lundi 22 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEROUX - BOSTYN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 octobre 2022, 7 avril 2023, 30 juin 2023 et 17 octobre 2023, M. A C, représenté par Me André, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la région Normandie a autorisé tacitement Mme D C à exploiter les parcelles ZA 1, 23, 24 et 25 situées sur le territoire de la commune de Brosville et les parcelles ZA 3 et 4 situées sur le territoire de la commune de Tourneville ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A C soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que le délai de recours contentieux n'est pas opposable au regard, d'une part, du défaut d'affichage en mairie de la copie de l'accusé de réception de la demande présentée par Mme D C et, d'autre part, du défaut de mention des voies et délais de recours dans cet accusé de réception ;
- il bénéficie d'un rang de priorité supérieur en tant que preneur en place ;
- l'opération d'installation de Mme D C compromet la viabilité de son exploitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le préfet de la région Normandie, conclut à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet. Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars 2023, 23 mai 2023 et 27 septembre 2023, Mme D C et M. B C, représentés par Me Leroux-Bostyn, concluent à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet, et à ce que soit mis à la charge de M. A C la somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable au regard de sa tardiveté ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me André, représentant M. A C.
Mme D C, M. B C et le préfet de la région Normandie n'étaient ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C a adressé au préfet de la région Normandie une demande d'exploiter les parcelles ZA 1, 23, 24 et 25 situées sur le territoire de la commune de Brosville et les parcelles ZA 3 et 4 situées sur le territoire de la commune de Tourneville, laquelle a fait l'objet d'un accusé de réception le 3 mars 2022. Dans la présente instance, M. A C, preneur auquel il a été donné congé le 15 mars 2021 mais dont la contestation du congé est pendante devant le juge compétent, demande d'annuler la décision par laquelle le préfet de la région Normandie a autorisé tacitement Mme D C à exploiter les parcelles demandées.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime : " () III. - Le préfet notifie sa décision aux demandeurs, aux propriétaires et aux preneurs en place par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé. Cette décision fait l'objet d'un affichage à la mairie de la commune sur le territoire de laquelle sont situés les biens. Elle est publiée au recueil des actes administratifs. A défaut de notification d'une décision dans le délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier ou, en cas de prorogation de ce délai, dans les six mois à compter de cette date, l'autorisation est réputée accordée. En cas d'autorisation tacite, une copie de l'accusé de réception mentionné à l'article R. 331-4 est affichée et publiée dans les mêmes conditions que l'autorisation expresse ". Aux termes de l'article R. 331-4 du code précité : " () Le service chargé de l'instruction fait procéder à la publicité de la demande d'autorisation d'exploiter dans les conditions prévues à l'article D. 331-4-1. Cette publicité porte sur la localisation des biens et leur superficie, ainsi que sur l'identité des propriétaires ou de leurs mandataires et du demandeur () ". Aux termes de l'article D. 331-4-1 du même code : " La publicité prévue à l'article R. 331-4 précise la date de l'enregistrement de la demande et indique la date limite de dépôt des dossiers de demande d'autorisation. / Les demandes d'autorisation d'exploiter sont affichées pendant un mois à la mairie des communes où sont situés les biens qui font l'objet de la demande et publiées sur le site de la préfecture chargée de l'instruction. / A l'expiration du délai de publicité, il est dressé la liste de toutes les candidatures enregistrées pour un même bien. ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime qu'en cas de délivrance d'une autorisation tacite d'exploiter, doit uniquement faire l'objet d'une publication par voie d'affichage à la mairie de la commune et d'une publication au recueil des actes administratifs l'accusé de réception mentionné à l'article R. 331-4 du code rural et de la pêche maritime. Aucune notification de cet accusé de réception, même au preneur en place, n'est obligatoire.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation d'exploiter présentée par Mme D C a fait l'objet d'une autorisation tacite le 25 juillet 2022, à défaut de notification d'une décision dans le délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier complet le 25 février 2022. D'une part, l'accusé de réception de la demande de Mme D C a été intégralement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Normandie du 22 juillet 2022. Par ailleurs, le service instructeur a procédé à la publication portant sur la localisation des biens et leur superficie, ainsi que sur l'identité du propriétaire et du demandeur sur le site de la préfecture de l'Eure jusqu'au 24 mai 2022. D'autre part, les certificats d'affichage produits par le maire de Tourneville le 29 août 2022 et le maire de Brosville le 5 janvier 2023 attestent de l'affichage de la demande d'autorisation d'exploiter présentée par Mme C pendant une durée de deux mois à compter respectivement du 27 juin 2022 et du 28 juin 2022, conformément aux dispositions de l'article D. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime. Contrairement à ce que soutient le requérant, la circonstance que les certificats ont trait à la liste des parcelles de la commune pour lesquelles une autorisation d'exploiter a été déposée ne fait pas obstacle à ce qu'ils doivent être regardés comme portant sur l'accusé réception mentionné à l'article R. 331-6 du code précité. En outre, M. A C ne peut utilement se prévaloir de l'absence d'indication des voies et délais de recours dans la notification de la décision attaquée, règle qui ne s'applique qu'à une décision devant être notifiée au demandeur lorsque sa demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les formalités d'affichage et de publicité n'ont pas été régulièrement accomplies. Dès lors, le délai du recours contentieux de deux mois ouvert aux tiers a commencé à courir à compter de la plus tardive de ces dates, soit le 22 juillet 2022. Le délai de recours contentieux pour contester l'autorisation tacite d'exploiter délivrée à Mme D C expirait donc au plus tard le 23 septembre 2022. Par suite, la requête de M. A C, enregistrée au greffe du tribunal le 21 octobre 2022, est tardive et il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A C la somme demandée par Mme D C et M. B C sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A C sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme D C et M. B C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme D C, à M. B C et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée au préfet de la région Normandie.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder présidente,
- M. Armand premier conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 avril 2024.
La rapporteure,
Signé :
L.FAVRE
La présidente,
Signé :
C.VAN MUYLDER Le greffier,
Signé :
J.-B. MIALON
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026