mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SEYREK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 janvier 2024, M. A C, représenté par Me Seyrek, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 6 décembre 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans le délai de 15 jours une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. C soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- a été prise sans qu'il ait pu présenter des observations ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru lié par la mesure d'éloignement prise précédemment et méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 janvier 2024, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, et les observations de Me Seyrek, pour M. C, non présent, qui reprend les conclusions et moyens de sa requête mais demande en outre de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, le préfet de la Seine-Maritime n'étant présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité algérienne, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet par arrêté du 6 décembre 2023.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence, d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En premier lieu, la décision prise à l'encontre de M. C a été prise par Mme D B, qui disposait, en qualité d'adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement et à compter du 1er janvier 2024, d'une délégation pour la signer par arrêté du préfet de la Seine-Maritime n° 23-109 du 18 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 76-2023-191de la préfecture du 22 décembre 2023, en cas d'absence ou d'empêchement de la cheffe du bureau. Rien n'établit que la cheffe du bureau de l'éloignement n'était ni absente ni empêchée. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait que lesquelles elle est fondée, notamment la circonstance que M. C est toujours en cours d'identification par le consulat d'Algérie et est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu par les services de police le 5 décembre 2023, antérieurement à sa première assignation à résidence. Il a pu, lors de cette audition, indiquer les éléments de sa situation personnelle et administrative susceptibles d'avoir une influence sur la décision initiale d'assignation à résidence dont il a fait l'objet. S'il n'a pas été entendu une seconde fois, avant que son assignation à résidence ne fût prolongée, il ne fait état d'aucun élément nouveau de sa situation personnelle dont il aurait été empêché de faire état et qui aurait été de nature à influer sur la décision de prolongation. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime se serait cru lié par la mesure d'éloignement prise précédemment à l'encontre de M. C pour décider de prolonger son assignation à résidence du 6 décembre 2023. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
7. En cinquième lieu, M. C, qui n'a pas été reconnu refugié et n'est pas membre de famille d'un réfugié, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet, le 10 mars 2021, d'une remise à l'Espagne, le 29 novembre 2022 d'un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, dont la légalité n'a pas été remise en cause par la juridiction, et, le 6 décembre 2023, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour en France pendant la durée de six mois. Le préfet de la Seine-Maritime a assigné à résidence M. C le 6 décembre 2023 et immédiatement engagé des démarches auprès du consulat d'Algérie de Pontoise, qui lui a accordé un rendez-vous pour une audition le 23 janvier 2024 à 11 h. Si l'intéressé s'est marié le 20 août 2022 avec une ressortissante française et s'il travaille, de manière irrégulière, en qualité de coiffeur, il est entré irrégulièrement en France et ne peut donc prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il ne fait pas état d'obstacles à ce qu'il satisfasse aux modalités de son assignation à résidence au domicile conjugal. Par suite, M. C, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige prolongeant l'assignation à résidence dont il fait l'objet est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ou qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprennent en partie, depuis le 1er mai 2021, les dispositions de l'article L. 561-2 de ce code.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 6 décembre 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Arzu Seyrek et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Signé :
H. JEANMOUGINLa greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026