement de l'aide dite " coûts fixes consolidation " pour le mois de décembre 2021 dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à la société Dulo la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Dulo et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques de Normandie.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.

Le rapporteur,

S. GUIRALLa présidente,

C. BOYER

Le greffier,

J.-B. MIALON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions