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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2304080

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2304080

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2304080
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPrt, magistrat désigné R.778-3
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en formation de magistrat désigné sur un recours pour excès de pouvoir, rejette la demande de M. B... tendant à l'annulation de la décision du 11 avril 2023 de la commission de médiation du droit au logement de l'Eure. Cette commission avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal estime que le requérant n'a pas démontré, à la date de la décision attaquée, se trouver dans l'une des situations prévues par ces textes, notamment en raison du refus d'une proposition d'hébergement et de l'absence de preuve de suroccupation ou d'indécence du logement. La solution retenue est donc le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, et un mémoire, enregistré le 6 novembre 2023, M. A... B... doit être regardé comme demandant l’annulation de la décision du 11 avril 2023 par laquelle la commission de médiation du droit au logement de l’Eure a rejeté son recours amiable introduit sur le fondement du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.

Il soutient qu’il est sans logement, qu’il vit actuellement seul et qu’il cherche du travail pour pouvoir bénéficier d’une proposition de logement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le préfet de l’Eure conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Armand, premier conseiller, en application de l’article R. 778-3 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés à cet article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Armand.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... a saisi le 1er mars 2023 la commission de médiation du département de l’Eure d’un recours amiable sur le fondement du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, en vue d’une offre de logement. Lors de sa séance du 11 avril 2023, la commission de médiation a rejeté son recours. M. B... a formé un recours gracieux le 16 mai 2023, lequel a été rejeté par la commission de médiation de l’Eure par une décision du 5 juillet 2023. Le requérant doit être regardé comme demandant l’annulation de la décision du 11 avril 2023.

2. Aux termes de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « II.- La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (…) ». Aux termes de l’article R. 441-14-1 du même code : « La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / (…) / - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur au regard du logement ou de l'hébergement dont il peut disposer en vertu de l'obligation d'aliments définie par les articles 205 et suivants du code civil ; / (…) / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ».

3. Pour rejeter le recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de la demande de logement de M. B..., la commission de médiation a retenu, dans sa décision du 11 avril 2023, que l’examen de son dossier n’avait pas permis de déterminer un critère permettant de reconnaître le caractère prioritaire de sa demande.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a introduit une demande de logement social le 19 avril 2022, afin de se loger ainsi que son épouse et les deux enfants de son épouse, dont un en situation de handicap. Toutefois, le requérant n’a produit aucun élément de nature à établir qu’il était logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent. En outre, M. B... a, suite à cette demande, refusé une proposition d’hébergement vers le CHRS de Vernon, sa demande ayant d’ailleurs été radiée le 20 mai 2023 pour cause de non-renouvellement. Enfin, si le requérant soutient qu’il est désormais dépourvu de logement et hébergé par un particulier, cette circonstance est postérieure à la décision attaquée, et donc sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, M. B... ne démontre pas se trouver dans l’une des situations prévues au II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par suite, il n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision de la commission de médiation de l’Eure du 11 avril 2023.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de l’Eure.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2025.



Le magistrat désigné,



G. ARMAND

Le greffier,



J-B. MIALON



La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.




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