mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | LEJEUNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2023, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 5 février 2024, Mme A B, représentée par Me Lejeune, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, le tout dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'État en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme B soutient que :
- S'agissant de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
o elle n'est pas suffisamment motivée ;
o elle a été prise sans examen approfondi de sa situation personnelle ;
o elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
- S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
o elle n'est pas suffisamment motivée ;
o elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors que la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour est illégale.
o elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 24 janvier 2024 admettant Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les observations de Me Lejeune, représentant Mme B.
Connaissance prise de la lettre du préfet de la Seine-Maritime, parvenue au greffe le 4 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité marocaine, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant " et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. " Le renouvellement d'une carte de séjour en qualité d'étudiant est ainsi subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France en août 2021 et qu'elle était inscrite, pendant l'année universitaire 2021-2022, en deuxième année de licence de Science pour l'ingénieur/Physique Chimie puis, pendant l'année 2022-2023, en deuxième année de Science pour l'ingénieur/Physique. Elle a été ajournée au titre de ces deux années tout en validant, en 2022, l'unité Physique expérimentale à 10/20, l'unité Ingénierie des constructions à 10,3/20, deux unités Anglais à 12,75/20 et 10,5/20, l'unité Physique expérimentale 2 à 10,2/20 et l'unité projet transversal à 10/20 et en 2023, l'unité Electromagnétisme 1 à 11, 5/20, l'unité Thermodynamique 1 à 10/20, une partie de l'unité Maths et anglais, l'unité Génie civil 1 à 10,7/20, l'unité Outil numérique, Propriétés des matériaux et l'unité Génie civil 2 à 12,7/20. Sa moyenne générale est passée de 6,7/20 à 9,37/20. Inscrite une nouvelle fois en deuxième année de Science pour l'ingénieur/Physique au titre de l'année universitaire 2023-2024, elle a validé, postérieurement à la décision en litige, sa première session avec une moyenne de 10,2/20. Trois professeurs de l'université du Havre attestent de l'assiduité et du sérieux de Mme B, laquelle, si elle n'a pas validé l'ensemble des compétences requises, a néanmoins progressé. Par suite, en ayant estimé que Mme B n'avait pas justifié du sérieux de ses études, le préfet de la Seine-Maritime a commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 8 novembre 2023 par laquelle le renouvellement de son titre de séjour a été refusé. Cette annulation implique, par voie de conséquence, l'annulation de la décision consécutive du même jour par laquelle elle a été obligée à quitter le territoire français.
5. Ces annulations impliquent nécessairement qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme B un titre de séjour en qualité d'étudiante, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de prononcer une astreinte.
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son avocate, Me Lejeune, renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme B et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à Mme B un titre de séjour en qualité d'étudiante dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de la renonciation de Me Lejeune à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Sophie Lejeune et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
La rapporteure,
signé
H. JEANMOUGIN Le président,
signé
P. MINNE Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
No 2304676
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026