mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2305017 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 décembre 2023 et 21 janvier 2024, M. A C, représenté par Me Njem Eyoum, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 20 décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé d'un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet de supprimer le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 22 décembre 2023 et 23 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
Par une décision du 1er septembre 2023, le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter et VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 24 janvier 2024, après avoir présenté son rapport, le magistrat désigné a entendu les observations de Me Njem Eyoum, représentant M. C, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans la requête. Ont été également entendues les observations de M. C, qui a notamment précisé les conditions dans lesquels se sont déroulés les faits de violence ayant justifié son interpellation le 15 décembre 2021.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était pas présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, à 11 h 38, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant ivoirien né le 8 juin 2002, déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2018. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Seine-Maritime par une ordonnance de placement provisoire du 30 octobre 2018, puis par un jugement du 13 décembre 2018 du juge des tutelles du tribunal de grande instance de Rouen. Devenu majeur et ayant sollicité un titre de séjour en qualité de mineur ayant été confié au service de l'aide sociale à l'enfance, il s'est vu délivrer un " récépissé de court séjour " du 7 août 2020 au 6 juillet 2021. Par suite de l'interpellation et du placement en garde à vue de l'intéressé le 15 décembre 2021 notamment pour des faits de violences aggravées, et par arrêté du 16 décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par suite du placement en retenue administrative, le 3 mars 2023, de M. C, ayant donné lieu à la vérification de son droit au séjour, et par arrêté du même jour, le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Par un arrêté du 7 août 2023, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français précédemment prononcée par l'arrêté du 3 mars 2023. Par l'arrêté attaqué du 20 décembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a une nouvelle fois prolongé, cette fois d'un an, la durée de cette interdiction de retour.
2. En premier lieu, par arrêté du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, librement consultable par les parties sur le site internet de la préfecture de la Seine-Maritime, Mme B E, cheffe du bureau de l'éloignement, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, pour les actes relevant des attributions du bureau, les décisions relatives à l'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, vise les dispositions dont il fait application et relève que M. C n'a pas exécuté la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Il fait également état de sa situation personnelle et familiale, à la fois en France et dans son pays d'origine. Il comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, eu égard à la nature de la décision attaquée, M. C ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne lui sont pas applicables.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même () pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
6. M. C fait valoir que, arrivé mineur en France et pris en charge par le service d'aide sociale à l'enfance du département de la Seine-Maritime à compter du 30 octobre 2018, il a, après avoir obtenu, le 13 octobre 2022, un certificat d'aptitude professionnelle de monteur d'installations sanitaires, il a fait les efforts requis en vue de son insertion socioprofessionnelle. Il fait en outre état de la relation sentimentale qu'il entretient depuis un an avec une ressortissante française, avec laquelle il réside. Toutefois, la présence en France de l'intéressée demeure encore récente. Il ne justifie en outre pas avoir exercé d'activité professionnelle depuis le 31 août 2022, date de la fin de son apprentissage. Par ailleurs, en dehors de ses déclarations, notamment lors de son audition, M. C n'apporte aucun élément démontrant l'intensité et la stabilité, ni même l'ancienneté de la relation sentimentale dont il fait état. Enfin, M. C a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement, qu'il n'a pas exécutées, et n'a au demeurant pas respecté les obligations de présentation lui incombant en vertu de l'assignation à résidence dont il a fait l'objet par arrêté du 7 août 2023 du préfet de la Seine-Maritime. Dans ces conditions et alors même que le comportement de M. C, qui n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale, ne constitue pas une menace pour l'ordre public, en fixant à un an la durée de la prolongation de l'interdiction de retour édictée à l'encontre de M. C, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de leur méconnaissance doit par suite être écarté, il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de l'intéressé.
7. En dernier lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a relevé que M. C " ne démontre pas avoir engagé de démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative " et qu'il " se maintient sur le territoire français sans avoir cherché à faire régulariser sa situation administrative ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a engagé dès sa majorité des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative, et s'est vu délivrer, pour ce motif, un récépissé de demande de titre de séjour le 7 avril 2021, ce que le préfet ne pouvait nécessairement ignorer. Dans ces conditions, la situation de l'intéressé n'a pas fait l'objet d'un examen particulier. Toutefois, il résulte de l'instruction et eu égard à ce qui a été dit au point précédent, que ce défaut d'examen n'a pas fait obstacle à ce que le préfet puisse apprécier, au regard des dispositions citées au point 5, l'opportunité de prolonger l'interdiction de retour dont M. C fait l'objet et en fixer la durée. Par suite et dès lors qu'il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en dépit du défaut d'examen sérieux constaté précédemment, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2023 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. DLe greffier,
Signé
J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026