mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2300333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | BESTAUX BONVOISIN MATRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 20 janvier 2023 et le 8 mars 2024, Mme C B, épouse A, représentée par Me Matray, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 9 juin 2022 par laquelle le président de l'université de Rouen Normandie a rejeté sa demande de changement de branche d'activités professionnelles (BAP) ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 21 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'université de Rouen Normandie de lui octroyer le changement de BAP sollicité dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Rouen Normandie une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision lui refusant un changement de BAP, de la BAP J à la BAP D définies par l'arrêté du 1er février 2002 fixant la liste des branches d'activités professionnelles et des emplois types dans les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et les établissements publics scientifiques et technologiques, ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieur dès lors qu'elle a une incidence sur ses perspectives de carrière et sur sa rémunération ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle exerce principalement, depuis l'année 2016, des activités relevant de la BAP D.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2024, l'université de Rouen Normandie conclut au rejet de la requête.
L'université soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle tend à l'annulation d'un acte qui constitue une simple mesure d'ordre intérieur, insusceptible de faire grief à Mme A ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 14 mars 2024 fixant la clôture de l'instruction au 15 avril 2024 à 12h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 83-1260 du 30 décembre 1983 ;
- l'arrêté du 1er février 2002 fixant la liste des branches d'activités professionnelles et des emplois types dans les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et les établissements publics scientifiques et technologiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Vaillant, conseiller,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, intégrée en 2006 dans le corps des ingénieurs de recherche, est affectée à l'université de Rouen Normandie et, depuis le 18 avril 2016, à l'institut de recherche inter-disciplinaire Homme Société (IRHIS), en qualité d'ingénieure partenariats et humanités numériques. Ce poste relève, selon le référentiel des métiers de la recherche et de l'enseignement supérieur (REFERENS), de la BAP J, intitulée " gestion et pilotage ", visée à l'article 1er de l'arrêté du 1er février 2002 fixant la liste des branches d'activités professionnelles et des emplois types dans les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et les établissements publics scientifiques et technologiques. Elle a sollicité, au mois de mars 2022, son changement de BAP vers la BAP D visée à ce même article, intitulée " sciences humaines et sociales ". Sa demande a été rejetée par une décision du président de l'université de Rouen Normandie du 9 juin 2022, contre laquelle Mme A a formé un recours gracieux le 21 septembre 2022, reçu le 23 septembre 2022, laissé sans réponse. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 9 juin 2022 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 60 du décret du 30 décembre 1983 fixant les dispositions statutaires communes aux corps de fonctionnaires des établissements publics scientifiques et technologiques : " Les ingénieurs et les personnels techniques de la recherche de chaque établissement public scientifique et technologique sont répartis en cinq corps : le corps des ingénieurs de recherche, le corps des ingénieurs d'études, le corps des assistants ingénieurs, le corps des techniciens de la recherche et le corps des adjoints techniques de la recherche. () " Aux termes de l'article 61 de ce décret : " Les emplois dans lesquels sont nommés les fonctionnaires appartenant à l'un des corps mentionnés à l'article précédent sont répartis entre les branches d'activité professionnelles. Pour chaque branche d'activité professionnelle, sont définis des emplois types dont chacun correspond à un ensemble de situations de travail que rapprochent l'activité exercée et les compétences exigées. La liste de ces branches ainsi que les listes des emplois types correspondant à chacune de ces branches sont fixées pour chaque corps, après avis du comité technique ministériel, par arrêté conjoint du ministre chargé de l'enseignement supérieur, du ministre chargé de la recherche, du ministre chargé du budget, du ministre chargé de la fonction publique et des ministres chargés de la tutelle des établissements publics scientifiques et technologiques. " Aux termes 63 du même décret : " Les ingénieurs de recherche participent à la mise en œuvre des activités de recherche, de valorisation et de diffusion de l'information scientifique et technique. / Ils orientent et coordonnent les diverses activités techniques et administratives qui concourent à la réalisation d'un programme de recherche. / Ils peuvent être chargés de toutes les études et missions spéciales ou générales. A ce titre, ils peuvent se voir confier des missions de coopération internationale, d'enseignement ou d'administration de la recherche. / Ils peuvent exercer des fonctions d'encadrement dans leur unité de recherche ou service. "
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er février 2002 fixant la liste des branches d'activités professionnelles et des emplois types dans les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et les établissements publics scientifiques et technologiques : " Les branches d'activité professionnelle (BAP) dans lesquelles sont répartis les emplois d'ingénieurs et de personnels techniques de recherche et de formation des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel et les emplois d'ingénieurs et de personnels techniques de la recherche des établissements publics scientifiques et technologiques sont les suivantes : / () BAP D : sciences humaines et sociales ; / () BAP J : gestion et pilotage. " Aux termes de l'article 3 de cet arrêté : " Pour chaque branche d'activité professionnelle, l'emploi type se définit comme le regroupement sous un même identifiant d'un ensemble de situations de travail repérables par des activités identiques ou fortement semblables, dont l'exercice requiert les mêmes compétences (connaissances et savoir-faire). / Chaque emploi type fait l'objet d'une fiche descriptive des activités, des compétences ainsi que de l'environnement et du contexte de travail qui le caractérisent. / La liste des branches d'activité professionnelle ainsi que les fiches d'emplois types susmentionnées sont regroupées au sein du Référentiel des emplois types de la recherche et de l'enseignement supérieur (REFERENS). "
4. En l'espèce, Mme A soutient qu'elle exerce, depuis son affectation à l'IRHIS en avril 2016, des missions correspondant principalement à celles exercées par un ingénieur de recherche relevant de la BAP D, en particulier de l'emploi-type D1C43 " Ingénieur-e de recherche en analyses des sources historiques et culturelles " du REFERENS. Cependant, il ressort des pièces du dossier antérieures à la décision attaquée, notamment du compte-rendu d'entretien professionnel de Mme A pour l'année universitaire 2017-2018 et de la fiche de poste qui y est annexée, que si certaines de ses missions correspondent à des activités relevant de la BAP D, la majorité de celles-ci, relatives au développement des partenariats et la valorisation de la recherche, l'intitulé de son poste figurant sur ces documents étant par ailleurs " ingénieure partenariats et humanités numérique ", relèvent de la BAP J. S'il ressort également de ce compte-rendu d'entretien professionnel que l'intéressée se trouvait dans une démarche de reconversion professionnelle, ayant notamment motivé la prise d'un congé de formation professionnelle en 2015 et 2016 pour la préparation d'un master " histoire des sciences et techniques, médiation culturelle et humanités numériques " et si elle fait valoir qu'elle a réalisé, depuis son affectation à l'IRHIS, de nombreuses missions relevant de la BAP D, les éléments qu'elle produit ne permettent pas d'établir que celles-ci représentaient, par rapport à ses missions de développement des partenariats et valorisation de la recherche, l'essentiel de son activité à la date de la décision litigieuse. En particulier, si elle produit une fiche de poste intitulée " ingénieure de recherche sources et méthodes ", dont les activités correspondent à celles confiées à un agent relevant de la BAP D, cette fiche de poste, datée du 1er mars 2023, est postérieure de plusieurs mois à la décision attaquée. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le président de l'université de Rouen Normandie aurait, en refusant de faire droit à sa demande de changement de la BAP J à la BAP D, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est fondée à demander l'annulation ni de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le président de l'université de Rouen Normandie a refusé de faire droit à sa demande de changement de BAP, ni de celle rejetant implicitement son recours gracieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, épouse A et à l'université de Rouen Normandie.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
A. LE VAILLANT
Le président,
P. MINNELe greffier,
N. BOULAY
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026