mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2022, un mémoire, enregistré le 6 mai 2024, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 31 mai 2024, Mme B A, représentée par la SCP Vallée-Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle sa demande d'exercice à temps partiel pour l'année scolaire 2022-2023 lui a été refusée, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- la décision initiale a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de l'entretien prévu par les dispositions de l'article L. 612-2 du code général de la fonction publique ;
- cette décision ne repose sur aucun motif ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision de rejet de son recours gracieux n'est pas motivée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la rectrice de la région académique Normandie conclut au rejet de la requête.
La rectrice soutient :
- à titre principal, que la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Souty, substituant Me Languil, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure agrégée de sciences économiques et sociales au lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux, a demandé à la rectrice de la région académique de Normandie l'autorisation d'exercer ses fonctions à temps partiel pendant l'année scolaire 2022-2023. Elle demande au tribunal d'annuler le refus implicite opposé à cette demande ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, les décisions implicites en litige ont nécessairement été prises par la rectrice de la région académique de Normandie, compétente pour la gestion des personnels enseignants et notamment les autorisations d'exercice à temps partiel. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ces actes doit être écarté.
3. En deuxième lieu, une décision implicite n'est pas illégale du seul fait qu'elle est dépourvue de motivation. Mme A, qui n'a pas demandé la communication des motifs de la décision implicite initialement prise par la rectrice mais seulement des motifs du rejet de son recours gracieux, n'est donc pas fondée à soutenir que la décision de la rectrice n'est pas motivée. En outre, la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'insuffisante motivation de la décision implicite rejetant son recours gracieux, les vices propres de cette décision ne pouvant être utilement invoqués.
4. En troisième lieu, en se bornant à soutenir que la production de la copie d'écran de l'agenda du proviseur lycée Delamare-Deboutteville n'établit pas qu'un entretien conforme aux dispositions de l'article L. 612-2 du code général de la fonction publique aurait eu lieu, la requérante n'apporte pas de commencement de preuve qu'elle n'aurait pas été reçue par le proviseur de son lycée pour évoquer sa demande de temps partiel, tant le 14 décembre 2021 que le 7 février 2022. En tout état de cause, Mme A, qui n'a pas été privée d'une garantie, ne fait pas état d'observation qu'elle aurait été amenée à formuler et qui auraient été de nature à influer sur la décision de la rectrice. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté.
5. En dernier lieu, Mme A ne conteste pas sérieusement que la quotité horaire d'enseignement en sciences économiques accordée au lycée Delamare-Deboutteville couvre, à hauteur de 33 heures, les besoins de l'établissement et que, compte tenu de l'éloignement du lycée et le faible nombre d'heures à remplacer, aucun remplacement ne pouvait être attendu. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que le refus de lui accorder une autorisation d'exercice à temps partiel est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle sa demande d'exercice à temps partiel pour l'année scolaire 2022-2023 lui a été refusée et de la décision implicite rejetant son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise, pour information, à la rectrice de la région académique de Normandie.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
H. JEANMOUGIN
Le président,
P. MINNE
Le président,
P. MINNE Le greffier,
N. BOULAY
N°2204624
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