mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2301698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | - |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision, portée à sa connaissance par courrier du 14 avril 2023 du directeur de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, par laquelle sa demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active de 1 078,34 euros n'a été acceptée qu'à hauteur de la somme de 215,67 euros ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
Elle soutient qu'elle a de faibles revenus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis mars 2021, doit être regardée comme demandant au tribunal d'une part, d'annuler la décision par laquelle sa demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active de 1 078,34 euros au titre de la période de juin 2021 à novembre 2022 n'a été acceptée qu'à hauteur de la somme de 215,67 euros et, d'autre part, de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-17 du code de l'action sociale et des familles : " Lors du dépôt de sa demande, l'intéressé reçoit de la part de l'organisme auprès duquel il effectue le dépôt, une information sur les droits et devoirs des bénéficiaires du revenu de solidarité active () " et aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 263-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. En outre, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
5. Il résulte de l'instruction que Mme A, qui vit seule, présentait un quotient familial de 295 euros à la date de la décision en litige. Si la requérante fait état de la précarité de sa situation, elle ne conteste pas son quotient familial, ne précise pas le montant de ses ressources et n'apporte aucun justificatif des charges auxquelles elle serait confrontée. Par suite, Mme A n'établit pas être, au jour du jugement, dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas faire face à son obligation de remboursement de sa dette, d'un montant restant dû de 862,67 euros.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à la bonne foi, que Mme A n'est fondée à demander au tribunal ni l'annulation de la décision par laquelle sa demande de remise gracieuse de son indu de RSA a été partiellement rejetée ni la remise gracieuse totale de cet indu.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au département de la Seine-Maritime et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. JEANMOUGINLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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