vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2303021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | DETTORI JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 juillet 2023 et 7 février 2024, Mme A B, représentée par la SCP Vallée-Languil, demande au tribunal :
1°) d'annuler son entretien professionnel au titre de l'année 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Orival une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- elle n'a pas été convoquée à un entretien professionnel alors qu'elle justifiait d'une présence effective suffisante dans ses fonctions pour qu'elle puisse être évaluée ;
- le refus du maire de la commune de procéder à son entretien professionnel devait être motivé en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- son entretien professionnel est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il constitue une mesure illégale à l'égard d'un lanceur d'alerte, au regard des dispositions des articles L. 135-1 et L. 135-2 du code général de la fonction publique ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2023, la commune d'Orival, représentée par Me Dettori, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, aucun de ses moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,
- et les observations de Me Languil, représentant Mme B.
La commune d'Orival n'était pas présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été recrutée à compter du 9 octobre 2018, par arrêté du même jour du maire de la commune d'Orival, en qualité d'adjointe administrative territoriale, pour exercer les fonctions de secrétaire de mairie. Ayant pris connaissance, le 28 février 2023, de sa fiche d'entretien professionnel au titre de l'année 2022, signée le 6 décembre 2022 par le maire de la commune d'Orival, Mme B en a sollicité de celui-ci la révision par courriel du même jour. Par suite du silence gardé pendant deux mois par le maire sur cette demande et par courrier du 2 mai 2023, transmis par courriel le même jour, l'intéressée a demandé la communication des motifs de la décision de rejet de son recours gracieux. Cette demande étant restée sans réponse, elle sollicite du tribunal l'annulation de son entretien professionnel au titre de l'année 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la fiche d'entretien professionnel de Mme B au titre de l'année 2022 a été signée le 6 décembre 2022 par le maire de la commune d'Orival. Mme B déclare avoir constaté la présence de cette fiche, le 28 février 2023, à l'occasion de la consultation de son dossier administratif. Cette fiche d'entretien professionnel comportait, en dehors d'une erreur matérielle, sans incidence, concernant le tribunal administratif territorialement compétent, une mention régulière des voies et délais de recours. Mme B doit dès lors être regardée comme en ayant acquis connaissance à cette date. Par un courriel du même jour, elle a formé un recours gracieux contre cet entretien. Par suite du silence gardé pendant deux mois par le maire de la commune d'Orival, ce recours a été implicitement rejeté. Par un courrier du 2 mai 2023, transmis par courriel du même jour, Mme B a sollicité la communication des motifs de cette décision implicite. Une telle demande n'a toutefois pas interrompu le délai de recours dès lors que la décision rejetant son recours gracieux n'avait pas à être motivée. Dans ces conditions, sa requête, enregistrée le 12 juillet 2023, l'a été après expiration du délai de recours et est ainsi tardive. La fin de non-recevoir en ce sens opposée en défense par la commune d'Orival doit par suite être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'entretien professionnel de Mme B au titre de l'année 2022, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune d'Orival, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Il n'y a en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme au titre des frais exposés par la commune d'Orival et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Orival au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune d'Orival.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
M. Armand, premier conseiller,
M. Cotraud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé : J. Cotraud
La présidente,
Signé : C. Van MuylderLa greffière,
Signé : A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Hussein
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026