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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2304242

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2304242

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2304242
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu :

- la décision du 18 septembre 2023 par laquelle la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée ;

- les autres pièces du dossier, notamment celles enregistrées les 20 décembre 2023, 26 juin 2024 et 20 août 2024, pour M. A.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () 7° rejeter, après expiration du délai de recours ou lorsqu'un mémoire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que des faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ()"

2. En premier lieu, le préfet de la Seine-Maritime produit en défense le formulaire d'information prévu à l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des mentions portées sur ce document, et n'est d'ailleurs pas contesté, qu'il a été remis à M. A, ressortissant gabonais, à l'occasion de sa demande d'asile le 13 avril 2022. La brochure, signée par le requérant, était rédigée en langue française qu'il a déclaré comprendre. Ce questionnaire l'invitait à indiquer s'il estimait pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre que celui de réfugié et lui indiquait que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, il ne pourrait, à l'expiration de certains délais, solliciter son admission au séjour avant que n'aboutisse sa demande de délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié. Le document d'information comportait, sous forme d'un encadré, un rappel des dispositions de l'article D. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précisant que les demandes de titres de séjour devaient être déposées par l'intéressé dans un délai de deux mois, ce délai étant porté à trois mois si la demande d'admission au séjour était motivée par des raisons de santé. Par suite, le moyen de légalité externe, tiré d'un vice de procédure lié à un défaut d'information, est manifestement infondé.

3. En deuxième lieu, dans le cas où un étranger ayant demandé l'asile a été dûment informé, en application des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des conditions dans lesquelles il peut solliciter son admission au séjour sur un autre fondement et où il formule une demande de titre de séjour après l'expiration du délai qui lui a été indiqué pour le faire, l'autorité administrative peut rejeter cette demande motif pris de sa tardiveté à moins que l'étranger ait fait valoir une circonstance de fait ou une considération de droit nouvelle, c'est-à-dire un motif de délivrance d'un titre de séjour apparu postérieurement à l'expiration de ce délai dans sa demande à l'administration, sans qu'il puisse se prévaloir d'une telle circonstance pour la première fois devant le juge. Si tel est le cas, aucun nouveau délai ne lui est opposable pour formuler sa demande de titre. En l'espèce, le requérant indique lui-même être titulaire d'un contrat à durée indéterminée en qualité de cuisinier depuis le 21 mai 2022 dans le même établissement de restauration. A cette date, qui était dans la période de deux mois suivant le 13 avril 2022 mentionnée au point 2, il pouvait donc demander l'admission au séjour à un autre titre que l'asile. Le fait que, par écoulement du temps, à compter du commencement de l'exécution de son contrat de travail, il satisferait depuis lors à des critères de régularisation en qualité de salarié ne peut s'analyser comme une circonstance nouvelle postérieure à l'expiration du délai de deux mois prévu par la réglementation. A fortiori, l'invocation des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur, inopposables à l'administration, ne peut-elle constituer une circonstance nouvelle que le préfet aurait dû prendre en compte pour mettre la demande de titre de séjour du 23 janvier 2023 de M. A à l'instruction. Dans ces conditions, l'autorité administrative n'a pas manqué à son obligation d'examen particulier de son dossier. Par suite, les moyens ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien.

4. En dernier lieu, M. A se borne à soutenir, sans détail d'argumentation, que la décision litigieuse porterait une atteinte disproportionnée au à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il invoque également, sans autre argumentation qu'un renvoi général aux autres considérations de la requête, l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation Ces moyens, dirigés au demeurant contre un refus d'enregistrement de demande de titre de séjour et non contre un refus d'admission au séjour, ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est manifestement pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour en raison de sa tardiveté. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 22 octobre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

P. MINNE

N°230424

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