mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 2 |
| Avocat requérant | KREUZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 11 janvier 2024, notifié le 16 janvier 2024, par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas pu formuler d'observations écrites ni être mis en mesure de contacter un avocat, comme la loi le prévoit ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'entraîner sur sa situation personnelle ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bailly, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailly ;
- et les observations de Me Kreuzer pour M. A, qui maintient ses conclusions et moyens.
Considérant ce qui suit :
1. . A, ressortissant libyen, demande l'annulation de l'arrêté en date du 11 janvier 2024, notifié le 16 janvier suivant, par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a assorti cette décision d'une interdiction de retour d'une durée de trois ans.
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. A, ou se serait cru en situation de compétence liée pour prendre une mesure d'éloignement à son encontre.
4. Contrairement à ce que fait valoir l'intéressé, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition de celui-ci, qu'il a été auditionné par les services de police le 14 décembre 2023 sur sa situation administrative et sur le fait qu'il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté. En outre, l'intéressé a bien eu accès à un avocat, qui l'a représenté à l'audience, à laquelle il ne s'est pas présenté, lors de la procédure contentieuse. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que les droits de la défense n'auraient pas été respectés.
5. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par décision de la Cour nationale du droit d'asile le 10 mars 2022 a déjà fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français les 30 mai 2021 et 21 juillet 2022, auxquelles il n'a pas déféré. Il ne témoigne pas d'une particulière intégration dans la société française, alors qu'il a été condamné et incarcéré à plusieurs reprises, notamment le 3 février 2017 à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de violence, le 28 janvier 2021, à quatre mois d'emprisonnement pour des faits d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique et le 14 octobre 2022 à vingt-quatre mois de détention pour des faits de détention, transport, acquisition et usage de stupéfiants et de violence. Dans ces conditions, le préfet a pu, en application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obliger à quitter le territoire français sans délai, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Kreuzer et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 28 février 2024.
La magistrate désignée,
P. Bailly
La greffière,
N. Drouilhet
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400164
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026