vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | KREUZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2024, M. B C demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 21 janvier 2024 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours dans la commune de Rouen et a prolongé de cinq mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par un précédent arrêté du 7 novembre 2023.
M. C soutient que les décisions attaquées :
- sont entachées d'incompétence de leur auteur ;
- sont insuffisamment motivées ;
- ne procèdent pas d'un examen sérieux de sa situation particulière ;
- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- sont entachées d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle M. A a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Au cours de l'audience publique du 26 janvier 2023, après avoir présenté son rapport, ont été entendues :
- les observations de Me Kreuzer, commise d'office pour M. C, qui déclare se désister des conclusions dirigées contre la décision d'assignation à résidence ; souligne la fragilité de la décision de prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français dans la mesure où, s'il était accueilli favorablement, l'appel contre le jugement ayant rejeté le recours formé contre l'arrêté du 7 novembre 2023 prononçant une obligation de quitter le territoire français et une première interdiction de retour sur le territoire français d'un mois priverait de fondement la prolongation d'interdiction de retour attaquée ; en raison des liens avec son enfant de nationalité française, la décision restant en litige est contraire à l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- et les observations de M. C qui affirme entretenir des liens étroits avec sa fille et la mère de celle-ci.
La clôture de l'instruction est intervenue à 09 h 33 à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant gambien né le 27 novembre 2000 déclarant être entré en France en août 2019, a fait l'objet d'un arrêté préfectoral du 7 novembre 2023 prononçant une obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant un mois. Ces mesures sont devenues définitives après que le magistrat désigné a, par jugement n° 2304547 du 29 novembre 2023 non frappé d'appel, rejeté le recours en excès de pouvoir formé par l'intéressé. Par les deux arrêtés du 21 janvier 2024 attaqués, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français de cinq mois et a assigné M. C à résidence dans la commune de Rouen.
Sur le désistement :
2. M. C a déclaré au cours de l'audience se désister des conclusions de sa requête en tant qu'elles tendent à l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2024 l'assignant à résidence. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement partiel, pur et simple.
Sur la légalité de la prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français :
3. En premier lieu, en vertu de l'article 2 de l'arrêté du 30 janvier 2023 du préfet de la Seine-Maritime, publié au Recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime spécial n° 76-2023-009 du même jour, M. Aurélien Diouf, secrétaire général adjoint, a reçu délégation pour signer les décisions prises en application, notamment, du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pendant les services de permanence du corps préfectoral, dont les heures de fermeture de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français du dimanche 21 janvier 2024 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral attaqué reproduit les termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et singulièrement son 1° relatif aux étrangers s'étant maintenus sur territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai. L'arrêté énonce que M. C se trouve dans cette situation. La décision en litige comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C s'est maintenu sur le territoire national en dépit de l'obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'un mois du 7 novembre 2023. S'il affirme avoir fait appel du jugement du 29 novembre 2023 ayant rejeté son recours en excès de pouvoir formé contre cet arrêté préfectoral du 7 novembre 2023, il n'en justifie pas et cette circonstance serait, en toute hypothèse, sans incidence sur le caractère exécutoire de l'obligation de quitter le territoire français dès lors que l'appel n'a pas de caractère suspensif. L'erreur de droit invoquée n'est donc pas établie.
6. En dernier lieu, si le requérant affirme vivre avec sa fille née en France le 30 décembre 2021, il ne l'établit pas dès lors notamment qu'il a déclaré lors de ses interpellations pour vol ne pas avoir de domicile stable. Dans ces conditions, en ayant prolongé d'une durée de cinq mois la durée initiale d'un mois de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par arrêté du 7 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation et n'a pas manqué à son obligation de faire de l'intérêt de l'enfant une considération primordiale au sens des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé de cinq mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français d'un mois prononcée par arrêté du 7 novembre 2023.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance des conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2024 l'assignant à résidence.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
P. A La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400281
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026