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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2202647

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2202647

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2202647
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantPARAISO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

G une requête enregistrée le 30 juin 2022, M. F A C, représenté G Me Paraiso, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 juin 2022 G laquelle le préfet du Calvados a fixé le pays de son renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire, sous astreinte de 152,45 euros G jour de retard.

M. A C soutient que la décision :

* a été adoptée G une autorité incompétente ;

* est insuffisamment motivée ;

* repose sur une mesure d'éloignement elle-même irrégulière ;

* méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

G un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés G M. A C ne sont pas fondés.

Vu :

­ la décision G laquelle le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

­ les autres pièces du dossier.

Vu :

­ la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

­ la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

­ la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

­ le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

­ le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique du 5 juillet 2022, présenté son rapport et entendu les observations orales :

* de Me Paraiso, avocat représentant M. A C qui soutient que :

- il est arrivé en France en 1994 dans le cadre d'un regroupement familial et a suivi sa scolarité en France ;

- la décision méconnaît les stipulations des articles 8 et 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il ne pourra pas avoir accès à ses traitements médicaux au Maroc ;

* de M. A C qui soutient qu'il a toujours vécu en France.

L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 17 heures 06, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant marocain, né le 20 septembre 1981, a été condamné à une peine de dix mois d'emprisonnement G jugement du tribunal correctionnel de Tarbes du 28 mai 2020 pour des faits de violence aggravée, à une peine de quatre mois d'emprisonnement G jugement du tribunal correctionnel de Saint Gaudens du 2 juillet 2020 pour des faits d'apologie publique d'un acte de terrorisme et vol avec violence, à une peine d'un an d'emprisonnement G jugement du tribunal correctionnel de Tarbes du 16 février 2021 pour des faits de harcèlement d'une personne étant ou ayant été conjoint et menace de mort réitérée, à une peine de deux mois d'emprisonnement G jugement du tribunal correctionnel de Saint Gaudens du 1er avril 2021 pour des faits de violence G une personne en état d'ivresse manifeste, récidive et violence sur personne étant ou ayant été conjoint. G arrêté du 12 juillet 2021, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de l'expulsion de M. A C. Cette décision a été confirmée G jugement du tribunal administratif de Toulouse du 28 décembre 2021. G arrêté du 29 juin 2022, le préfet du Calvados a pris à son encontre une décision fixant le pays de son renvoi aux motifs que l'intéressé a fait l'objet d'une mesure d'expulsion, que les faits reprochés traduisent la menace qu'il constitue pour l'ordre public et que son renvoi au Maroc ne l'expose pas à des peines ou traitement contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. A C demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, M. E B qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet du Calvados en date du 27 avril 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.

3. En deuxième lieu, la décision contestée, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision, prise après un examen particulier de la situation de M. A C G le préfet du Calvados est donc suffisamment motivée.

4. En troisième lieu, l'exception d'illégalité soulevée à l'encontre d'une décision individuelle n'est recevable que tant que cette décision ne présente pas de caractère définitif. Dans la mesure où l'arrêté du 12 juillet 2021 G lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de l'expulsion de M. A C est devenu définitif, le moyen tiré de son illégalité ne peut qu'être écarté.

5. En dernier lieu, le requérant fait état des attaches nombreuses et anciennes dont il dispose en France. Celles-ci ne sont pas contestées. Toutefois, la décision en litige n'a pour objet, ni de l'obliger à quitter le territoire français ou de l'en expulser, ni de lui interdire temporairement son retour, mais de fixer le pays à destination duquel son éloignement doit être effectué. A cet égard, M. A C n'apporte aucun élément permettant de considérer que le choix de fixer le Maroc comme pays de son renvoi procéderait d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou d'une erreur manifeste d'appréciation. G ailleurs, il ne justifie pas que son renvoi au Maroc conduirait à ce qu'il soit soumis à des traitements contraires à l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 29 juin 2022 G laquelle le préfet du Calvados a fixé le pays de son renvoi. G voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Paraiso et au préfet du Calvados.

Lu en audience publique le 5 juillet 2022.

Le magistrat désigné,La greffière,

T. DA. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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