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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203643

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203643

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203643
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme B, agente des services hospitaliers, qui contestait le refus du groupe hospitalier du Havre de reconnaître un accident de service survenu le 24 mars 2022. La décision de rejet de l’administration était fondée sur la transmission tardive du certificat médical requis, en application des articles 35-2 et 35-3 du décret n°88-386 du 19 avril 1988. Mme B n’a pas apporté la preuve de la transmission complète de sa déclaration dans les délais légaux, ni justifié d’un cas de force majeure ou de motifs légitimes. Le tribunal a donc jugé que la décision attaquée n’était pas entachée d’excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 23 août 2022 par laquelle le directeur du groupe hospitalier du Havre a rejeté sa demande de reconnaissance d'un accident de service survenu le 24 mars 2022.

Elle soutient qu'elle a bien transmis la déclaration d'accident dans les délais légaux prescrits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2024, le groupe hospitalier du Havre, représenté par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par Mme B n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;

- et les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, fonctionnaire titulaire employée en qualité d'agente des services hospitaliers par le groupe hospitalier du Havre, affectée à l'hôpital Jacques Monod, soutient avoir été victime le 24 mars 2022 d'un accident de service causé par une machine auto laveuse. Elle a transmis à une date disputée entre les parties une déclaration d'accident de service. Par une décision du 23 août 2022, le directeur du groupe hospitalier du Havre a rejeté cette demande comme tardive ; par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique, " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : 1° Un accident reconnu imputable au service () ".

3. L'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière prévoit que " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité investie du pouvoir de nomination à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ;2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant () ".

4. Enfin, aux termes de l'article 35-3 du même décret : " I.-La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident () III.-Dans tous les cas, lorsque l'accident de service, l'accident de trajet ou la maladie professionnelle entraîne une incapacité temporaire de travail, le fonctionnaire adresse à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève, dans le délai de quarante-huit heures suivant son établissement, le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 () / IV.-Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. En cas d'envoi de l'avis d'interruption de travail au-delà de ce délai de quarante-huit heures, le montant de la rémunération afférente à la période écoulée entre la date d'établissement de l'avis d'interruption de travail et la date d'envoi de celui-ci à l'autorité investie du pouvoir de nomination peut être réduit de moitié () / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ".

5. Pour rejeter la demande de Mme B, le directeur du groupe hospitalier du Havre s'est fondé sur la circonstance que si le formulaire prévu 1° de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 avait bien été transmis dans le délai de quinze jours prescrit par les dispositions de l'article 35-3 du même décret, il n'était pas accompagné du certificat médical exigé par le 2° de l'article 35-2 dudit décret, de sorte qu'elle n'était pas complète, et que la transmission tardive du certificat médical le 3 mai 2022 suffit à justifier la décision.

6. Si à l'appui de sa requête, Mme B produit quelques documents médicaux relatifs à l'accident de service dont elle soutient avoir été victime et à ses conséquences, elle se borne s'agissant de la transmission au service du certificat médical du 24 mars 2022 à indiquer qu'elle l'aurait transmis par courriel dès le lendemain, sans apporter aucun élément à l'appui de cette allégation et alors que cette transmission est contestée par le groupe hospitalier du Havre. Par suite, il ne peut être tenu pour établi que Mme B a transmis, comme elle y était tenue, une déclaration complète d'accident de service dans les délais prescrits par les dispositions de l'article 35-3 du décret du 19 avril 1988. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que Mme B entrerait dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale, qu'elle justifierait d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. Par suite, le directeur du groupe hospitalier du Havre a pu légalement se fonder sur les dispositions du IV du décret du 19 avril 1988 pour rejeter la demande dont il était saisi.

7. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Sa requête doit, dès lors, être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au groupe hospitalier du Havre.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

Robin Mulot La présidente,

Anne Gaillard

Le greffier,

Henry Tostivint

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2203643

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