jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEPEUC MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Lepeuc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui accorder un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " dans le délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, ou dans le délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente du réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Le refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivé ;
- méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de droit ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
L'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de la mesure d'éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête, en soutenant qu'elle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier, notamment la décision portant octroi de l'aide juridictionnelle le 20 juillet 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Lepeuc, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est un ressortissant marocain né le 6 juin 1991, entré en France en 2013 en vue de poursuivre ses études. Il a obtenu un titre de séjour sur ce fondement pour l'année universitaire 2013-2014, renouvelé jusqu'en 2021. Le 14 juillet de cette année 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, mais, par l'arrêté attaqué du 24 février 2022, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de le lui accorder, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi.
Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'acte attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour le prononcer. Cette décision, par suite, est suffisamment motivée, et il ressort de ses termes mêmes qu'elle a été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.
3. En deuxième lieu, l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 stipule que : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. () ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est inscrit, au titre de l'année 2013-2014, en première année à l'ESIGELEC, année qu'il n'a pas validée. Pour l'année 2014-2015, il s'est inscrit en deuxième année de licence " mathématiques ", qu'il a validée, en 2015-2016, il a été ajourné au terme de sa troisième année de licence, et, en 2016-2017, il a validé ses examens. Inscrit en 2017-2018 en première année de Master " mathématiques ", il a redoublé cette année, qu'il a validée en 2018-2019, puis, en Master 2, a été déclaré " défaillant " au terme des années universitaires 2019-2020 et 2020-2021. Il s'est inscrit pour la troisième fois en Master 2 lors de la rentrée 2021. Ainsi, en neuf années d'études en France, M. C n'a validé que le niveau Master 1, et son cursus fait apparaître une absence de progression notable établie à la date de la décision contestée. Si M. C soutient que son absence de progression en Master 2 s'explique par les difficultés liées à la validation de son stage de fin d'études, alors qu'il en a validé la partie théorique, les éléments ainsi avancés ne sont pas de nature à justifier l'absence de progression dans son parcours universitaire au titre de l'ensemble de la période concernée. Il s'ensuit que M. C, qui n'a pas même, à la date de l'audience et selon l'information communiquée par son conseil, soutenu son rapport de stage, nonobstant l'affirmation, dans sa requête de juillet 2022, de l'obtention de son diplôme en septembre 2022, n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant à raison de l'absence de caractère réel et sérieux des études poursuivies, aurait méconnu les dispositions précitées.
5. L'intéressé, qui est célibataire et sans charge de famille en France, ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu'il poursuive normalement sa vie privée et familiale à l'étranger et, en particulier, dans son pays d'origine où il n'allègue pas être dépourvu de toute attache et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt et un ans. Par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la mesure d'éloignement en litige ne peut être regardée comme ayant porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation par le préfet de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, l'acte attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour le prononcer. Cette décision, par suite, est suffisamment motivée.
7. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que le refus de titre de séjour n'est pas illégal. Le requérant n'est ainsi pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de l'acte attaqué.
8. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués ci-dessus, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
9. Il résulte de ce qui a été indiqué précédemment que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Le requérant n'est ainsi pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de l'acte attaqué.
10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 février 2022. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Lepeuc et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
M. Cyrille Leduc, premier conseiller,
M. Robin Mulot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le rapporteur
C. A
La présidente
A. GAILLARD
La greffière
A. HUSSEIN
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026