jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | SEYREK |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 et 30 novembre 2023, sous le n° 2304692, M. B E, représenté par Me Seyrek, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de respect de son droit à être préalablement entendu et en méconnaissance du principe des droits de la défense ;
- il est entaché d'illégalité en raison, par voie d'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé son expulsion ;
- il méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 février 2024.
II.- Par une requête enregistrée le 26 décembre 2023, sous le n° 2305097, M. B E, représenté par Me Seyrek, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé son expulsion ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature ;
- il est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de respect de son droit à être préalablement entendu et en méconnaissance du principe des droits de la défense ;
- il méconnaît les dispositions des 1° et 3° de l'article L. 631-2 et des 4° et 5° et du dernier alinéa de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il porte une atteinte excessive à la " liberté individuelle ".
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. E a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 10 janvier 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2304692 et 2305097, qui concernent la situation administrative d'un même ressortissant étranger, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
2. M. B E, ressortissant marocain né le 13 octobre 1976, est entré en France au cours de l'année 2013, muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour délivré en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française, qu'il a épousée au Maroc le 8 janvier 2023. Il a bénéficié, en cette même qualité, d'une carte de séjour temporaire du 15 novembre 2014 au 13 février 2017, puis d'une carte de résident à compter du 15 février 2017, valable jusqu'au 14 février 2027. En raison de plusieurs condamnations pénales dont M. E a fait l'objet, après avis favorable de la commission d'expulsion et par un premier arrêté du 7 novembre 2023, contesté dans l'instance n° 2305097, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé son expulsion. Par un second arrêté du 21 novembre 2023, contesté dans l'instance n° 2304692, le préfet de la Seine-Maritime a assigné l'intéressé à résidence.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 susvisé : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, en application des dispositions précitées, dans l'instance n° 2305097.
Sur la requête n° 2305097 :
5. En premier lieu, par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. D C, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, dans le cadre des attributions de sa direction, les mesures d'expulsion. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. E a été entendu le 11 août 2023, préalablement à l'intervention de l'arrêté attaqué, sur la mesure d'expulsion dont il fait l'objet. Il a fait état, lors de cette audition, de sa situation familiale et professionnelle. Il a en outre pu présenter ses observations lors de la commission d'expulsion tenue le 10 octobre 2023. Par suite, le moyen tiré du non-respect de son droit à être entendu préalablement à l'intervention d'une décision qui l'affecterait défavorablement doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de la méconnaissance du principe des droits de la défense.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ". Aux termes de l'article L. 631-2 du même code : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : () / 1° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été pendant toute cette période titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention "étudiant" ; () ". Aux termes de l'article L. 631-3 de ce même code dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion qu'en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes : () / 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans et qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an ; / 5° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () La circonstance qu'un étranger mentionné aux 1° à 5° a été condamné définitivement à une peine d'emprisonnement ferme au moins égale à cinq ans ne fait pas obstacle à ce qu'il bénéficie des dispositions du présent article ".
8. D'une part, en dehors du jugement du 20 octobre 2023 par lequel le tribunal pour enfants du A a ordonné une mesure d'assistance éducative, M. E ne verse à l'instance aucune pièce établissant qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ou concernant les modalités de sa participation à la mesure prononcée, au demeurant moins d'un an avant l'arrêté attaqué, alors en outre qu'il ressort des pièces du dossier qu'en vertu du jugement correctionnel du 15 novembre 2021 du tribunal judiciaire du A, il a été fait interdiction à l'intéressé, pour la durée de sa peine, d'entrer en contact avec ses enfants, et que pendant cette période, l'autorité parentale a été exclusivement exercée à leur égard par leur mère. M. E ne peut dès lors se prévaloir de la protection instituée par les dispositions du 1° de l'article L. 631-2 citées au point précédent.
9. D'autre part, la période passée en détention au titre d'une peine privative de liberté ne peut s'imputer dans le calcul des dix ans mentionnés par les dispositions du 3° de l'article L. 731-2 citées au point 7. Dans ces conditions, s'il est constant que M. E a séjourné en France sous couvert d'un titre de séjour à compter du 15 novembre 2014 jusqu'à la date de l'arrêté attaqué, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a été incarcéré au centre pénitentiaire du A à compter du 11 décembre 2020 jusqu'à sa libération. L'intéressé ne peut dès lors se prévaloir de la protection instituée par les dispositions précitées.
10. Par ailleurs, si les documents médicaux produits indiquent que l'état de santé de M. E requiert une intervention chirurgicale au niveau du genou, initialement programmée au mois de mai 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier que le défaut de prise en charge de la pathologie l'affectant, apparue depuis plus de cinq ans, pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il n'apporte en tout état de cause aucun commencement de preuve quant à l'absence de traitement approprié dans le pays de renvoi. Dans ces conditions et compte tenu de ce qui a été dit aux points 8 et 9, M. E ne peut en tout état de cause pas se prévaloir de la protection instituée par les dispositions des 4° et 5° de l'article L. 731-3 citées au point 7, ni même a fortiori de celle prévue au dernier alinéa de ce même article.
11. Enfin, les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné une première fois, moins de quatre ans après son arrivée en France, par un jugement du 28 septembre 2017 du tribunal de grande instance du A, à une peine d'emprisonnement délictuel de quatre mois, assortie d'un sursis total, pour des faits de violences volontaires sur sa conjointe ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours. Quatre ans plus tard, l'intéressé a été condamné une seconde fois, par jugement correctionnel du 15 novembre 2021 du tribunal judiciaire du A, à une peine d'emprisonnement délictuel de cinq ans, assortie à hauteur d'un an d'un sursis probatoire pendant une durée de trois ans, assortie d'une obligation de soin et de l'interdiction, pour la durée d'exécution de la peine, de paraître au domicile de son épouse et d'entrer en contact avec celle-ci et leurs trois enfants, pour des faits de séquestration et de violences sur sa conjointe suivie d'une incapacité supérieure à huit jours, en présence de mineurs et en état de récidive. Le tribunal a en outre relevé, dans ledit jugement, que M. E n'a pas reconnu les faits de violence reprochés et que, ne manifestant " pas de réelle prise de conscience du trouble causé ", il ne présentait pas de " garanties suffisantes pour éviter [sa] réitération ". Par ailleurs, si l'intéressé justifie avoir exercé une activité professionnelle en détention, il n'apporte aucune précision quant au suivi des soins psychologiques et en addictologie ordonnés par le tribunal. Dans ces conditions, eu égard à la gravité croissante des faits commis et à leur réitération sur une brève période, la présence en France de M. E doit être regardée comme constituant une menace grave pour l'ordre public. Ainsi, le préfet, qui a apprécié l'ensemble de la situation de M. E sans se borner à relever qu'il avait fait l'objet de condamnation pénales, a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer son expulsion.
13. Par suite de ce qui a été dit aux points 8 à 12, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 7 doit être écarté.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
15. Il ressort des pièces du dossier, et ainsi qu'il a été dit précédemment, que M. E n'établit pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants, ni entretenir de relations avec son enfant majeur. Nonobstant l'activité professionnelle exercée en détention, l'intéressé a déclaré devant le tribunal judiciaire du A " avoir eu des difficultés pour exercer un emploi en France, n'ayant effectué que quelques missions " et, par la seule production d'une inscription en agence d'intérim et d'une promesse d'embauche particulièrement succincte, il ne justifie pas de perspectives d'insertion sociale sérieuses. Il n'allègue enfin pas disposer d'attaches personnelles particulières sur le territoire français, ni en être dépourvu dans son pays d'origine. Dans ces conditions et eu égard, de surcroît, à la gravité des faits commis, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été édicté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs et en tout état de cause, du moyen tiré de l'atteinte excessive à la " liberté individuelle " de l'intéressé.
16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. E doit être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé l'expulsion de M. E doivent être rejetées, de même que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Sur la requête n° 2304692 :
18. En premier lieu, en se bornant à invoquer l'exception d'illégalité de l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé son expulsion, sans exposer aucun moyen à son soutien, M. E n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, et à supposer même que l'intéressé entende se prévaloir des moyens invoqués au soutien de la requête n° 2305097, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
19. En deuxième lieu, par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. D C, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, dans le cadre des attributions de sa direction, les décisions d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
20. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, mentionne les dispositions dont il fait application et indique que l'assignation à résidence de M. E a pour but de permettre l'exécution de la mesure d'expulsion prise à son encontre. Il comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
21. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré du non-respect du droit de M. E à être entendu préalablement à l'intervention d'une décision qui l'affecterait défavorablement doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de la méconnaissance du principe des droits de la défense.
22. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () / 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion ; () ".
23. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet, qui a relevé qu'une telle mesure était nécessaire pour l'exécution de la mesure d'expulsion dans un délai raisonnable, ne s'est pas cru à tort tenu d'assigner M. E. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance, dans cette mesure, des dispositions précitées doit être écarté.
24. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 15 concernant les attaches familiales de M. E et ses perspectives d'insertion professionnelle, les modalités de son assignation à résidence ne présentent pas un caractère disproportionné au regard du but poursuivi. Le moyen tiré de l'" erreur manifeste d'appréciation " doit par suite être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de l'intéressé.
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. E à résidence doivent être rejetées, de même que par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans l'instance n° 2305097.
Article 2 : Les requêtes nos 2304692 et 2305097 de M. E sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Seyrek et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
J. Cotraud
Le premier conseiller,
faisant fonction de président,
G. ArmandLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2304692 ; 2305097
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026