mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2304792 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en production de pièces, enregistrés les 6 décembre 2023, 23 février et 3 mars 2024, Mme A A B, représentée par Me Leprince, associée de la SELARL Eden Avocat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 20 novembre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son attestation de demandeur d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte 2 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxes (1 800 TTC) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, subsidiairement à son profit sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime qui, par un mémoire en production de pièces enregistré le 5 avril 2024, a produit l'attestation de demandeuse d'asile de Mme A B du 11 mars 2024.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mars 2024 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu :
- l'ordonnance de référé n°2304793 du 22 décembre 2023 ;
- les autres pièces du dossier
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger que de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
2. Mme A A B, ressortissante angolaise née le 21 avril 1998, a présenté une demande d'asile en France enregistrée en juillet 2023. Le préfet de la Seine-Maritime lui a délivré le même jour une attestation de demande d'asile en procédure Dublin. Le 16 novembre 2023, Mme A B s'est rendue, en vain, à la préfecture à un rendez-vous pour le renouvellement de son attestation de demande d'asile. Par un courriel daté du 20 novembre 2023, dont la requérante demande l'annulation, les services de la préfecture de la Seine-Maritime ont informé le conseil de Mme A B de la décision de refus de lui renouveler son attestation de demandeur d'asile.
3. Par une ordonnance de référé n°2304793 du 22 décembre 2023, la juge des référés du tribunal de céans a suspendu l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler l'attestation de demandeur d'asile de Mme A B et a enjoint ce dernier au réexamen de la demande de la requérante dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance.
4. Par un mémoire en production de pièce enregistré le 5 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime a transmis au tribunal l'attestation de demandeur d'asile émise le 11 mars 2024 au bénéfice de Mme A B et valable jusqu'au 10 janvier 2025. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine Maritime a refusé de renouveler l'attestation de demandeur d'asile de la requérante ont perdu leur objet, de même que celles à fin d'injonction et d'astreinte en tant qu'elles s'y rapportent. Il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Leprince, conseil de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Leprince de la somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A B à fin d'annulation de la décision portant refus de renouvèlement d'attestation de demandeur d'asile, et à fin d'injonction et d'astreinte y afférentes.
Article 2 : L'Etat versera à Me Leprince une somme de 1 000 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A A B, à Me Leprince et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 30 avril 2024.
La présidente de la 4ème Chambre,
Signé :
C. VAN MUYLDER
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
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