LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2205236

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2205236

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2205236
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1 ère Chambre
Avocat requérantLE CAAB

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté les requêtes de la SAS Elbeuf Distribution, qui contestait le refus de l'inspecteur du travail et du ministre du travail d'autoriser le licenciement de M. D B, un salarié protégé. La société invoquait notamment un défaut de contradictoire dans l'enquête, un défaut de motivation, et une erreur d'appréciation sur la réalité et la gravité des faits de harcèlement sexuel reprochés. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, confirmant ainsi les décisions administratives de refus d'autorisation de licenciement. Les décisions ont été rendues sur le fondement du code du travail et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête, enregistrée le 27 juin 2022 sous le n° 2202648, et un mémoire enregistré le 13 mars 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Elbeuf Distribution, représentée par la SELARL Pointel et Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 avril 2022 de l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle 76-2 Rouen Sud ayant refusé l'autorisation de licenciement de M. D B et l'article 2 de la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a refusé cette autorisation ;

2°) d'enjoindre au ministre en charge du travail, à titre principal, d'autoriser le licenciement de M. B ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande d'autorisation de le licencier, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SAS Elbeuf Distribution soutient que :

* la décision de l'inspecteur du travail :

- prend en compte des témoignages recueillis au cours de l'enquête réalisée par l'inspecteur du travail qui n'ont pas été soumis à son contradictoire ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle refuse de reconnaître que M. B a commis des faits de harcèlement sexuel sur le temps de travail ;

- est entachée d'erreurs dans l'appréciation de la réalité et de la gravité des faits motivant le licenciement.

* la décision du ministre :

- est entachée d'un vice de procédure dès lors que le défaut de contradictoire n'a pas été régularisé dans le cadre de l'instruction du recours hiérarchique ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle a exigé le caractère volontaire des négligences professionnelles pour les regarder comme fautives ;

- est entachée d'erreurs dans l'appréciation de la réalité et de la gravité des faits motivant le licenciement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mars 2023 et le 29 mars 2024, M. D B, représenté par la SELARL Le Caab, conclut :

1°) au non-lieu à statuer sur la décision de l'inspecteur du travail et au rejet du surplus de la requête ;

2°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS Elbeuf Distribution.

M. B soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, la ministre du travail, de la santé et des solidarités conclut au rejet de la requête.

La ministre soutient que :

- les moyens invoqués contre la décision de l'inspecteur du travail sont inopérants ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

II./ Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2022 sous le n° 2205236, et un mémoire enregistré le 13 mars 2024, la SAS Elbeuf Distribution, représentée par la SELARL Pointel et Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'article 2 de la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a refusé l'autorisation de licencier M. D B ;

2°) d'enjoindre au ministre en charge du travail, à titre principal, d'autoriser le licenciement de M. B ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de la demande d'autorisation de le licencier, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SAS Elbeuf Distribution soutient que la décision du ministre :

- est entachée d'un vice de procédure dès lors que le défaut de contradictoire dont a été entachée l'enquête de l'inspecteur du travail n'a pas été régularisé dans le cadre de l'instruction du recours hiérarchique ;

- est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle a exigé le caractère volontaire des négligences professionnelles pour les regarder comme fautives ;

- est entachée d'erreurs dans l'appréciation de la réalité et de la gravité des faits motivant le licenciement.

Par des mémoires en défense enregistrés le 31 mars 2023 et le 29 mars 2024, M. D B, représenté par la SELARL Le Caab, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS Elbeuf Distribution.

M. B soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 février 2024, la ministre du travail, de la santé et des solidarités conclut au rejet de la requête.

La ministre soutient que :

- les moyens invoqués contre la décision de l'inspecteur du travail sont inopérants ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,

- les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique,

- les observations de Me Corroyer, pour la SAS Elbeuf Distribution,

- et les observations de Me Berbra, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Elbeuf Distribution, exploitant sous l'enseigne Leclerc un commerce de détail essentiellement alimentaire, demande au tribunal, par sa requête n° 2205236, d'annuler la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a refusé l'autorisation de licenciement de M. B et, par sa requête n° 2202648, d'annuler cette décision ainsi que la décision du 26 avril 2022 de l'inspecteur du travail refusant l'autorisation de licenciement.

2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2202648 et 2205236 concernent la situation d'un même salarié protégé, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

3. Il ressort des pièces du dossier que, saisie par la SAS Elbeuf Distribution d'un recours hiérarchique contre la décision du 26 avril 2022 de l'inspecteur du travail refusant l'autorisation de licenciement de M. B, membre du comité social et économique (CSE), conseiller du salarié et délégué syndical, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a, le 24 octobre 2022, annulé la décision de l'inspecteur et refusé l'autorisation de licenciement de M. B. En annulant la décision de l'inspecteur du travail, par une décision au demeurant devenue définitive faute d'avoir été attaquée, et en instruisant de nouveau la demande de la société Elbeuf Distribution, le ministre du travail a substitué sa propre appréciation à celle de l'inspecteur dont la décision a disparu de l'ordonnancement juridique. Il s'en suit qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 26 avril 2022.

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2421-4 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat. () "

5. Aucune règle ni aucun principe ne fait obligation au ministre chargé du travail, saisi d'un recours hiérarchique sur le fondement des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail, de procéder lui-même à une enquête contradictoire. Il en va toutefois autrement si l'inspecteur du travail n'a pas lui-même respecté les obligations de l'enquête contradictoire et que, par suite, le ministre annule sa décision et statue lui-même sur la demande d'autorisation.

6. Si la société requérante soutient n'avoir pas eu connaissance de plusieurs témoignages, il ressort d'abord des pièces du dossier que le témoignage de Mme A sur lequel s'est fondé le ministre est celui que l'intéressée avait livré à la commission d'enquête demandée par la société elle-même à des membres du CSE et dont elle a été informée de la teneur. Ensuite, les services du ministère du travail ont informé la société en août 2022 de la teneur de l'échange téléphonique ayant eu lieu entre ces services et Mme C, du fait qu'aucun geste ou propos à caractère sexuel n'avait été caractérisé et que la société requérante, qui n'avait pas à être mise à même d'assister à cet échange, n'a pas présenté d'observations en dépit de l'invitation qui lui avait été adressée. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre aurait pris sa décision en considération des témoignages de Mmes E, Veira Coelho, Lerouge, Maillard, Teurquety, Premel et Leloup ainsi que de MM. Vannier et Chedru, dont la plupart étaient au demeurant mentionnés dans le rapport de la commission d'enquête interne à la société requérante. Cette dernière n'est donc pas fondée à soutenir qu'elle n'a pas été suffisamment informée des éléments pris en compte par le ministre en charge du travail pour instruire sa demande et que la procédure aurait été irrégulière.

7. En deuxième lieu, si le ministre a estimé, à propos des manquements aux règles de balisage des produits reprochés à M. B, que " en l'absence d'éléments démontrant le caractère volontaire des négligences commises par le salarié, les faits établis ne sont pas fautifs ", elle a également relevé que le salarié avait fait valoir des problèmes techniques réguliers, survenus notamment sur un nouveau rayon qui lui avait été récemment attribué en plus de son rayon habituel. Par suite, le ministre s'est fondé, pour refuser de reconnaître à ces faits un caractère fautif, non seulement sur l'absence d'intention de nuire, mais également sur l'absence de preuve que les erreurs de prix constatées ne seraient pas imputables aux seuls dysfonctionnements techniques et n'a, par suite, pas commis d'erreur de droit.

8. En dernier lieu, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

9. Il ressort des pièces du dossier que la société requérante avait fait valoir trois motifs pour justifier le licenciement de M. B, tirés de manquements aux règles de balisage des produits, d'accusations mensongères portées à l'encontre de son président et d'un comportement inapproprié du salarié protégé à l'égard d'une collègue. D'une part, l'employeur, qui n'a opéré que deux relevés des prix dans les rayons placés sous la responsabilité de M. B et dont le second montrait deux fois moins d'erreurs, ne produit aucune pièce démontrant que le taux des erreurs de prix commises dans les rayons en question était significativement plus important que celui observés dans les autres rayons et ne conteste ni les dysfonctionnements techniques fréquents des outils mis à disposition des salariés ni le fait qu'ils seraient susceptibles d'expliquer les erreurs reprochées à son salarié. D'autre part, s'il est suffisamment établi que M. B a adopté un comportement inapproprié, à plusieurs reprises, à l'égard d'une employée, il ne ressort des pièces produites ni que ce comportement aurait porté atteinte à la dignité de cette collègue ou créé à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ni que M. B se serait rendu coupable de formes de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle. Le comportement, gravement inadapté il est vrai, à l'égard du président de la SAS Elbeuf Distribution est cependant resté isolé. Compte tenu de l'ancienneté de plus de vingt ans de M. B dans l'entreprise et de l'absence d'antécédent disciplinaire de l'intéressé, les faits qui lui sont reprochés ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement. La SAS Elbeuf Distribution n'est donc pas fondée à soutenir que la décision du ministre refusant l'autorisation de licenciement de M. B est entachée d'une erreur d'appréciation de la réalité et de la gravité des faits reprochés.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Elbeuf Distribution n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 octobre 2022 du ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en tant qu'elle a refusé l'autorisation de licencier M. B. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SAS Elbeuf Distribution des frais d'instance au profit de M. B.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2202648 dirigées contre la décision de l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle 76-2 Rouen Sud du 26 avril 2022.

Article 2 : Le surplus de la requête n° 2202648, la requête n° 2205236 et les conclusions de M. B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Elbeuf Distribution, à M. D B et à la ministre du travail et de l'emploi.

Copie en sera transmise, pour information, au directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Minne, président,

Mme Jeanmougin, première conseillère,

Mme Ameline, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

H. JEANMOUGIN

Le président,

signé

P. MINNE

Le greffier,

signé

N. BOULAY

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'Emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°s2202648,2205236

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions