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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2203745

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2203745

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2203745
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantJURIADIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A, qui demandait l'annulation d'un permis d'aménager délivré par le maire du Neubourg pour la création d'un parking de 30 places. Le tribunal a écarté le moyen tiré d'un vice de procédure lié au délai d'instruction, jugeant que le respect d'un délai inférieur au délai maximum légal est sans incidence sur la légalité de l'acte. Les autres moyens soulevés par le requérant, notamment ceux relatifs à la méconnaissance du plan local d'urbanisme et des abords de monuments historiques, ont également été jugés infondés. La décision s'appuie notamment sur les articles R. 423-24 et L. 424-2 du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 15 septembre 2022, le 26 août 2023, le 11 mars 2024 et le 1er avril 2024, M. B A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 18 mai 2022 par lequel le maire de la commune du Neubourg a délivré à la commune du Neubourg un permis d'aménager pour la réalisation d'un parc de stationnement de trente places situé sur la parcelle D 121 ;

2°) d'enjoindre au maire de procéder à la replantation des arbres de l'allée sur la parcelle D121, dans les plus brefs délais.

Il soutient que :

- il a intérêt pour agir ;

- il a réalisé la notification prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de prolongation de l'instruction de la demande de permis d'aménager en méconnaissance de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de consultation du public en méconnaissance de la convention d'Aarhus et de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut " d'enquête environnementale " ;

- il a été délivré au regard d'un dossier de demande incomplet et incohérent et méconnait les dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne porte pas permis de démolir de l'ancien parking ;

- il est entaché d'une méconnaissance de l'autorité de la chose jugée par l'arrêt n°22DA01029 de la cour administrative de Douai du 23 novembre 2023 ;

- il méconnait les dispositions de la zone N et notamment son article N1 et N2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg, ainsi que les dispositions des articles L. 113-1 et L. 151-3 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait la quatrième orientation du plan d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg dès lors qu'il ne permet pas de conserver entièrement l'allée du champ de Bataille ;

- il méconnait les dispositions de l'arrêté du préfet de la région Normandie du 12 février 2021 portant création du périmètre délimité des abords de l'Eglise, du Vieux Château, et du château du Champ de Bataille protégés au titre des monuments historiques sur le territoire de la commune du Neubourg ;

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juillet 2023, le 13 mars 2024, le 22 mars 2024 et le 18 avril 2024, la commune du Neubourg, représentée par Me Gorand, conclut à titre principal au rejet de la requête, à défaut, à ce que le tribunal prononce un sursis à statuer ou une annulation partielle en application des articles L. 600-5-1 et L. 600-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. A n'a pas intérêt pour agir et que le recours gracieux n'a pas été notifié en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les conclusions présentées aux fins d'injonction sont irrecevables dès lors qu'elles sont des conclusions nouvelles ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol,

- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique,

- les observations de M. A,

- et les observations de Me Vincent, substituant Me Gorand, représentant la commune du Neubourg.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 18 mai 2022, le maire de la commune du Neubourg a délivré à la commune un permis d'aménager pour la réalisation d'un parc de stationnement de 30 places sur la parcelle D121 à l'extrémité est de l'allée du champ de Bataille. M. B A, voisin du projet, a présenté un recours gracieux le 13 juillet 2022, qui a été rejeté le 25 juillet 2022 par la maire de la commune. Par la présente requête, M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 18 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction. () " Aux termes de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois : / c) Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ; (). "

3. Si M. A soutient que le délai d'instruction de la demande du permis d'aménager n'a pas été majoré d'un mois, en méconnaissance de l'article R. 423-24 du code de l'urbanisme applicable dès lors que le projet est situé dans les abords de plusieurs monuments historiques, le requérant ne peut nullement se prévaloir utilement de la méconnaissance du délai d'instruction prévu par ces dispositions, celui-ci étant un délai maximum à l'expiration duquel une autorisation tacite est délivrée. La circonstance que la commune du Neubourg ait délivré dès le 18 mai 2022 le permis d'aménager sollicité le 24 mars 2022, dans un délai inférieur au délai d'instruction de quatre mois, est sans incidence sur la légalité du permis attaqué. Le moyen de l'irrégularité de l'instruction du dossier de demande doit donc être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-2 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis d'aménager : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet d'aménagement comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 441-3 et R. 441-4. "

5. La circonstance que le dossier de demande de permis d'aménager ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis d'aménager qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. M. A soutient que le formulaire CERFA ne mentionne pas, à la rubrique 8- " Information pour l'application d'une législation connexe " que le projet est situé dans le périmètre des abords d'un monument historique. S'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire n'a effectivement pas coché la case correspondant à cette mention, alors qu'il est constant que le projet est situé à proximité de trois monuments historiques, il ressort des autres pièces versés à l'appui de la demande de permis d'aménager que l'architecte des bâtiments de France s'est prononcé favorablement sur le projet le 26 avril 2022, sur demande de la commune, en tenant compte de la localisation du projet dans le périmètre délimité des abords des monuments historiques. Les servitudes d'utilité publique relatives aux périmètres de protection des monuments historiques ont également été mentionnées dans la fiche descriptive de la parcelle produite à l'appui de la demande. En outre, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'un autre élément aurait dû être mentionné à la rubrique 8 au titre des informations pour l'application d'une législation connexe contrairement à ce que soutient le requérant. Par suite, le défaut de mention du périmètre au titre des abords des monuments historiques dans le formulaire de demande de permis d'aménager n'a pas été de nature à induire l'administration en erreur.

7. De plus, M. A qui ne se borne à indiquer que le recours à un architecte paysagiste pour la réalisation du projet " s'imposait " et était " nécessaire ", ne se prévaut du défaut d'aucune des pièces obligatoires à fournir au dossier de demande, ni n'invoque la méconnaissance d'une quelconque disposition. Il n'est pas fondé à soutenir que le dossier de demande est incomplet faute de ne pas avoir sollicité un autre avis que celui de l'architecte des bâtiments de France. M. A n'apporte par ailleurs aucun élément de nature à établir que l'architecte des bâtiments de France se serait prononcé au regard d'un dossier incomplet ou aurait rendu une appréciation erronée, nonobstant le délai restreint dans lequel il a rendu son avis favorable. Ces branches du moyen ne peuvent qu'être écartées comme n'étant pas assorties des précisions suffisantes pour en apprécier le bienfondé.

8. S'il ressort des pièces du dossier que les plans topographiques versés à l'appui de la demande de permis ne font pas état de l'altimétrie du terrain d'assiette du dossier et que l'état initial du terrain n'est pas décrit dans la notice de travaux, il est constant que les différents plans fournis au dossier situent de manière précise l'emplacement du projet, en rappelant le bornage existant. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne présente pas une déclivité forte, et présente deux talus à l'entrée du parking. Les imprécisions du dossier de demande de permis d'aménager, compte tenu de l'objet même du projet, et de la topographie du terrain n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'administration sur la conformité du projet à la règlementation.

9. Si M. A soutient que le dossier de demande ne fait pas état des dimensions des places de parking projetées, il ressort des pièces du dossier que la combinaison du plan intitulé " Projet espace complet " et du plan de masse du projet sur bornage existant permettent de déterminer les dimensions des places de stationnement.

10. Par ailleurs, le dossier de demande du permis d'aménager, au regard duquel l'autorisation d'urbanisme a été délivrée, a un caractère déclaratif et fait état de la réalisation d'un parc de stationnement en mélange " pierre-terre ". Si M. A soutient qu'une délibération du conseil municipal de septembre 2022 fait état de la réalisation du parking avec aménagement " d'une option dalles alvéolées ", il ressort toutefois des pièces du dossier que la délibération invoquée est postérieure à la décision attaquée et concerne l'exécution des travaux du permis d'aménager, si bien que M. A ne peut s'en prévaloir utilement pour contester la légalité du permis attaqué.

11. Enfin, la circonstance que le projet de construction fasse suite à la destruction en 2022 d'un ancien parking, à supposer même que cette destruction ait été réalisée sans autorisation, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que le projet visé par l'arrêté attaqué ne porte pas, bien qu'il soit situé sur la même parcelle cadastrale, sur l'emprise de l'ancien parking qui était situé au nord de l'allée du champ de Bataille. A cet égard, l'avis de l'architecte des bâtiments de France du 26 avril 2022 mentionne que le projet de parking permet de remplacer celui qui était situé au nord-ouest de la parcelle et de rendre l'allée piétonne. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que le dossier CERFA était incomplet, faute de renseigner la rubrique relative aux démolitions.

12. Par suite, dès lors que les erreurs et imprécisions contenus dans le dossier de demande n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande ne peut qu'être écarté.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 441-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux d'aménagement impliquent la démolition de constructions dans un secteur où un permis de démolir est obligatoire, la demande de permis d'aménager peut porter à la fois sur l'aménagement du terrain et sur le projet de démolition. "

14. Ainsi qu'il a été dit au point 11, il ressort des pièces du dossier que l'ancien parking, que le projet autorisé par le permis d'aménager contesté a vocation à remplacer dans le cadre d'un projet de piétonnisation de l'allée du Champ de Bataille, n'était pas situé sur le même emplacement. Par suite, dès lors que l'aménagement du projet ne nécessitait par lui-même aucun travaux de démolition, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L 441-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

15. En quatrième lieu, si M. A invoque la méconnaissance de la convention d'Aarhus du 25 juin 1998 sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement, il ne précise pas les stipulations de cette convention qu'il entend invoquer alors qu'eu égard à leur contenu, ces stipulations ne produisent pas toutes des effets directs en droit interne permettant de les invoquer utilement. Dans ces conditions, son moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées :/ 1° Les procédures suivantes : / a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ; / b) La modification du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme soumise à évaluation environnementale ; / c) La mise en compatibilité du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme soumise à évaluation environnementale ; /d) L'élaboration et la révision de la carte communale soumises à évaluation environnementale ; / 2° La création d'une zone d'aménagement concerté ;/ 3° Les projets et opérations d'aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie, notamment ceux susceptibles d'affecter l'environnement, au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, ou l'activité économique, dont la liste est arrêtée par décret en Conseil d'Etat ; /4° Les projets de renouvellement urbain. ". Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme : " Les projets de travaux ou d'aménagements soumis à permis de construire ou à permis d'aménager, autres que ceux mentionnés au 3° de l'article L. 103-2, situés sur un territoire couvert par un schéma de cohérence territoriale, par un plan local d'urbanisme ou par un document d'urbanisme en tenant lieu ou par une carte communale peuvent faire l'objet de la concertation prévue à l'article L. 103-2. Celle-ci est réalisée préalablement au dépôt de la demande de permis, à l'initiative de l'autorité compétente pour statuer sur la demande de permis ou, avec l'accord de celle-ci, à l'initiative du maître d'ouvrage. () " Enfin aux termes de l'article L. 120-1 du code de l'environnement : " I. - La participation du public à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement est mise en œuvre en vue : / 1° D'améliorer la qualité de la décision publique et de contribuer à sa légitimité démocratique ; / 2° D'assurer la préservation d'un environnement sain pour les générations actuelles et futures ; () "

17. Pour contester l'arrêté attaqué, M. A soutient que la participation du public n'a pas été sollicitée alors que le projet en raison de la réalisation d'un parking accueillant des véhicules motorisés et de l'abattage des arbres qui étaient situés sur l'emprise du projet, entraine une atteinte à l'environnement.

18. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est un permis d'aménager qui a pour seul objet de réaliser un parc de stationnement de trente places sur un terrain vierge. Compte tenu de son objet, le permis d'aménager litigieux n'entre pas dans le champ d'application du 3° de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme. En outre, si le requérant soutient que la délivrance du permis d'aménager attaqué n'a pas été précédée de la concertation prévue par les dispositions précitées de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, il ressort de ces dispositions qu'une telle concertation ne présente qu'un caractère facultatif. M. A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 120-1 du code de l'environnement dès lors que le projet ne relève d'aucune procédure de concertation préalable prévue par le code de l'urbanisme. Enfin, en se bornant à faire état de la présence de véhicule motorisé et de l'artificialisation de la surface du parking, M. A ne fait état d'aucun élément de nature à justifier que le permis d'aménager rentre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de participation du public ne peut qu'être écarté.

19. En sixième lieu, à supposer que M. A, qui soutient que la décision attaquée n'a pas été précédée d'une " enquête environnementale ", entende se prévaloir du défaut d'évaluation environnementale, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué, que le projet devait faire l'objet d'une évaluation environnementale en application de l'article R. 122-2 du code de l'environnement. M. A ne se prévaut en outre d'aucune disposition de nature à établir que le permis contesté devait être précédé d'une évaluation environnementale. M. A ne peut, à cet égard, utilement se prévaloir des dispositions de la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, relatives à la prise en compte des continuités écologiques, pour soutenir que le projet contesté devait être précédé d'une évaluation environnementale. Par suite, le moyen tiré du défaut d'évaluation environnementale doit être écarté.

20. En septième lieu, d'une part, aux termes de l'article N1.1. du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg : " la zone N est une zone protégée où seules peuvent être autorisés : N1.1.Interdiction et limitation de certains usages et affectations des sols, constructions et activités, destinations et sous-destinations. La zone N est une zone protégée, où seuls peuvent être autorisés : Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation forestière. / Les extensions de moins de 20% et les annexes de moins de 40 m² d'emprise au sol des habitations existantes, dès lors que ces extensions ou annexes ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. / Les abris pour animaux, à condition d'être liés à une exploitation agricole. Les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière du terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages. En particulier :/ Les constructions et installations nécessaires à l'implantation des différents réseaux de distribution (eau potable, électricité, gaz, téléphone, télédiffusion, assainissement, traitement des déchets, etc.), sous réserve qu'elles s'intègrent dans l'environnement existant ou projeté. / Les aménagements, installations, affouillements ou exhaussements de sol liés aux travaux hydrauliques de régulation des ruissellements d'eaux pluviales. () " Aux termes du règlement du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg : " Destination " équipements d'intérêt collectif et services publics " / La destination de construction " équipements d'intérêt collectif et services publics " comprend les six sous-destinations suivantes : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, autres équipements recevant du public. "

21. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres./ Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent. " Aux termes des dispositions générales du plan local d'urbanisme de la commune : " 2.1. Espaces boisés / Les espaces boisés identifiés au titre de l'article L151-23 du code de l'urbanisme sont protégés : ils ne pourront être supprimés (défrichement) que si cette suppression est compensée par la création d'un nouveau boisement d'essences locales de surface comparable. / N2.4.Traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions / () / Les parcs de stationnement à l'air libre de plus de 10 places doivent faire l'objet d'un traitement paysager (plates-bandes engazonnées et plantées d'arbres et d'arbustes, petites haies, massifs buissonnants) destiné à les diviser et à les masquer depuis les voies publiques. / La protection des noues, fossés, mares, talus, haies, plantations existantes doit être assurée au maximum ; Les coupes et abattages d'arbres protégés au titre de l'article L151-23, sans compensation par la plantation d'arbres à développement équivalent, sont interdits. "

22. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux prévoit la réalisation, à l'extrémité sud de la parcelle cadastrée D121, classée en zone N du règlement graphique du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg, d'un parc de stationnement de trente véhicules, entouré par des haies et un talus. L'ensemble de la parcelle est identifié comme un espace boisé classé en application de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, en raison de l'alignement des arbres le long de l'allée du champ de Bataille jusqu'au Château du champ de Bataille. Si M. A fait valoir que le projet ne constitue pas une construction autorisée en zone N, il ressort des pièces du dossier que le projet n'emporte l'édification d'aucune construction, mais l'installation d'un parc de stationnement. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, compte tenu de la nature de projet, qui permet notamment le stationnement des véhicules des visiteurs à proximité de l'allée du champ de Bataille, le projet peut être regardé, comme une installation nécessaire à des équipements collectifs, et est ainsi autorisée par les dispositions de l'article N.1. du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'atteinte à une activité agricole par le projet dès lors que la parcelle d'assiette du projet n'est le siège d'aucune activité agricole. Si M. A fait état de ce que le projet emporte une artificialisation des sols notamment en raison de l'abattage des arbres situés dans l'alignement de l'allée du champ de Bataille, il est constant les arbres de l'allée du champ de Bataille ont fait l'objet d'une décision d'urbanisme distincte autorisant leur abattage, partiellement annulée par le tribunal administratif de Rouen le 10 mars 2022 et la cour administrative d'appel le 23 novembre 2023 et que la décision attaquée n'autorise quant à elle l'abattage d'aucun d'arbre, mais seulement l'aménagement d'un parking en " pierre-terre " d'une surface de 80 m² à l'extrémité de sud de la parcelle. Compte tenu de l'aménagement du parking, et notamment la présence de haies et de talus autour des places de parking, de sa faible surface par rapport à l'ensemble de la parcelle D121, et particulièrement dès lors que le projet ne prévoit l'abattage d'aucun arbre, le projet ne porte pas une atteinte aux espaces naturels et aux paysages contraire aux dispositions précitées des articles N1.1 et N2.4 du règlement du plan local d'urbanisme ni à l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux fasse obstacle à la replantation de certains arbres le long de l'allée.

23. En huitième lieu, si M. A soutient que le projet méconnait la 4ème orientation du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du plan local d'urbanisme de la commune du Neubourg, les dispositions du PADD ne sont pas directement opposables aux autorisations de construire ou aux permis d'aménager. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet serait incompatible avec ce document ne peut être accueilli.

24. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. ".

25. Si l'arrêté préfectoral du n°2021-0001 du 12 février 2021 a créé, en application de l'article L. 621-31 du code du patrimoine, un périmètre délimité des abords de l'église du Neubourg, du Vieux Château et du Château du champ de bataille dans lequel est situé la parcelle d'assiette du projet, il ressort des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France a donné son accord au projet le 15 avril 2022. En outre, le projet qui ne comprend aucune construction mais seulement des aménagements pour réaliser trente places de parking ne portera pas atteinte, par lui-même, à l'alignement des arbres de l'allée du champ de Bataille et ne fait nullement obstacle à une continuité visuelle ainsi qu'au maintien du cône de vue de l'allée du champ de Bataille invoqué par le requérant. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au périmètre délimité des abords du Château du champ de Bataille doit être écarté.

26. En dixième et dernier lieu, M. A doit être regardé comme invoquant l'autorité absolue de la chose jugée du jugement n° 2100356 du 10 mars 2022, par lequel le tribunal administratif de Rouen a annulé les arrêtés des 4 et 15 décembre 2020 du maire de la commune du Neubourg ne s'opposant pas à la déclaration préalable déposée en vue de l'abattage de cent soixante-sept hêtres sur l'allée du champ de Bataille en tant que ces arrêtés n'ont pas limité l'autorisation d'abattage accordée à trente arbres sur cent soixante-sept, jugement confirmé par l'arrêt n°22DA01029 de la cour administrative de Douai du 23 novembre 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la présente requête, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrête 18 mai 2022 autorisant la réalisation d'un parking ne présente ni une identité d'objet, ni de cause, ni de parties avec le jugement n°2100356. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le projet litigieux ferait obstacle à l'exécution de l'arrêt de la cour administrative de Douai. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité absolue de la chose jugée doit être écarté.

27. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 mai 2022 du maire de la commune du Neubourg délivrant le permis d'aménager pour la construction d'un parc de stationnement de trente places doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles présentées aux fins d'injonction.

Sur les frais d'instance :

28. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme que la commune du Neubourg demande en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune du Neubourg présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune du Neubourg.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

M. Bellec, premier conseiller,

et Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

B. Esnol

La présidente,

C. Galle La greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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