mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400141 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | CASTIONI DIEGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2024, M. A Al, représenté par Me Castioni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation.
M. Al soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. Al ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 10 janvier 2024 par laquelle M. Al a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Minne, président de chambre, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. Al, ressortissant turc, est entré en France le 8 mai 2022. Il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, par un arrêté du préfet de police du 19 mai 2022. Le 9 juin 2022, il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande par une décision du 10 octobre 2022 confirmée par la Cour Nationale du droit d'asile (CNDA) le 10 février 2023. Le 13 avril 2023, il a fait l'objet d'une seconde obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans prononcée par arrêté du préfet de la Seine-Maritime. Sans avoir déféré à cette mesure, l'intéressé a, le 12 juillet 2023, sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté du 4 octobre 2023 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour.
2. En premier lieu, cet arrêté vise les textes applicables, expose la situation personnelle de M. Al et énonce les motifs pour lesquels le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour. L'arrêté comportant les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté en litige, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments concernant la situation personnelle de l'intéressé, serait entaché d'un défaut d'examen particulier de la situation de ce dernier.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 421-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () " En présence d'une demande de régularisation présentée par un étranger sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour de l'intéressé par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
5. M. Al établit avoir commencé à travailler en février 2023 en qualité de ravaleur de façade. Toutefois, cette brève période de travail n'a été autorisée que pour la durée de l'examen de sa demande d'asile. L'activité dont il se prévaut présentait ainsi un caractère précaire et constituait un événement récent à la date de l'arrêté attaqué. En l'absence par ailleurs de qualification particulière, l'insertion professionnelle du requérant, alors même qu'il se serait vu proposer une promesse d'embauche par l'entreprise qui l'avait employé lorsqu'il était demandeur d'asile, ne constitue donc pas un motif d'admission exceptionnelle au séjour en vue de la délivrance d'une carte de séjour en qualité de salarié. Par ailleurs, M. Al ne conteste pas être célibataire, sans charge de famille et ne pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a résidé avant son arrivée sur le territoire français jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans environ. L'intensité de relations avec une tante demeurant en France n'est pas établie. Il a, en outre, fait l'objet de deux mesures d'éloignement et la première de ces mesures, prise le 19 mai 2022, faisait suite à un refus d'entrée sur le territoire motivé par la circonstance qu'il avait présenté deux passeports différents aux autorités. Dans ces conditions, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière et le préfet a pu, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement. Pour les mêmes motifs, l'atteinte à la vie privée et familiale de M. Al n'apparaît pas excessive au sens des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée n'est pas établie.
6. En dernier lieu, M. Al ne peut utilement se prévaloir des risques en cas de retour dans son pays d'origine dès lors que l'arrêté attaqué ne comporte aucune décision fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. Al n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. Al est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Al, à Me Diego Castioni et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MINNEL'assesseur le plus ancien,
Signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
Signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2400141
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026