mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304207 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 3 |
| Avocat requérant | ALLIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés le 20 octobre 2023 et le 17 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Marie Allix, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, en cas de reconnaissance du bien-fondé de la requête, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de trente jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Me Marie Allix au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation de l'avocat au versement de l'aide juridictionnelle ;
Mme A soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;
- méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
La décision portant fixation du pays de destination :
- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;
- méconnaît l'article L 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de sa requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 29 novembre 2023 à 11 heures, présenté son rapport et entendu les observations de Me Marie Allix, représentant Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante sénégalaise née le 22 février 1982, est entrée irrégulièrement en France le 24 novembre 2019. Le 25 mai 2020, elle a sollicité l'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Sa demande a été rejetée par une décision du 4 juin 2021 de l'OFPRA, décision confirmée par un arrêt du 11 février 2022 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 7 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi Elle a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Sa demande a été déclarée irrecevable par une décision du 29 avril 2022 de l'OFPRA, décision confirmée par un arrêt du 16 août 2022 de la CNDA.. Le 17 octobre 2023, elle a fait l'objet d'un contrôle des services de police et d'une procédure de retenue administrative en vue de la vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du 17 octobre 2023 le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de la Seine-Maritime a fait application, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'autorité préfectorale, qui n'avait pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressée, y mentionne, notamment, sa situation familiale et administrative. Par ailleurs, la requérante soutient que l'arrêté ne vise pas l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, une éventuelle erreur ou omission dans les visas d'un acte administratif est en elle-même dépourvue d'incidence sur sa légalité. De plus, si elle soutient également que la décision litigieuse présente une incohérence s'agissant des dates relatives à l'examen de sa demande d'asile par l'OFPRA, il ne ressort pas de l'arrêté attaqué qu'une telle incohérence serait présente alors qu'il est fait mention d'une décision relative à sa demande initiale et d'une seconde décision relative à sa demande de réexamen. Enfin, la requérante soutient que la décision litigieuse mentionne à tort qu'elle ne possédait pas de document d'identité ou de voyage. S'il ressort effectivement des pièces du dossier que cette mention est erronée, ce seul élément ne saurait remettre en cause le caractère suffisamment motivé de la décision. La décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. Il ne résulte pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision en litige, qu'elle aurait été prise sans que le préfet n'ait procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressée. Par suite les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen particulier de la situation de la requérante doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts.
5. Au cas d'espèce Mme A a été auditionnée par un officier de police judiciaire du Havre le 17 octobre 2023 et spécifiquement interrogée sur son parcours migratoire, ses conditions de vie, sa situation familiale et sur le prononcé éventuel à son encontre, par l'autorité administrative, d'une mesure d'éloignement éventuellement assortie d'une assignation à résidence. Par suite, c'est sans méconnaitre le principe rappelé au point précédent que le préfet de la Seine-Maritime a pu édicter la décision litigieuse.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L 542-1 et L 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
7. Mme A soutient qu'elle est enceinte et qu'elle envisage de déposer une demande d'asile pour son enfant à naître. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme A a été rejetée par une décision du 4 juin 2021 de l'OFPRA, décision confirmée par un arrêt du 11 février 2022 de la CNDA et que sa demande de réexamen a été rejetée par une décision du 29 avril 2022 de l'OFPRA, décision confirmée par un arrêt du 16 août 2022 de la CNDA. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, qu'à la date de la décision attaquée, une autre demande d'asile aurait été déposée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a ni pour objet ni pour effet de déterminer le pays à destination duquel Mme A doit être reconduite. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales est inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
10. D'une part, les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne peuvent être utilement invoquées dans le cas d'un enfant à naître.
11. D'autre part, Mme A soutient sans l'établir qu'elle vit en concubinage avec un compatriote qui réside en France, qu'ils ont ensemble une fille qui est scolarisée en France et un autre enfant à naître. Toutefois, le compagnon de Mme A n'est pas en situation régulière en France. La requérante ne démontre pas être socialement ou professionnellement insérée en France, ni. être dépourvue de toutes attaches familiales dans son pays d'origine où réside son fils et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 37 ans. Par ailleurs, le préfet de la Seine-Maritime ne peut être regardé comme ayant méconnu l'intérêt supérieur de la fille de la requérante, à laquelle le bénéfice du statut de réfugiée n'a pas été accordé par l'OFPRA, en refusant son admission au séjour dès lors qu'aucun élément du dossier ne fait apparaître qu'il lui serait impossible de suivre ses parents et de poursuivre sa scolarité au Sénégal. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation de pays de destination :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
14. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cette illégalité entraînerait celle de la décision portant fixation du pays de renvoi.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :
16. Le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permet au préfet de refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire s'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet. Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " .Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité ".
17. En l'espèce, le préfet s'est fondé, pour prendre la décision en litige, sur la circonstance que Mme A était dépourvue de document d'identité ou de voyage en cours de validité, alors même qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a présenté un passeport sénégalais valable jusqu'au 11 mars 2024. Le préfet a donc retenu un motif erroné et, ainsi, méconnu les dispositions des articles cités au point 16. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
19. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ".
20. L'exécution du présent jugement n'implique pas, de manière nécessaire, que le préfet réexamine la situation de Mme A et lui délivre une autorisation provisoire de séjour. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Mme A a été admise provisoirement à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Allix, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Marie Allix de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme A.
D É C I D E :
Article 1er : Mme B A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 17 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime est annulé en tant qu'il refuse d'accorder à Mme B A un délai de départ volontaire et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Article 3 : Il est rappelé à Mme B A son obligation de quitter le territoire français, le cas échéant, dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Allix renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Marie Allix, avocat de Mme A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme A.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Marie Allix et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023
La magistrate désignée,
signé
A. CLa greffière,
signé
C. DUPONT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026