jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Elatrassi, demande au tribunal :
1) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 4 novembre 2022 par laquelle le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration l'a informée qu'elle devait quitter le lieu d'hébergement qu'elle occupait à compter du 30 novembre 2022 ;
3) d'enjoindre au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen de sa situation sans délai à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'auteur de la décision ne justifie pas de sa compétence ;
- l'information prévue à l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui a pas été délivrée ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions combinées des articles L. 551-16, D. 551-18 et L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car dirigée contre un acte ne constituant pas une décision faisant grief ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Dujardin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, née en 1985 à Khartoum, ressortissante soudanaise, est entrée irrégulièrement en France selon ses déclarations et s'est présentée le 24 décembre 2021 à la préfecture de la Seine-Maritime pour y déposer une demande d'asile. Sa demande a été placée en procédure dite " Dublin " et elle a fait l'objet d'un arrêté de transfert vers l'Allemagne du 15 février 2022, annulé par le magistrat désigné du tribunal administratif de Rouen du 29 mars 2022, motif pris de l'erreur manifeste d'appréciation commise par l'autorité administrative en refusant de faire usage des dispositions de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013. Par une décision du 14 octobre 2022, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a estimé que la demande d'asile de Mme A était irrecevable et, par un courrier du 4 novembre 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a informée de ce qu'elle devait quitter le lieu d'hébergement qu'elle occupait avant le 30 novembre suivant. Par la présente requête, Mme A demande à titre principal l'annulation de la décision révélée par ce courrier.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 21 décembre 2022, Mme A s'est vue accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que le tribunal lui accorde, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle se sont trouvées, en cours d'instance, privées d'objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les autres conclusions :
3. En premier lieu, la décision a été signée par l'adjointe au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Rouen qui disposait à cet effet d'une délégation consentie par une décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 24 octobre 2022.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que contrairement à ce qu'elle soutient, Mme A s'est vue délivrer les informations prévues à l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; par suite et en tout état de cause, le moyen manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, la décision en litige énonce les considérations de droit et de fait qui la fondent et est, ainsi, suffisamment motivée.
6. En quatrième lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision attaquée n'étant pas fondée sur ces dispositions.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A ne conteste pas s'être vue reconnaitre une protection internationale par un autre pays de l'Union et que plusieurs membres de sa famille résident en France, de sorte qu'elle n'est pas isolée sur le territoire français. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de sortie de l'OFII du 4 novembre 2022. Par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Elatrassi et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Boulay, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
Robin Mulot
La présidente,
signé
Anne Gaillard
Le greffier,
signé
Nicolas Boulay
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2204801
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026