mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SOMDA |
Vu les procédures suivantes :
I°./ Par une requête enregistrée le 2 décembre 2023 sous le n° 2304729, M. B C, représenté par Me Somda, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Le requérant soutient que :
L'obligation de quitter le territoire français sans délai :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
La décision lui interdisant le retour en France :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
II°./ Par une requête enregistrée le 2 décembre 2023 sous le n° 2304731, M. B C, représenté par Me Somda, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Le requérant soutient que la décision portant assignation à résidence :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- a été prise sans examen de sa situation personnelle ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du président du tribunal désignant Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 4 décembre 2023, Mme Jeanmougin, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu les observations de Me Somda, pour M. C, non présent, qui produit des pièces et persiste dans ses conclusions et moyens mais ajoute que la mesure d'éloignement est entachée d'illégalité dès lors que sa situation personnelle n'a pas été réellement analysée et que l'assignation à résidence est entachée d'une erreur sur la qualification de l'infraction qui lui est reprochée, le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité algérienne, demande au tribunal, par sa requête n° 2304729, d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an et, par sa requête n° 2304731, d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son assignation à résidence.
2. Les requêtes n°s 2304729 et 2304731 sont présentées par le même requérant, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
3. En premier lieu, les décisions en litige ont été prises par Mme A D qui disposait, en qualité de cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture, d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime par arrêté n° 23-033 du 30 janvier 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 76-2023-009 de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées, notamment l'entrée irrégulière de M. C en France, son séjour irrégulier, l'absence de demande de titre de séjour, sa nationalité, l'absence de garanties de représentation de l'intéressé et ses liens familiaux dans son pays d'origine. Elles sont donc suffisamment motivées.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait informé le préfet de la Seine-Maritime, avant l'édiction des mesures contestées, de ce qu'il entretiendrait depuis plusieurs années une relation avec une ressortissante française avec laquelle il vivrait. Il ne ressort pas non plus de ces pièces que le préfet n'aurait pas procédé, avant l'édiction de ces décisions, à une analyse approfondie de la situation personnelle de l'intéressé.
6. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En dernier lieu, M. C est entré en France en 2020 selon ses dires. S'il résulte des pièces produites à l'audience que l'intéressé travaille à temps partiel comme cuisinier depuis décembre 2021, il ne produit pas de contrat de travail visé comme l'exigent les stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles et n'établit pas être entré avec un visa de long séjour tel qu'exigé par les stipulations de l'article 9 de cet accord. S'il établit une insertion sociale et professionnelle en France, M. C n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et n'a présenté aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité. La relation de concubinage qu'il allègue avec une ressortissante française ne ressort pas des attestations produites. M. C n'est pas dépourvu de toute attache en Algérie, son pays d'origine, où résident ses parents et sa fratrie et où il a vécu au-moins jusqu'à l'âge de 37 ans. Par suite, en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, le préfet de la Seine-Maritime n'a commis d'erreur d'appréciation de sa situation.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision, de son insuffisante motivation et celui tiré de l'erreur de fait sont écartés pour les motifs exposés aux points 3, 4 et 6 du présent jugement.
9. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 7, si M. C établit une insertion sociale et professionnelle en France, il est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu sans chercher à régulariser sa situation administrative. L'intéressé n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. Alors même qu'il ne représente pas de menace pour l'ordre public, la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur l'assignation à résidence :
10. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, notamment l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise à l'encontre de M. C, l'adresse qu'il a déclarée, le défaut de remise de son document de voyage et les démarches nécessaires pour l'organisation matérielle de son départ de France. Elle est donc suffisamment motivée.
11. En deuxième lieu, à supposer même que M. C n'aurait pas été placé en garde à vue pour conduite sans permis ni assurance mais seulement placé en retenue administrative pour vérification de son droit au séjour, ce motif de l'arrêté contesté est sans incidence sur sa légalité dès lors que l'assignation à résidence est fondée sur les circonstances que M. C fait l'objet d'une mesure d'éloignement sans délai exécutoire, qu'il dispose d'une adresse et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Le moyen tiré de l'erreur de fait entachant l'arrêté en litige doit donc en tout état de cause être écarté.
12. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu également de ce qui a été dit au point précédent, que la situation personnelle de M. C n'aurait pas fait l'objet d'un réel examen avant l'édiction de la décision contestée.
13. En dernier lieu, si le requérant établit travailler, c'est de manière irrégulière et il ne fait pas état d'obstacles précis à ce qu'il satisfasse aux modalités de son assignation à résidence, l'obligeant à pointer deux fois par semaine à 16 h dans les locaux de la police aux frontières. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 1er décembre 2023 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an et a ordonné son assignation à résidence. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance, comme, tout état de cause celles relatives aux dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Aminata Somda et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La magistrate désignée,La greffière,
Signé Signé
H. JEANMOUGIN P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2304729, 2304731
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026