jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 janvier 2024, Mme C A épouse B (ci-après Mme A), représentée par Me Vérilhac, demande au tribunal :
1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 28 septembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un mois ;
2) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et lui délivrer sous huit jours une autorisation provisoire de séjour pour la durée de ce réexamen, le tout sous la même astreinte ;
3) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros HT sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à défaut à son profit.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle est illégale, faute pour l'administration de produire l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- les scans de signature ne sont pas une signature électronique régulière ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- la décision contestée est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- l'autorité administrative s'est crue à tort liée par l'avis du collège de médecins ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte atteinte aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un jugement du 15 avril 2024, la vice-présidente désignée par le président du tribunal a annulé l'obligation de quitter le territoire français et les décisions subséquentes et réservé l'examen des conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour et des conclusions accessoires qui s'y rattachent.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'ordonnance n°2005-1516 du 8 décembre 2005 ;
- le décret n°2010-112 du 2 février 2010 ;
- l'arrêté du 13 juin 2014 portant approbation du référentiel général de sécurité et précisant les modalités de mise en œuvre de la procédure de validation des certificats électroniques ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- et les observations de Me Vérilhac, avocate de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, ressortissante de la république fédérale du Nigéria, née en 1972, entrée irrégulièrement en France en 2015 selon ses déclarations, a sollicité le bénéfice d'une protection internationale le 27 janvier 2016, qui lui a été définitivement refusée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 mai 2017. Elle a toutefois obtenu une carte de séjour temporaire valable trois mois, du 28 novembre 2017 au 28 février 2018 qui n'a pas été renouvelée et s'est vue opposer un refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de l'Eure du 22 juin 2018. Elle a ensuite fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai par un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 23 novembre 2020 et d'un nouveau refus de séjour assorti lui aussi d'une mesure d'éloignement par un second arrêté du 13 juin 2022. Tous les recours de Mme A ont été rejetés, soit en première instance soit en appel.
2. Mme A ayant présenté dans le cadre d'une instance contentieuse des documents médicaux nouveaux, le préfet de la Seine-Maritime a à nouveau saisi pour avis le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et, par un arrêté du 28 septembre 2023, à nouveau rejeté la demande d'admission au séjour de la requérante, obligée celle-ci à quitter le territoire français sous trente jours, fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Mme A demande à titre principal au tribunal d'annuler cet arrêté.
3. Le jugement visé ci-dessus a statué sur les conclusions de Mme A dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et les décisions subséquentes. Ainsi, ne demeure en litige que les conclusions de la requérante dirigées contre la décision refusant de lui délivrer une carte de séjour temporaire ainsi que les conclusions accessoires qui s'y rattachent.
Sur la décision de refus de délivrance d'une carte de séjour temporaire :
En ce qui concerne les moyens qui se rattachent à la régularité de l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et à la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
5. En premier lieu, le préfet de la Seine-Maritime a produit l'avis rendu par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 23 juin 2023. Par suite, le moyen tiré de ce que cet avis n'aurait pas été recueilli manque en fait.
6. En deuxième lieu, la circonstance que les réponses émises par les membres du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration n'aient pas fait l'objet d'échanges oraux ou écrits est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives : " I. - Un référentiel général de sécurité fixe les règles que doivent respecter les fonctions des systèmes d'information contribuant à la sécurité des informations échangées par voie électronique telles que les fonctions d'identification, de signature électronique, de confidentialité et d'horodatage. Les conditions d'élaboration, d'approbation, de modification et de publication de ce référentiel sont fixées par décret. / II. - Lorsqu'une autorité administrative met en place un système d'information, elle détermine les fonctions de sécurité nécessaires pour protéger ce système. Pour les fonctions de sécurité traitées par le référentiel général de sécurité, elle fixe le niveau de sécurité requis parmi les niveaux prévus et respecte les règles correspondantes. Un décret précise les modalités d'application du présent II. / III. - Les produits de sécurité et les prestataires de services de confiance peuvent obtenir une qualification qui atteste de leur conformité à un niveau de sécurité du référentiel général de sécurité. Un décret précise les conditions de délivrance de cette qualification. Cette délivrance peut, s'agissant des prestataires de services de confiance, être confiée à un organisme privé habilité à cet effet ". Aux termes de l'article 1er du décret du 2 février 2010 pris pour l'application des articles 9, 10 et 12 de l'ordonnance n°2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives : " Le référentiel général de sécurité prévu par l'article 9 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 susvisée fixe les règles auxquelles les systèmes d'information mis en place par les autorités administratives doivent se conformer pour assurer la sécurité des informations échangées, et notamment leur confidentialité et leur intégrité, ainsi que la disponibilité et l'intégrité de ces systèmes et l'identification de leurs utilisateurs. / Ces règles sont définies selon des niveaux de sécurité prévus par le référentiel pour des fonctions de sécurité, telles que l'identification, la signature électronique, la confidentialité ou l'horodatage, qui permettent de répondre aux objectifs de sécurité mentionnés à l'alinéa précédent. / La conformité d'un produit de sécurité et d'un service de confiance à un niveau de sécurité prévu par ce référentiel peut être attestée par une qualification, le cas échéant à un degré donné, régie par le présent décret ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le référentiel général de sécurité ainsi que ses mises à jour sont approuvés par arrêté du Premier ministre publié au Journal officiel de la République française. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information concourt à l'élaboration de ce référentiel et à sa mise à jour en liaison avec la direction interministérielle du numérique. Ce référentiel est mis à disposition du public par voie électronique ". L'arrêté du 13 juin 2014 portant approbation du référentiel général de sécurité et précisant les modalités de mise en œuvre de la procédure de validation des certificats électroniques approuve, en son article 1er, la version 2.0 du référentiel général de sécurité prévu à l'article 2 du décret du 2 février 2010 et, en son article 2, en assure la disponibilité par voie électronique sur le site internet de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information et sur le site internet du secrétariat général à la modernisation de l'action publique.
8. Enfin, l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Le collège à compétence nationale () est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle () ".
9. L'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, produit au dossier par le préfet de la Seine-Maritime, est revêtu des signatures électroniques des trois médecins membres du collège médical de l'office. Le préfet de la Seine-Maritime fait valoir sans contestation utile et pertinente que l'application " Thémis ", qui permet l'apposition des signatures électroniques, et à laquelle les médecins signataires ne peuvent accéder qu'au moyen de deux identifiants et de deux mots de passe qui leur sont propres, présente les garanties de sécurité de nature à assurer l'authenticité des signatures ainsi que le lien entre elles et leurs auteurs. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration doit être écarté.
10. En quatrième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme A souffre d'un diabète de type 2, d'un syndrome anxiodépressif sévère avec risque d'autolyse, de troubles bilatéraux du canal carpien et d'un syndrome du canal lombaire étroit. Ces pathologies nécessitent une prise en charge médicale, ainsi que les parties s'y accordent d'ailleurs.
12. Toutefois, il ressort des termes non contestés de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai du 1er décembre 2023 que l'admission au séjour de Mme A en 2017 a alors été motivée exclusivement par une intervention chirurgicale qu'elle a subie en novembre 2017 et la durée de validité du titre de séjour qui lui a été remis a été strictement limitée à la période de convalescence qui a suivi, soit quatre mois. L'avis émis dans ces circonstances est donc sans incidence sur l'appréciation, près de six ans après, de la situation de l'intéressée, qui a entretemps évolué. Le certificat dont elle se prévaut, établi par un médecin généraliste le 5 juillet 2022, est peu circonstancié. En particulier, ni ce certificat, ni aucun autre élément du dossier n'apportent de considérations personnalisées et permettant d'apprécier la gravité du diabète et du syndrome anxiodépressif et, par suite, des conséquences que pourrait emporter une interruption de la prise en charge. Si une nouvelle intervention chirurgicale est recommandée pour la prise en charge de son syndrome du canal carpien, il ressort des pièces du dossier que celle-ci est différée depuis plusieurs années, sans qu'aucune aggravation particulière ne soit justifiée. En outre, si elle a été prise en charge pour un syndrome du canal lombaire étroit en 2017 et si l'intervention qu'elle a subie n'a alors pas permis une récupération totale, son état de santé est décrit comme consolidé et il n'existe pas de perspective d'une nouvelle intervention. Enfin, le certificat médical du 11 avril 2024 est rédigé en termes généraux, peu circonstanciés, les " gestes vitaux " qui y sont mentionnés ne sont pas décrits et ne peuvent ainsi pas être qualifiés, et il ne ressort pas des pièces du dossier que les éléments de fait qui y sont relatés n'auraient pas été pris en compte par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration pour émettre son avis.
13. Il s'ensuit que les pathologies invoquées ne peuvent être regardées comme étant de nature, au sens des dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 visé ci-dessus, à mettre en jeu le pronostic vital ou à emporter une atteinte à son intégrité physique ou une altération significative d'une fonction importante, avec une probabilité élevée et à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné. Ce critère n'étant pas rempli, le collège de médecins de l'OFII n'était pas tenu de se prononcer explicitement sur la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
14. Dans ces conditions, Mme A n'apporte pas d'éléments suffisants pour infirmer les conclusions de l'avis du collège des médecins de l'OFII, sur lequel s'est notamment appuyé le préfet pour prendre la décision en litige sans pour autant se sentir lié par ledit avis. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens :
15. En premier lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". La décision de refus de titre de séjour attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement ; elle est, par suite, suffisamment motivée.
16. En deuxième lieu, il ressort de la seule lecture de l'arrêté qu'il a été pris au terme d'un examen de la situation particulière de Mme A.
17. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". En application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
18. Il ressort des pièces du dossier que Mme A était présente en France depuis environ sept ans à la date de l'arrêté attaqué alors qu'elle a vécu la majeure partie de sa vie au Nigéria, jusqu'à l'âge de 43 ans. Elle est célibataire et sans charge de famille sur le territoire alors qu'elle n'est pas isolée dans son pays d'origine où elle dispose de ses deux parents et de ses cinq enfants, ainsi qu'elle l'a déclarée lors d'une audition par les forces de l'ordre le 21 décembre 2022. Elle ne justifie d'aucune autre attache familiale en France. Par ailleurs, en dépit de la durée de son séjour en France, qui ne s'est prolongée qu'en raison des obstacles qu'elle a mis à l'exécution des quatre précédentes mesures d'éloignement prononcées à son encontre et confirmées par les juridictions administratives qu'elle avait saisies, Mme A ne justifie d'aucune insertion professionnelle et sociale de nature à garantir son intégration réussie à la société française. En particulier, elle ne dispose ni d'un logement autonome, ni d'aucune source de revenus et a déclaré lors de la même audition par les forces de l'ordre le 21 décembre 2022 ne satisfaire à ses besoins élémentaires que grâce à l'aide apportée par des associations caritatives.
19. Il suit de là que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de sa destinataire.
20. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait sollicité son admission exceptionnelle au séjour et le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fait application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour rejeter la demande de la requérante. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Ses conclusions et celles de son avocat tendant à l'octroi de frais d'instance doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions restant en litige de la requête de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B, à la SELARL Eden Avocats et au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
Robin Mulot
La présidente,
signé
Anne Gaillard
Le greffier,
signé
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2400197
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026