lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | TRITSCHLER MARJORIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2023, Mme C, représentée par Me Tristschler, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a retiré 30 points de son permis de conduire suite aux infractions commises les 10 juillet 2006, 22 octobre 2006, 27 septembre 2008, 29 janvier 2009, 4 mars 2012, 13 aout 2012, 7 et 23 aout 2014, 1er avril 2017, 2 juillet 2018, 11 octobre 2019, 31 décembre 2020, 26 juillet 2021, 26 septembre 2021, 24 septembre 2022, 28 octobre 2022 et 16 avril 2023 et la décision du 21 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des Outre-mer de lui restituer son permis de conduire avec son capital de points reconstitué ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la réalité des infractions n'ayant pas donné lieu à une condamnation définitive n'est pas établie;
- elle n'a pas bénéficié des informations préalables dues aux contrevenants;
Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal que les conclusions de la requête dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions des 10 juillet 2006, 27 septembre 2008, 29 janvier 2009, 4 mars 2012, 13 août 2012, 7 août 2014, 1er avril 2017, 2 juillet 2018, 26 juillet 2021 et 26 septembre 2021 sont irrecevables ; à titre subsidiaire que les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, magistrat honoraire, en application de l'article R. 222 13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. B, magistrat-désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a retiré 30 points de son permis de conduire suite aux infractions commises les 10 juillet 2006, 22 octobre 2006, 27 septembre 2008, 29 janvier 2009, 4 mars 2012, 13 aout 2012, 7 et 23 aout 2014, 1er avril 2017, 2 juillet 2018, 11 octobre 2019, 31 décembre 2020, 26 juillet 2021, 26 septembre 2021, 3 juillet 2022, 24 septembre 2022, 28 octobre 2022 et 16 avril 2023 et la décision du 21 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 10 juillet 2006, 27 septembre 2008, 29 janvier 2009, 4 mars 2012, 13 aout 2012, 7 aout 2014, 1er avril 2017, 2 juillet 2018, 26 juillet 2021 et 26 septembre 2021 :
2. Il ressort du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de Mme C que les points retirés sur son permis de conduire suite aux infractions susvisées lui ont été restitués avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C dirigées contre ces dix décisions et, par voie de conséquence, les conclusions tendant à la restitution des points retirés, sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
S'agissant des infractions commises les 31 décembre 2020 et 23 aout 2014 :
5. Il résulte de l'instruction, que Mme C a payé l'amende forfaitaire relative à ces infractions constatées par radar automatique ou par un outil dédié, ainsi que le prouvent les mentions portées au relevé d'information intégral le concernant. Il découle de cette seule constatation que la requérante a nécessairement reçu l'avis de contravention pour cette infraction. Il suit de là, que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis, que celui-ci serait inexact ou incomplet, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. La requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que les décisions de retrait de points contestées consécutives aux infractions susvisées, auraient été prises au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction du 11 octobre 2019 :
6. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivants, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. En outre, avant même que ces mentions aient été rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
7. Pour l'infraction susvisée, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer produit l'attestation du comptable public du contrôle automatisé relative à l'encaissement le 3 février 2020 de l'amende forfaitaire majorée afférente à ladite infraction. Dans ces conditions, Mme C doit être regardée comme ayant été destinataire de ces avis préalablement à l'émission des avis d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que Mme C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis à cette occasion, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route préalablement au paiement de ces amendes.
S'agissant des infractions commises les 24 septembre 2022, 28 octobre 2022, 3 juillet 2022 et 16 avril 2023 :
8. Il résulte de l'instruction que les infractions susvisées ont été constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée devenue définitive. Si la seule circonstance qu'ait été émis un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée à raison des infractions ainsi reprochées ne suffit pas à faire présumer que Mme C a eu connaissance de l'avis de contravention comportant les informations requises des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en l'absence notamment d'une attestation de paiement ou d'un bordereau de situation émanant du comptable public susceptibles d'établir que l'intéressée se serait acquitté de cette amende, toutefois, comme le fait valoir le ministre qui produit au demeurant le spécimen de l'avis de contravention, la requérante a reçu une information de même nature à l'occasion de la commission des infractions des 11 octobre 2019 et 26 juillet 2021. L'administration doit dès lors être regardée comme établissant avoir délivré à Mme C l'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
En ce qui concerne la réalité des infractions contestées :
9. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
10. En l'espèce il résulte de l'instruction que les infractions en litige ont donné lieu soit au paiement d'une amende soit à une ordonnance pénale devenue définitive. Le moyen tiré du défaut de réalité desdites infractions, au demeurant assorti d'aucune précision, doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
H. BLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026