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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2400082

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2400082

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2400082
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Leprince, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Eure à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an et portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, et à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, en toute hypothèse sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de l'article 3 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 n°2014-1329 ;

- est entachée d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la procédure suivie pour la prise de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de délibération collégiale du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision portant refus de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Armand ;

- et les observations de Me Leprince, représentant M. B.

Le préfet de l'Eure n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 2 janvier 1956, déclare être entré en France en avril 2001. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande par une décision du 29 novembre 2002, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 4 juin 2003. Sa demande de réexamen a été rejetée par l'OFPRA le 29 octobre 2003, décision confirmée par la CNDA le 7 juin 2004. Il a sollicité à nouveau le réexamen de sa demande d'asile, demande qui a été rejetée par l'OFPRA le 7 décembre 2006. Le 7 décembre 2007, M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 11 janvier 2008, le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 13 mai 2008, le tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête dirigée contre cet arrêté. Le 25 novembre 2011, il a présenté une demande de titre de séjour sur le même fondement. Par un arrêté du 27 avril 2012, le préfet de l'Eure a rejeté sa demande et a obligé le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le tribunal administratif de Rouen a annulé cet arrêté, par un jugement du 27 septembre 2012, lequel a été annulé par la cour administrative d'appel de Douai le 30 août 2013. Le 18 juillet 2014, M. B a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 22 septembre 2014, le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête dirigée contre cet arrêté par un jugement du 31 mars 2015, confirmé par la cour administrative d'appel de Douai le 19 mai 2016. Le 14 novembre 2018, M. B a présenté une demande de titre de séjour sur le même fondement. La commission du titre de séjour a émis, dans sa séance du 3 octobre 2019, un avis défavorable. Par un arrêté du 20 novembre 2019, le préfet de l'Eure lui a, une nouvelle fois, refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé son pays de destination. Le tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête dirigée contre cet arrêté par un jugement du 31 janvier 2020. Enfin, le 30 septembre 2022, M. B a sollicité, de nouveau, son admission au séjour sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 30 novembre 2023, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé son pays de destination.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application des dispositions mentionnées au point précédent.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, la décision attaquée, qui mentionne les dispositions dont il fait application, fait référence à la situation personnelle et familiale de M. B, relevant l'existence d'attaches familiales sur le territoire français ainsi que dans son pays d'origine et son manque d'insertion dans la société française malgré une durée de présence significative. Dès lors, la décision attaquée, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait omis d'examiner de manière particulière la situation de M. B. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de situation personnelle doivent donc être écartés.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. " Aux termes du premier aliéna de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. ". Le premier alinéa de l'article R. 425-13 du même code prévoit que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. " Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précise que : " () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

6. Le préfet produit, tout d'abord, l'avis rendu le 27 mars 2023 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) relatif à l'état de santé de M. B. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'autorité administrative n'aurait pas recueilli cet avis.

7. Par ailleurs, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial, dès lors que ce texte général ne régit pas les délibérations du collège de médecins de l'OFII, seulement régies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté du 27 décembre 2016.

8. En outre, le rapport médical du docteur A a été établi conformément au modèle figurant à l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016. Il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe général que le rapport médical établi par le médecin rapporteur devrait reprendre l'intégralité des éléments contenus dans le dossier renseigné par un ou plusieurs médecins et transmis par le demandeur à l'OFII.

9. Enfin, l'avis du collège des médecins du 27 mars 2023, porte la mention " Après en avoir délibéré le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " et a été signé par les trois médecins composant le collège des médecins de l'OFII. Par ailleurs, l'avis du collège de médecins de l'OFII n'est pas au nombre des actes relevant du champ d'application de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration, dont le respect ne s'impose qu'aux décisions relatives aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative et que par suite, la circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.

10. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toute ses branches.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".

12. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

13. Il ressort des pièces du dossier que M. B présente des dorsalgies dans un contexte de déformation scoliotique et de somatodiscarthrose étagée et des douleurs de hanche, et une arthrose nécessitant un traitement chirurgical par prothèse. Toutefois, il ne produit aucune pièce de nature à contredire l'avis rendu par l'OFII le 27 mars 2023, qui a estimé que le défaut de cette prise en charge médicale ne devrait pas entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

15. M. B soutient qu'il réside en France depuis environ 23 ans et que ses deux cousins y vivent également. Toutefois, en dehors desdits membres de sa famille, à l'égard desquels il n'apporte aucun élément quant à l'intensité de leurs relations, il ne démontre pas disposer d'attaches significatives en France, nonobstant l'ancienneté de sa présence, ni n'y justifie d'une insertion particulière. De plus, sa femme, ses cinq enfants et sa fratrie résident en Turquie. Par suite, le moyen tirés de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers doit être écarté.

16. En cinquième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des liberté fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

17. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, la décision refusant à M. B la délivrance d'un titre de séjour comporte l'ensemble des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. La décision portant obligation de quitter le territoire français étant suffisamment motivée, le moyen doit être écarté.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant un titre de séjour n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour doit donc être écarté.

19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 15, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

20. En premier lieu, la décision attaquée, qui mentionne les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise qu'il existe un risque que M. B se soustraie à la mesure d'éloignement prononcée à son encontre dès lors qu'il a précédemment fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.

22. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

23. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise notamment l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de M. B et qu'il n'établit pas être soumis à des tortures ou à des traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine. La décision étant ainsi suffisamment motivée en droit et en fait, le moyen doit être écarté.

24. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit plus haut qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.

25. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 15, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

26. En quatrième lieu, M. B, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA et la CNDA, ne produit pas d'éléments permettant d'établir la réalité et l'actualité des menaces qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

27. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est inopérant, doit être écarté.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte et tendant à la prise en charge des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Leprince et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Cotraud, premier conseiller et Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

Le premier conseiller

faisant fonction de président,

G. Armand

L'assesseur le plus ancien,

J. CotraudLa greffière,

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ah

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