vendredi 6 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304393 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1. d'annuler la décision du 11 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Seine-Maritime a rejeté son recours exercé à l'encontre de la décision du 18 octobre 2022 lui notifiant un indu de revenu de prime d'activité ;
2. de le décharger de l'obligation de payer la somme de 3 283,11 euros ;
3. d'enjoindre à la CAF de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4. de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre du 2e alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser directement à son conseil.
Il soutient que :
* sa requête est recevable ;
* la décision du 18 octobre 2022 n'est pas motivée et ne comporte pas la signature de son auteur ;
* la décision de la commission de recours amiable (CRA) de la CAF n'est pas signée en contravention des articles R. 133-9-2, R. 142-1 et R. 142-4 du code de la sécurité sociale ;
* aucun décompte de la créance n'est produit ;
* les retenues pratiquées sont irrégulières ;
* la décision du 11 mai 2023 n'est pas motivée et méconnaît les droits de la défense car il n'a pas pu présenter ses observations ;
* la décision du 11 mai 2023 repose sur des faits inexacts car il n'est pas salarié mais associé unique d'une société à responsabilité limitée (SARL) alors que la CAF a manqué à son devoir d'information et que la décision procède d'une erreur d'appréciation ;
* une remise de sa dette doit subsidiairement lui être accordée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Maritime, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
* la décision du 13 septembre 2023 admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
* la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deflinne en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
* la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
* les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de l'action sociale et des familles ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Deflinne, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
À l'issue de l'audience, l'instruction a été clôturée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a bénéficié de la prime d'activité depuis sa demande du 3 novembre 2018. Suite au constat d'incohérences relevées dans le cadre d'un contrôle de ses ressources, celui-ci s'est vu réclamer, par courrier du 18 octobre 2022, la somme de 3 949,95 euros au titre d'un indu de prime d'activité pour la période d'avril 2021 à septembre 2022. M. A a contesté cette décision par courrier du 22 octobre 2022. Son recours a été rejeté par la CRA de la CAF de la Seine-Maritime le 11 mai 2023. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la décision prise après exercice du recours préalable obligatoire contre une décision relative à la prime d'activité se substitue à la décision initiale, qui disparaît de l'ordonnancement juridique et sur laquelle il n'y a plus lieu de statuer. Par suite, les moyens dirigés contre la décision du 18 octobre 2022 en tant qu'elle notifie à M. A un indu de prime d'activité sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
4. En second lieu, par décision du 16 juillet 2024, la CAF de la Seine-Maritime a informé le requérant que l'indu réclamé avait été corrigé pour se limiter à un rappel pour la période de juillet à septembre 2022 pour un montant de 99,66 euros.
Sur l'indu de prime d'activité :
5. Lorsque, le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
6. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, applicable aux organismes de sécurité sociale en vertu de l'article L. 100-3 du même code : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". S'agissant des décisions prises par une autorité administrative de caractère collégial, et sauf à ce que des dispositions régissent leur forme de façon particulière, il est satisfait aux exigences découlant de cet article dès lors qu'elles portent la signature de leur président, accompagnée des mentions, en caractères lisibles, prévues par cet article. Il ne peut cependant en aller ainsi, en l'absence de toute disposition législative ou réglementaire imposant une présidence au sein de la commission de recours amiable, que lorsque celle-ci a fait le choix de se doter d'un président. À défaut, il ne peut être satisfait aux exigences découlant des dispositions de l'article L. 212-1 que par la signature de la décision par l'ensemble des membres de la commission, accompagnée pour chacun d'entre eux des mentions, en caractères lisibles, prévues par cet article.
7. La CAF produit le courrier du 15 mai 2023 par lequel la décision de la CRA a été notifié à M. A. Ce courrier, signé par le vice-président de la commission de recours amiable, répond aux exigences de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il n'est pas contesté que ledit vice-président a présidé la séance de la CRA en litige. Par suite, le moyen tiré de sa méconnaissance doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucun texte invoqué ou principe que l'organisme social serait dans l'obligation de produire un décompte.
9. En troisième lieu, la circonstance, à la supposer établie, que les retenues effectuées auraient été irrégulières est sans incidence sur la régularité de la décision en litige.
10. En quatrième lieu, alors que M. A a été informé par courrier du 16 juillet 2024 de ce qu'un nouvel examen de son dossier avait conduit la CAF de la Seine-Maritime a remettre en cause l'indu qui lui avait été réclamé pour la période de juillet 2021 à juin 2022 et à ne maintenir cet indu que pour la période de juillet à septembre 2022 pour un montant de 99,66 euros, le requérant ne produit aucun élément permettant de considérer que les éléments retenus par la CAF pour cette période ne correspondraient pas à la réalité de sa situation de travail ni que, ce faisant, une erreur d'appréciation aurait été commise.
11. En dernier lieu, alors qu'en tout état de cause l'indu en litige n'a pas été adopté à la suite d'un contrôle exercé par un agent assermenté de la CAF mais résulte de la prise en compte des éléments produits par M. A, ce dernier a eu la possibilité de présenter ses observations avant l'adoption de la décision en litige qui, précisément, a été adoptée à la suite d'un recours administratif.
Sur la remise gracieuse :
12. M. A, dont la demande de remise gracieuse n'a pas été précédée d'un recours administratif, ne produit aucun élément permettant de considérer qu'il serait, de façon contemporaine, dans l'incapacité de s'acquitter de la dette de 99,66 euros qui reste à sa charge de sorte qu'en tout état de cause sa demande de remise gracieuse ne peut qu'être rejetée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 11 mai 2023 doivent être rejetées ainsi que celles tendant à la remise gracieuse de la dette de M. A et, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Desfarges et à la caisse d'allocations familiales de Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2025
Le magistrat désigné,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
J.-L. MICHELLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026