mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2205135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | HUON SARFATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 décembre 2022, M. D A demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 4 octobre 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Gisors a rectifié la délibération du 5 avril 2022 portant création d'un poste d'ingénieur dans le cadre d'un contrat de projet ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, le contrat à durée déterminée, signé le 29 août 2022, dans le cadre de ce contrat de projet.
Il soutient que :
- la délibération attaquée du 4 octobre 2022 ne peut être regardée comme présentant seulement un caractère rectificatif compte tenu des modifications apportées s'agissant notamment du champ d'intervention de l'agent contractuel recruté, de la quotité de travail et de la rémunération prévus ;
- le contrat attaqué a été signé dès le 29 août 2022, alors que la délibération précitée, au regard de laquelle il a été conclu, n'a été approuvée que le 4 octobre ;
- il reconnaît le cumul de deux emplois dont l'un à temps plein.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2023, la commune de Gisors, représentée par la SELARL Huon et Sarfati, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 4 octobre 2022 sont irrecevables en raison de leur tardiveté, et à défaut, aucun des moyens invoqués à leur soutien n'est fondé ;
- aucun moyen invoqué au soutien du surplus des conclusions à fin d'annulation n'est fondé.
La requête a été communiquée à Mme C B, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2020-69 du 30 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me Huon, représentant la commune de Gisors.
Les autres parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 5 avril 2022, le conseil municipal de la commune de Gisors a approuvé la création d'un emploi d'ingénieur territorial dans le cadre d'un contrat de projet. M. A demande l'annulation de la délibération du 4 octobre 2022 par laquelle le conseil municipal a procédé à sa rectification, ainsi que du contrat à durée déterminée, signé le 29 août 2022, dans le cadre du contrat de projet précité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du 4 octobre 2022 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () "
3. Par exception aux dispositions précitées, le délai de recours contre l'acte réglementaire approuvé par un organe délibérant court, à l'égard de ses membres, à compter de la date de la séance au cours de laquelle cet acte a été approuvé, dès lors qu'ils y ont été régulièrement convoqués, alors même qu'ils n'y ont pas assisté.
4. Ainsi que l'oppose la commune de Gisors, il ressort des mentions de l'extrait du registre des délibérations, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que M. A, qui n'allègue au demeurant pas y avoir été irrégulièrement convoqué, a assisté à la séance au cours de laquelle a été adoptée la délibération attaquée du 4 octobre 2022. Le délai de recours a ainsi commencé à courir à son égard à compter de cette date. Dans ces conditions, les conclusions tendant à son annulation que comporte la requête de l'intéressé, qui n'a été enregistrée que le 7 décembre 2022, après l'expiration d'un délai de deux mois suivant le 4 octobre 2022, sont tardives et dès lors irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en ce sens par la commune de Gisors doit par suite être accueillie.
En ce qui concerne le contrat à durée déterminée du 1er septembre 2022 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-1 du code général de la fonction publique : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement mentionné à l'article L. 4 sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. () " Aux termes de l'article L. 332-24 du même code : " Les administrations de l'Etat et ses établissements publics autres que ceux à caractère industriel et commercial, les collectivités et établissements mentionnés à l'article L. 4 et les établissements mentionnés à l'article L. 5 peuvent, pour mener à bien un projet ou une opération identifiés, recruter un agent par un contrat à durée déterminée dont l'échéance est la réalisation du projet ou de l'opération ".
6. Sauf s'il présente un caractère fictif ou frauduleux, le contrat de recrutement d'un agent contractuel de droit public crée des droits au profit de celui-ci. Lorsque le contrat est entaché d'une irrégularité, notamment parce qu'il méconnaît une disposition législative ou réglementaire applicable à la catégorie d'agents dont relève l'agent contractuel en cause, l'administration est tenue de proposer à celui-ci une régularisation de son contrat afin que son exécution puisse se poursuive régulièrement. Si le contrat ne peut être régularisé, il appartient à l'administration, dans la limite des droits résultant du contrat initial, de proposer à l'agent un emploi de niveau équivalent, ou, à défaut d'un tel emploi et si l'intéressé le demande, tout autre emploi, afin de régulariser sa situation. Si l'intéressé refuse la régularisation de son contrat ou si la régularisation de sa situation, dans les conditions précisées ci-dessus, est impossible, l'administration est tenue de le licencier.
7. Si, ainsi que le soutient M. A, le contrat attaqué ne pouvait être signé avant que le conseil municipal n'approuve les modifications apportées aux caractéristiques de l'emploi d'ingénieur territorial créé par la délibération du 5 avril 2022, sauf à méconnaître les dispositions de l'article L. 313-1 citées au point 5, cette irrégularité ne fait pas obstacle à ce que, par la délibération du 4 octobre 2022, le conseil municipal ait, en approuvant les modifications précitées, régularisé la situation de l'agent contractuel recruté sur l'emploi en cause. Ce moyen doit par suite être écarté.
8. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que l'emploi d'ingénieur territorial créé par la délibération du 5 avril 2022, puis modifié par celle du 4 octobre 2022, vise à assister, dans le cadre du projet de redynamisation de la ville " Gisors 2030 ", les services techniques communaux afin de veiller au bon déroulement et à la livraison des opérations qu'il programme, et ce dans les délais impartis. S'il est constant que l'agent contractuel recruté pour occuper cet emploi est déjà employé à temps plein par le département de l'Eure, cet agent avait obtenu de ce dernier, le 15 juillet 2022, antérieurement à sa signature, une autorisation pour exercer auprès de la commune de Gisors l'activité accessoire en cause dans les conditions prévues par l'article L. 123-7 du code général de la fonction publique et le décret du 30 janvier 2020 susvisé. Ce moyen doit, par suite et en tout état de cause, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du contrat à durée déterminée du 29 août 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à la commune de Gisors et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Berthet-Fouqué, président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
J. Cotraud
Le président,
J. Berthet-FouquéLe greffier,
J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026