vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400169 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, et un mémoire, enregistré le 23 mai 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) de condamner la région Normandie à appliquer la durée légale de travail de 1 607 heures ;
2°) de condamner la région Normandie à lui payer les heures supplémentaires effectuées, assorties des intérêts au taux légal, à compter de sa demande en indemnisation ;
3°) de mettre à la charge de la région Normandie les frais liés au litige qu'il a exposé, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses plannings annuels auraient dû et devraient être calculés sur la base légale de 1 607 heures ;
- du fait de la carence des services de la région Normandie, il a effectué au cours de l'année 2023, 123 heures supplémentaires, ce qui constitue une faute de la région Normandie de nature à entraîner la réparation de son préjudice.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024, la région Normandie conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire, au rejet de la requête comme infondée.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable au regard de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- le requérant était forclos à agir contre la décision du 26 décembre 2022 ; en outre, il n'était pas non plus recevable d'agir contre la décision du 19 novembre 2023 qui est seulement confirmative de la décision du 24 mars 2023 ;
- à titre subsidiaire, les décisions litigieuses étant parfaitement légales, la requête indemnitaire de M. B ne pourra pas prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser. () ".
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administratif : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Ensuite, aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ". En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, les délais de recours sont opposables à un agent saisissant son employeur public d'une demande laissée sans réponse même si l'autorité administrative n'en accuse pas réception dans les formes prévues par ce code.
3. Par un courrier du 23 janvier 2023, réceptionné le 25 janvier 2023, M. B a formé auprès de la région Normandie une demande indemnitaire préalable tendant à ce que lui soit versée une somme de 2 109 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi résultant de l'absence de rémunération des heures de travail supplémentaire qu'il a effectuées au titre de l'année 2023. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet intervenue le 25 mars 2023 devenue définitive. Il résulte de l'instruction que l'intéressé a formé une nouvelle demande indemnitaire identique, donnant naissance le 18 novembre 2023 à une seconde décision implicite de rejet compte tenu du silence gardé par la région Normandie. Toutefois, en l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait, la seconde décision du 18 novembre 2023, qui rejette la même demande de M. B, est purement confirmative de la décision du 25 mars 2023. Elle n'a donc pas eu pour effet de rouvrir au profit de M. B un nouveau délai de recours contentieux. Il s'ensuit que la présente requête est tardive et donc manifestement irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête de M. B par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la région Normandie.
Fait à Rouen, le 28 juin 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
Signé : C. VAN MUYLDER
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. HENRY
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