LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203480

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203480

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantSOW

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 août 2022 et le 28 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Sow, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mai 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pour la durée du réexamen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, ladite condamnation valant renonciation à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

la décision portant refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise par une autorité incompétente ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet a fait application de l'accord franco-algérien ;

- méconnaît les stipulations de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien ;

- n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11-11°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise par une autorité incompétente ;

- méconnaît les dispositions de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien ;

- méconnaît les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

la décision refusant le délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- a été prise par une autorité incompétente ;

- est entachée d'une erreur de droit.

la décision fixant le pays de destination :

- est insuffisamment motivée ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour tardiveté ;

- aucun des moyens n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juillet 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapports de Mme A ;

- les observations de Me Sow, pour M. C.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1.M. B C, ressortissant tunisien né le 8 juin 1968, à El Alia, déclare être entré en France en 2005. Il a sollicité, le 29 avril 2019, son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 313-11-11 du code de l'entrée et du séjour du droit des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par l'arrêté attaqué du 18 mai 2020, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2.En premier lieu, les décisions en litige, qui comportent les considérations de fait et de droit sur lesquelles elles sont fondées, sont suffisamment motivées.

3.En deuxième lieu, par arrêté n° 20-30 du 13 mars 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à Mme D E pour signer les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de ces décisions doit donc être écarté.

Sur les moyens propres à la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, si l'accord franco-algérien du 27 mai 1968 est cité dans les visas de la décision, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. En outre, il est constant que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fondé sa décision sur les stipulations de cette convention. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être, en tout état de cause, être écarté.

5. En deuxième lieu, M. C a présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 311-11-11° alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi l'autorité préfectorale n'était pas tenue d'examiner d'office si l'intéressé pouvait prétendre à la délivrance d'une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code ou de l'accord franco-tunisien susvisé, lequel ne porte pas sur le titre de séjour sollicité. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des stipulations du d de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien et le moyen doit être écarté.

6.En troisième lieu, aux termes de l'article L.313-11du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

7. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé notamment sur l'avis émis le 30 décembre 2019 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), selon lequel si l'état de santé de M. C, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ce dernier peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins qui y est proposée et aux caractéristiques de son système de santé et précise qu'il peut voyager sans risque. Le requérant fait cependant valoir être atteint d'une lourde pathologie. Toutefois, si le requérant fait l'objet d'un suivi médical, il n'établit pas, par la production de documents déjà anciens à la date de la décision contestée et rédigés en termes généraux, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un suivi équivalent, ni que son traitement ne serait pas disponible dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit, dès lors, être écarté.

8. En dernier lieu, il est constant que M. C n'a pas sollicité son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code. Dès lors, la circonstance qu'il résiderait en France depuis plus de dix ans est sans incidence sur l'obligation qu'avait le préfet de saisir la commission du titre de séjour. En tout état de cause et dès lors, comme en l'espèce, ainsi qu'il a été exposé aux points précédents, que le préfet a estimé, à bon droit, que le demandeur ne remplissait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11-11° alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'était pas tenu de consulter la commission du titre de séjour avant d'opposer un refus à la demande de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.

Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988, dans sa rédaction résultant du protocole d'accord du 28 avril 2008, lequel ne régit que les conditions de séjour des ressortissants tunisiens est inopérant pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire. Le moyen doit par suite être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français: () / 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

12. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié en Tunisie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, les moyens tirés de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Seine-Maritime, que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et celles présentés au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Sow et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Boyer, présidente,

- M. Guiral, conseiller,

- Mme Boucetta, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

La présidente-rapporteure,

C. AL'assesseur le plus ancien

S. GUIRAL

Le greffier,

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions