mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | NJEM EYOUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 janvier 2024 M. A F D, représenté par Me Njem Eyoum, demande au tribunal :
1) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2) d'annuler la décision du 18 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a décidé son assignation à résidence ;
3) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 au bénéfice de Me Njem Eyoum.
M. D soutient que la décision :
* a été signée par une autorité incompétente ;
* souffre d'une motivation insuffisante ;
* ne peut être adoptée car il n'a pas fait l'objet de l'obligation de quitter le territoire français servant de base légale à son assignation, c'est obligation ayant été adoptée à l'encontre de de M. C B qui n'est pas lui ;
* méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
* procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. E comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 22 janvier 2024, présenté son rapport et entendu les observations orales de Me Njem Eyoum, avocat commis d'office représentant M. D qui soutient que :
* il n'est pas M. C B ; les photographies produites ne peuvent suffire à démontrer que lui et le dénommé C B sont la même personne ;
* aucune obligation de quitter le territoire français n'a été adoptée à son encontre de sorte que la décision dépourvue de base légale.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 9** heures 25, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.
1. M. D, ressortissant algérien, né le 30 mars 1997, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 2021. Par arrêté du 18 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours aux motifs qu'il est connu sous l'alias de M. C B né le 2 février 2004, qu'il ne présente pas de document d'identité ou de séjour en cours de validité, qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai a été adoptée à son encontre sous l'identité de M. C B avec laquelle il est très défavorablement connu des services de police et que les démarches nécessaires à son éloignement imposent son assignation à résidence. M. D demande l'annulation de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été adoptée en application d'une obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C B. Si l'autorité préfectorale fait valoir que ce dernier et M. D sont la même personne, le requérant dément cette corrélation. D'une part, pour justifier de l'identité de personnes, l'autorité préfectorale se borne à produire deux procès-verbaux du 16 janvier 2024 faisant état d'une " correspondance parfaite " entre les photographies de M. D et M. B ainsi que trois copies de photographies non datées et portant des mentions manuscrites non signées faisant mention de l'identité des intéressés. D'autre part, M. D, qui n'a pas été interrogé sur cette correspondance alléguée lors de ses diverses auditions par les services de police n'a, au cours de ceux-ci, pas fait mention d'une identité autre que celle dont il se prévaut. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D et M. B seraient une seule et même personne. Par suite, alors qu'il est constant qu'aucune obligation de quitter le territoire français n'a été adoptée à l'encontre de M. D, le préfet de la Seine-Maritime ne pouvait pas adopter à son encontre une mesure d'assignation à résidence. Le requérant est donc, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, fondé à en demander l'annulation.
Sur les conclusions relatives aux frais liés à l'instance :
4. Ainsi qu'il a été dit, M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Njem Eyoum, avocat de M. D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Njem Eyoum de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. D.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 18 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a décidé de l'assignation à résidence de M. D est annulée.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me Njem Eyoum, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive de M D au bénéfice de l'aide juridictionnelle et que Me Njem Eyoum renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à Me Njem Eyoum et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,
Signé :
T. E
La greffière,
Signé :
P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026