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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2303436

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2303436

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2303436
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationURGENCES JU
Avocat requérantDE CAUMONT ERIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2023, Mme B, représentée par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a retiré des points de son permis de conduire suite à des infractions commises les 13 juin et 2 juillet 2019, 25 mai 2021, 27 juillet 2022, 2 juin, 8 juillet et 1er aout 2023 et la décision du 2 août 2023 par laquelle il invalidé son permis de conduire ;

2°) d'enjoindre au ministre de rétablir lesdits points sur son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle n'a pas été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête au motif que le moyen n'est pas fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A, magistrat honoraire, en application de l'article R. 222 13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. A, magistrat-désigné.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. A a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a commis différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de 21 points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressée du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, Mme B demande l'annulation de ces décisions de retrait ainsi que de la décision d'invalidation de son permis de conduire.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 27 juillet 2022 :

2. Il ressort du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de Mme B que le point retiré sur son permis de conduire suite à l'infraction susvisée lui a été restitué avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de la requête de Mme B dirigée contre la décision procédant à ce retrait de point sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.

Sur le surplus des conclusions :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

S'agissant des infractions constatées les 1er et 28 juillet 2023, 2 juillet 2019, 25 mai 2021 et 2 juin 2023 :

4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par un outil dédié ou par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

5. Il ressort des mentions " AF " portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B que l'intéressée s'est acquittée de l'amende forfaitaire correspondant aux infractions constatées les 1er et 28 juillet 2023 par radar automatique et les 2 juillet 2019, 25 mai 2021 et 2 juin 2023 par procès-verbal électronique. Ainsi, la requérante a nécessairement reçu un courrier du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que Mme B n'établit pas que les documents qui lui ont été remis ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de cette infraction doit être écarté.

S'agissant de l'infraction commise le 13 juin 2019 :

6. En ce qui concerne l'infraction commise le 13 juin 2019, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer produit l'attestation du trésorier principal du contrôle automatisé relative à l'encaissement le 29 octobre 2019 de l'amende forfaitaire majorée afférentes à ladite infraction. Dans ces conditions, Mme B doit être regardée comme ayant été destinataire de l'avis d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que Mme B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis à cette occasion, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement au paiement de ces amendes.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

H. ALe greffier,

signé

J.-L. MICHEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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