vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400253 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FABRE & ASSOCIEES, SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, Mme B C, représentée par Me Desmeulles, demande au juge des référés :
1°) de condamner le Groupe hospitalier du Havre (GHH) à lui verser une provision de 130 000 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, assortie des intérêts au taux légal à compter de la notification de sa réclamation préalable indemnitaire ;
2°) de mettre à la charge du Groupe hospitalier du Havre, outre les entiers dépens de la présente instance, la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- L'obligation n'est pas sérieusement contestable dès lors qu'il ressort du rapport d'expertise que le GHH a commis des fautes ;
- L'étendue de l'obligation n'étant susceptible d'être contestée que sur la question des préjudices résultant du manquement à l'obligation d'information et sur les souffrances endurées et le préjudice esthétique, et dès lors qu'elle sollicite le paiement de la somme totale de 142 880,50 euros, elle propose de fixer le montant de la provision de 130 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le Groupe hospitalier du Havre, représenté par Me Tordjman, Selarl Fabre et associés, conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il existe plusieurs contestations sérieuses qui excluent toute indemnisation à ce stade, dès lors que :
- Les opérations d'expertise sont critiquables ;
- Le contenu du rapport d'expertise est critiquable car l'expert a fondé ses conclusions sur des pièces dont il ne disposait pas ;
- En tout état de cause, ses conclusions sont dénuées de tout fondement ;
- Il est indispensable d'obtenir un complément de rapport et la mise en cause de l'hôpital Saint George.
La requête de Mme C a été communiquée au Compensation Recovery Unit en vue de permettre au National Health Service d'exposer ses débours ; aucune observation n'a été produite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. " . Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. Il résulte de l'instruction que Mme C, ressortissante britannique, a subi, le 6 avril 2016, au sein du Groupe Hospitalier du Havre (GHH) une intervention destinée à l'aider à perdre du poids consistant en un " mini by pass " ou " by pass en omega ". Elle a quitté le GHH le 8 avril 2016 et la France le 10 avril 2016. Des complications sont apparues dès le mois de mai 2016 consistant notamment en des diarrhées, un amaigrissement trop rapide, des chutes, un déficit en vitamine A entraînant une baisse de la vision nocturne. A partir de septembre 2016, Mme C a été prise en charge à l'hôpital Saint George de Londres, au sein duquel le mini by pass a notamment été supprimé le 24 mars 2017 et une anastomose gastro-gastrique mise en place. Le 22 novembre 2017, une sténose de cette anastomose a été découverte. Mme C, qui a refusé une reprise chirurgicale en vue de la mise en place d'un " by pass en Y à la Roux ", est alimentée, au moins depuis décembre 2019, par une sonde. Elle a saisi le juge des référés qui a désigné le docteur A comme expert le 14 janvier 2022. L'expert a remis son rapport le 22 juillet 2022 et, au vu de celui-ci, Mme C a formé une demande indemnitaire préalable, ne portant que sur ses préjudices extra-patrimoniaux, auprès du GHH qui lui a opposé un refus explicite le 4 janvier 2024. Par la présente requête, elle demande la condamnation du GHH à lui verser une provision de 130 000 euros.
3. Pour demander la condamnation du GHH au paiement d'une provision, Mme C soutient, s'appropriant les conclusions de l'expert, d'une part, que l'établissement a méconnu l'obligation d'information mise à sa charge par l'article L 1111-2 du code de la santé publique en ne l'informant pas des risques que comportait l'intervention, d'autre part, que le chirurgien a commis le 6 avril 2016 une erreur technique consistant à avoir placé l'anse en omega trop bas sur l'intestin grêle. Pour aboutir à la conclusion de l'existence d'une telle erreur technique, l'expert s'est fondé sur les constatations du chirurgien bariatrique qui a suivi Mme C en Angleterre, lequel avait fait réaliser un ou plusieurs scanners, et sur le compte-rendu de l'intervention du 24 mars 2017, qu'il a reproduit en anglais dans son rapport et qu'il a traduite. Le GHH fait valoir, pour contester les conclusions de l'expert s'agissant de la faute technique, notamment que le ou les scanners avec leur compte-rendu n'ont pas été versés aux débats lors de l'expertise et que l'expert n'en disposait pas, qu'il en va de même du compte rendu de l'intervention du 24 mars 2017, que l'erreur technique retenue est impossible compte tenu de la manière de réaliser un mini by pass en omega, que les troubles présentés par Mme C constituent des complications connues de la chirurgie bariatrique en dehors de toute faute technique et que leur prise en charge en Grande Bretagne peut être critiquée.
4. S'il est inexact d'affirmer que l'expert n'a pas disposé du compte rendu de l'intervention du 24 mars 2017 qu'il a reproduit et traduit comme il vient d'être dit, il n'est pas contesté que le ou les scanners n'ont pas été versés aux débats et, alors que l'erreur technique imputée par l'expert au chirurgien est, selon ses propres termes, possible mais rare et non répertoriée dans la littérature médicale, l'expert n'a pas précisément répondu aux objections du GHH sur le caractère connu, hors de toute faute technique, des complications présentées par Mme C ni sur la manière dont elles ont été prises en charge en Angleterre. Dans ces conditions, et alors au surplus que Mme C ne conteste pas, dans la présente instance, que le défaut d'information imputé au GHH ne lui a pas fait perdre une chance d'échapper aux complications en renonçant à l'intervention, l'obligation dont elle se prévaut envers le GHH n' apparaît pas suffisamment non contestable pour que le juge des référé statuant sur le fondement de l'article R 541-1 du code de justice administrative puisse, eu égard à son office, condamner l'établissement défendeur au paiement d'une provision. Les conclusions de Mme C à cette fin doivent donc être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge du GHH sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative et que ses conclusions relatives aux dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à la Compensation Recovery Unit et au Groupe Hospitalier du Havre.
Fait à Rouen, le 3 mai 2024.
La juge des référés,
signé
A. D
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026