mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2202598 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | SUXE HERVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2022 et des mémoires enregistré le 1er juin 2023 et le 11 juillet 2023, Mme D C, représentée par la SELARL DAMC, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a implicitement refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ainsi que la décision du 17 octobre 2022 rejetant explicitement cette demande ;
2°) d'enjoindre au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion ou au préfet de l'Eure de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'État les dépens et la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- la décision explicite a été prise par une autorité incompétente ;
- les décisions ne sont pas motivées ;
- les décisions méconnaissent les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle subit un harcèlement moral de la part de sa hiérarchie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023 et un mémoire en production de pièces enregistré le 27 juin 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Le ministre soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Suxe pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe administrative de 1ère classe affectée à la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de l'Eure, demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ainsi que la décision du 17 octobre 2022 rejetant explicitement cette demande.
2. Les conclusions dirigées contre le refus implicite d'accorder à Mme C la protection fonctionnelle demandée le 22 février 2022 doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 17 octobre 2022 rejetant explicitement cette demande, qui s'est substituée à la décision implicite quand bien même la décision explicite, communiquée en cours d'instance, n'avait pas été notifiée à l'intéressée.
3. En premier lieu, la décision contestée a été prise par M. B A qui disposait, en qualité de sous-directeur du contentieux auprès du directeur des affaires juridiques à l'administration centrale des ministères sociaux d'une délégation de signature du ministre en charge du travail par effet du 2° de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, pour prendre les décisions relatives aux affaires des services placés sous l'autorité, notamment, du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision du 17 octobre 2022 mentionne les dispositions de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique et les considérations de fait qui en constituent le fondement et qui permettaient à Mme C d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Elle est donc suffisamment motivée.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique, qui reprend en partie les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. " Aux termes de l'article L. 133-2 du même code, reprenant en partie les dispositions de l'article 6 quinquies de la même loi : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "
6. D'une part, les dispositions précitées établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
7. D'autre part, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Mme C soutient qu'alors qu'elle était affectée depuis 2011 au service " Entreprises " de la DDETS de l'Eure, elle a subi à compter de décembre 2019 une charge de travail importante et un isolement professionnel à la suite d'une rupture du dialogue avec sa cheffe de service qui a conduit à son placement en congé de maladie en décembre 2020. L'affection a été reconnue imputable au service et les préconisations du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail émises à la suite d'une enquête n'auraient pas été mises en œuvre pour garantir sa sécurité et sa santé physique et mentale. Cependant, il ne ressort ni des pièces du dossier que la charge de travail confiée à Mme C aurait été excessive ni qu'elle aurait été volontairement isolée de la marche du service et ce, alors qu'il lui était loisible, comme elle l'a d'ailleurs fait, de prendre contact avec ses homologues d'autres départements dans le cas où elle aurait été confrontée à des difficultés dans l'exercice de certaines de ses missions. Il n'est pas démontré que le contrôle exercé par sa supérieure hiérarchique, à laquelle une demande de récupération d'heures supplémentaires avait été demandée, aurait excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Par suite, compte tenu des allégations de l'agent et des éléments apportés par l'administration, la requérante n'est pas fondée à soutenir avoir été victime d'agissements répétés constitutifs de harcèlement moral. Ce motif est de nature à justifier le refus de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 octobre 2022 rejetant sa demande de protection fonctionnelle. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
H. JEANMOUGIN
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
N°2202598
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026