mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2205313 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOLER-COUTEAUX & LLORENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 décembre 2022, 14 février 2023, 18 juillet 2023, et 14 février 2024, M. K P, M. M G, Mme E D, M. J F, M. C I, Mme A H et Mme L O, représentés par Me Hoedts, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision tacite par laquelle le maire de la commune d'Etretat ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 22 décembre 2021 par M. N B, en vue de l'abattage d'arbres et de la création d'accès sur la parcelle cadastrée 955 située 1, avenue Nungesser et Coli ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Etretat la somme globale de 5 000 euros à leur verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 janvier, 23 février et 30 octobre 2023, M. N B, représenté par Me Soler-Couteaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 février et le 30 novembre 2023, la commune d'Etretat, représentée par Me Tugaut, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier en date du 30 janvier 2023, les requérants ont été invités à justifier de leur intérêt pour agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 décembre 2021, M. N B a déposé une déclaration préalable en vue de l'abattage d'arbres et de la création d'un accès sur la parcelle cadastrée 955 située sur le territoire de la commune d'Etretat au 1, avenue Nungesser et Coli. Le 15 mars 2022, le maire de cette commune a délivré à M. B un certificat de décision de non-opposition tacite à cette déclaration préalable, une telle décision étant née depuis le 22 février 2022. Les requérants doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ( ) ".
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Pour justifier de leur intérêt pour agir, M. P et autres font valoir qu'en raison de la proximité immédiate de leurs habitations par rapport au terrain d'assiette du projet, les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens seront affectées du fait de la réalisation des travaux d'abattage des arbres, de la création d'accès supplémentaires pour des véhicules, et de la perte d'un environnement boisé assurant une protection visuelle, sonore et contre les intempéries, de leurs habitations. Toutefois, si l'une au moins des parcelles appartenant aux requérants jouxte directement le terrain d'assiette du projet, et si deux autres parcelles leur appartenant sont séparées de ce terrain par un simple chemin, les nuisances résultant de la réalisation des travaux en litige, qui consistent en l'abattage, l'élagage et le remplacement d'arbres appartenant en partie à un espace boisé classé, et la création de deux accès à la parcelle, sans aucune construction, ne sont pas de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens par les requérants. A cet égard, la visibilité accrue et la " perte d'intimité " de certaines des maisons des requérants, ou l'accroissement des nuisances sonores du fait du projet en litige ne sont pas suffisamment établies par les pièces du dossier, alors que le projet, qui prévoit l'abattage de 19 arbres, du fait de leur mauvais état de conservation ou afin de permettre la création d'un accès à la parcelle, prévoit également le remplacement de chaque arbre abattu, ainsi que la plantation de 44 arbustes. En outre, alors que la déclaration préalable litigieuse ne prévoit aucune construction sur le terrain, la seule création d'un accès pour véhicules légers depuis le chemin des Fauvettes et d'un accès à vocation temporaire pour les véhicules lourds depuis le bas de ce même chemin, ne permet pas d'établir une augmentation du trafic routier susceptible de créer des nuisances pour les requérants. Enfin, les circonstances que M. B aurait pour projet de créer à l'avenir sur la parcelle litigieuse plusieurs maisons de ville, que les accès à créer dans le dossier de déclaration préalable sont les mêmes que ceux desservant ces futures maisons selon les plans communiqués aux requérants, et que les travaux ayant fait l'objet de la décision de non opposition tacite en litige auraient en réalité pour objet de " préparer " un futur projet de construction présenté de manière tronquée à l'autorité administrative, ne permettent pas, à les supposer établies, de caractériser une atteinte susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens par les requérants par la décision attaquée dans la présente instance.
6. Par suite, les requérants ne sont manifestement pas fondés à soutenir que les travaux en litige affectent directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, et ils ne justifient donc pas de leur intérêt pour agir.
7. Il suit de là que la requête de M. P et autres est entachée d'une irrecevabilité manifeste et peut être rejetée par ordonnance, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros à verser à M. B et une somme de 1 000 euros à verser à la commune d'Etretat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. P et autres est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront à M. B une somme de 1 000 euros et à la commune d'Etretat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. K P, représentant unique de l'ensemble des requérants, à M. N B et à la commune d'Etretat.
Fait à Rouen, le 3 septembre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026