jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | BARON COSSE ANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Quentin André, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Conches-en-Ouche a refusé de modifier sa fiche de poste ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'établissement de modifier sa fiche de poste afin de lui confier des missions conformes à l'article 4 du décret n° 2012-1466 du 26 décembre 2012 ;
3°) de condamner l'EHPAD de Conches-en-Ouche à lui verser une indemnité de 2 000 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Conches-en-Ouche la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la fiche de poste qui lui a été notifiée le 23 mai 2022 ne lui confie pas des missions conformes à son grade ;
- cette faute lui a causé un préjudice dont elle est fondée à demander l'indemnisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de Conches-en-Ouche, représenté par la SELARL Audicit, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction, au rejet du surplus de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction ont perdu leur objet dès lors que Mme A ne fait plus partie du personnel de l'établissement depuis le 10 octobre 2022 ;
- les conclusions indemnitaires sont infondées, en l'absence de faute commise par l'établissement, de préjudice démontré et de lien de causalité entre eux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2012-1466 du 26 décembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Mulot, rapporteur public,
- les observations de Me André représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, cadre supérieure de santé paramédicale, a exercé ses fonctions au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Conches-en-Ouche à partir de septembre 2019. Le 23 mai 2022, le directeur de l'EHPAD lui a remis une nouvelle fiche de poste de " cadre de santé détachée en mission projet ". Par une lettre du 30 juin 2022, reçue le 4 juillet suivant, Mme A a demandé au directeur de l'EHPAD de " rétablir [sa] fiche de poste initiale " et de " lui confier des missions conformes à son grade ", ainsi que de lui verser une indemnité de 2 000 euros au titre de son préjudice moral. Cette demande a fait l'objet d'un rejet implicite.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. La lettre adressée par Mme A le 30 juin 2022 au directeur de l'EHPAD de Conches-en-Ouche présente le caractère d'un recours gracieux contre la décision, révélée par la remise d'une nouvelle fiche de poste le 23 mai 2022, de modifier son affectation au sein de l'établissement. Mme A doit ainsi être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, ainsi que de la décision initiale par laquelle le directeur de l'EHPAD l'a affectée à un poste de " cadre de santé détachée en mission projet ".
3. En premier lieu, si Mme A a été mutée au centre hospitalier François Quesnay de Mantes-la-Jolie à compter du 10 octobre 2022, le changement d'affectation attaqué a reçu exécution entre le 23 mai 2022 et le 9 octobre 2022. Les conclusions de la requête tendant à son annulation rétroactive ne sont donc pas privées d'objet.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 26 décembre 2012 portant statut particulier du corps des cadres de santé paramédicaux de la fonction publique hospitalière : " Les fonctionnaires du grade de cadre supérieur de santé paramédical exercent : / 1° Des fonctions correspondant à leur qualification et consistant à encadrer les cadres des équipes des pôles d'activité clinique et médico-technique des établissements ; / 2° Des missions communes à plusieurs pôles d'activité clinique et médico-technique ou de chargé de projet au sein de l'établissement () ".
5. La fiche de poste litigieuse confie à Mme A des fonctions de " cadre de santé détachée en gestion projet " visant à " mettre en place la stratégie d'ouverture de l'EHPAD vers l'extérieur et l'intérieur : / i. EHPAD " hors les murs " / ii. EHPAD Centre de ressources / iii. EHPAD " Tiers-Lieu " " et à " accompagner les membres du conseil d'administration dans les choix stratégiques de coopération ". Cet emploi de chargé de projet au sein de l'EHPAD est de ceux que les cadres supérieurs de santé paramédicaux ont vocation à occuper, conformément au 2° de l'article 4 du décret du 26 décembre 2012. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, comme le soutient la requérante, les missions qui lui ont été ainsi confiées seraient " vides de toute substance ". Le moyen tiré de ce que sa nouvelle affectation ne correspondrait pas à son grade doit donc être écarté.
6. Par conséquent, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision modifiant son affectation au sein de l'EHPAD, révélée par la remise de sa nouvelle fiche de poste le 23 mai 2022, ni du rejet implicite de son recours gracieux contre cette décision. Ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Dès lors que le changement d'affectation de Mme A n'est pas illégal, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité de cette décision engagerait la responsabilité de l'EHPAD de Conches-en-Ouche. Ses conclusions indemnitaires doivent donc être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EHPAD de Conches-en-Ouche, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais de procès qu'elle a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée au même titre par l'EHPAD de Conches-en-Ouche.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de Conches-en-Ouche fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de Conches-en-Ouche.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
MM. Colin Bouvet et Philippe B, premiers conseillers,
assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le rapporteur,
Ph. B
La présidente,
A. GAILLARDLe greffier,
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026