lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | TRITSCHLER MARJORIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Tritschler, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 5 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-Mer a invalidé son permis de conduire et les décisions de retraits de points de son permis de conduire des 29 janvier 2023, 23 février 2023, 16 novembre 2017, 7 septembre 2018, 6 juillet 2022, 23 aout 2018, 10 juin 2021, 13 octobre 2021, 24 juin 2022, 18 février 2022, 6 octobre 2017 et 15 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et de lui restituer son permis de conduire avec son capital de points reconstitué ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la réalité des infractions n'ayant pas donné lieu à une condamnation définitive n'est pas établie;
- il n'a pas bénéficié des informations préalables dues aux contrevenants.;
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2024, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée 48 SI du 5 septembre 2023 et sur les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions des 29 janvier 2023 et 23 février 2023, à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions des 16 novembre 2017, 7 septembre 2018 et 6 juillet 2022 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les mentions relatives à l'infraction commise le 29 janvier 2023 ont été supprimées du relevé d'information intégral ;
- le point retiré suite à l'infraction du 23 février 2023 a été restitué au requérant le 16 janvier 2024 ;
- les conclusions dirigées contre la décision 48 SI du 5 septembre 2023 en tant qu'elle invalide le permis pour solde de points nul sont sans objet ;
- les conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions des 16 novembre 2017, 7 septembre 2018 et 6 juillet 2022 sont irrecevables, les points retirés à la suite de ces infractions ayant été restitués avant l'enregistrement de la requête ;
- pour les autres infractions, le moyen tiré de l'absence de notification des décisions portant retrait de points doit être écarté, de même que celui tiré du défaut d'information préalable aux retraits de points ;
- la réalité de ces dernières infractions est établie ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, magistrat honoraire, en application de l'article R. 222 13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de M. C, magistrat-désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a retiré 19 points de son permis de conduire suite aux infractions commises les 29 janvier 2023, 23 février 2023, 16 novembre 2017, 7 septembre 2018, 6 juillet 2022, 23 aout 2018, 10 juin 2021, 13 octobre 2021, 24 juin 2022, 18 février 2022, 6 octobre 2017 et 15 décembre 2020 et la décision du 5 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que les décisions de retrait de points suite aux infractions commises les 29 janvier 2023 et 23 février 2023, et la décision du 5 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a invalidé le permis de conduire du requérant ont été retirées en cours d'instance. Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions relevées les 16 novembre 2017, 7 septembre 2018, 6 juillet 2022 :
3. Il ressort du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de M. A que les points retirés sur son permis de conduire suite aux infractions susvisées lui ont été restitués avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A dirigées contre ces trois décisions et, par voie de conséquence, les conclusions tendant à la restitution des points retirés, sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :
4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
S'agissant des infractions commises les 23 aout 2018, 7 septembre 2018, 10 juin 2021, 13 octobre 2021, 24 juin 2022, 18 février 2022 et 6 octobre 2017 :
6. Il résulte de l'instruction, que M. A a payé l'amende forfaitaire relative à ces infractions constatées par radar automatique ou par un outil dédié, ainsi que le prouvent les mentions portées au relevé d'information intégral le concernant. Il découle de cette seule constatation que le requérant a nécessairement reçu l'avis de contravention pour chacune de ces infractions. Il suit de là, que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis, que celui-ci serait inexact ou incomplet, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que les décisions de retrait de points contestées consécutives aux infractions susvisées, auraient été prises au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 15 décembre 2020 :
7. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral établi le 31 janvier 2024, versé par le ministre de l'intérieur et des Outre-mer en défense, que la réalité de l'infraction commise le 15 décembre 2020 à La Vaupalière a été constatée par un jugement du tribunal de grande instance de Rouen en date du 21 mai 2021, devenu définitif. Ainsi, le ministre de l'intérieur, constatant que la réalité de l'infraction reprochée à l'intéressé était établie par cette condamnation pénale, a pu légalement retirer quatre points du nombre de points affectés au permis de conduire du requérant par une décision référencée " 72 ". Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points relatif à ladite infraction est inopérant et doit donc être écarté.
Sur la réalité des infractions contestées :
8. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
9. En l'espèce il résulte de l'instruction que les infractions en litige ont donné lieu soit au paiement d'une amende soit à une ordonnance pénale devenue définitive. Le moyen tiré du défaut de réalité desdites infractions, au demeurant assorti d'aucune précision, doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête mentionnées au point 2 et que le surplus des conclusions doit être rejeté.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête portant sur les décisions de retrait de points suite aux infractions commises les 29 janvier 2023 et 23 février 2023, et sur la décision du 5 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-mer a invalidé le permis de conduire de M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
H. CLe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026