mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2400354 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DANTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2024, et un mémoire, enregistré le 16 février 2024, M. A se disant Ansoumane C, représenté par Me Souty, demande :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 décembre 2023 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a refusé de lui délivrer une carte de séjour, subsidiairement, avant dire droit, saisir l'autorité judiciaire pour avis sur son état civil ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de dix jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
' la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie ;
' la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
- cette décision méconnaît l'article L. 111-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 47 du code civil ;
- aucun juge compétent en matière d'état civil n'ayant été saisi, l'autorité administrative n'est pas en droit d'indiquer que l'extrait d'acte de naissance produit est " jugé " contrefait ;
- il n'est pas exact, compte tenu des restrictions d'entrée à la préfecture, qu'il s'y est présenté muni d'une fausse convocation ;
- cette décision n'est pas suffisamment motivée au sens des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- son cas particulier n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé ;
- cette décision méconnaît l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet a spontanément appliqué à son cas ;
- cette décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les rapports d'analyse de la direction interdépartementale de la police aux frontières (DIPAF) du Havre du 30 décembre 2020 doivent être écartés des débats ;
- la juridiction pourrait mettre en œuvre ses pouvoirs d'instruction pour obtenir les originaux de ces rapports pour en vérifier les mentions ;
- ces analyses sont contredites par les analyses documentaires effectuées plus récemment, le 2 août 2023.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 30 janvier 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Etablissements Fourment, représentée par Me Dantier, s'associe aux conclusions de la requête.
La SAS Etablissements Fourment soutient que :
- elle a intérêt et qualité à intervenir ;
- elle est satisfaite, en qualité de maître d'apprentissage, du requérant et le refus de séjour opposé par le préfet de la Seine-Maritime procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- la situation d'urgence n'est pas établie ;
- aucun moyen n'étant fondé, aucun doute sérieux quant à la légalité du refus de renouvellement de séjour attaqué n'est caractérisé.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. B comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 28 janvier 2024 sous le n° 2400350, par laquelle M. C demande, notamment, l'annulation de la décision préfectorale attaquée ;
- les autres pièces du dossier, notamment celles versées le 2 février 2024, le 14 février 2024 et le 15 février 2024 pour M. C.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2003-734 du 1er août 2003 ;
- l'arrêté du 1er février 2011 relatif aux missions et à l'organisation de la direction centrale de la police aux frontières ;
- le code de justice administrative.
Après avoir convoqué à l'audience publique :
- Me Souty ;
- Me Dantier ;
- et le préfet de la Seine-Maritime.
Après la présentation du rapport, en séance publique le 19 février 2024, ont été entendues :
- les observations de Me Souty, pour le requérant, qui reprend, en les précisant, les conclusions et moyens de la requête et ajoute que l'interruption de la scolarité, la suspension du contrat d'apprentissage et plus généralement la rupture du processus d'intégration scolaire, brillant et prometteur, du parcours professionnel et du retentissement dans la vie personnelle de l'intéressé constituent une atteinte grave et, compte tenu du délai prévisible du jugement au fond, immédiate à sa situation ; souligne que la convocation en préfecture qu'il a obtenue n'était pas une tentative de fraude mais seulement une démarche pour s'enquérir de l'avancement d'un dossier qui était à l'instruction dans les services préfectoraux depuis juin 2021 ; rappelle que les juges des enfants et des tutelles n'ont pas remis en cause l'état civil, qu'aucun juge pénal n'a engagé de poursuites et que le ministère public n'a pas été saisi par l'administration alors qu'elle aurait dû procéder à un signalement en application de l'article 40 du code de procédure pénale si une fraude avait été révélée et signale que les documents lui seront d'ailleurs restitués ; affirme que les conditions dans lesquelles la DIPAF du Havre a été saisie en 2020 sont des plus suspectes, sans doute imputables à une initiative spontanée d'un agent des services de l'aide sociale à l'enfance en dehors de la phase d'évaluation de la minorité, ce qui conduit à rendre irrégulière l'analyse alors effectuée de la validité des extraits d'acte de naissance du 27 juin 2003 et du jugement supplétif du 27 février 2019 ; soutient que les analyses procèdent d'erreurs et que, à les supposer établies, les anomalies ne remettent nullement en cause la véracité des nom, prénom et date de naissance du requérant ; observe que l'analyse faite plus récemment, en 2023, du jugement supplétif et de son expédition contredit l'analyse de 2020 en ce qui concerne notamment la qualité du timbre sec laissé sur le papier, le gaufrage pouvant, en quelques années de conservation dans les locaux humides de la DIPAF, être passée de peu lisible à illisible ;
- et les observations de Me Dantier, pour la SAS Etablissements Fourment, qui reprend les conclusions et moyens du mémoire en intervention et précise que l'entreprise a dû modifier son plan de charge et son planning de travaux en raison de la décision attaquée, et ce, alors qu'elle est titulaire d'un contrat de maintenance des appareils de signalisation routière de l'agglomération rouennaise dont elle a confié l'exécution à une équipe restreinte composée notamment du requérant, lequel est un très bon technicien qu'elle envisage de recruter comme salarié le moment venu.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, le même jour à 9 h 56, en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre le requérant provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Sur l'intervention :
2. La SAS Etablissements Fourment, maître d'apprentissage du requérant, a intérêt à la suspension de la décision de refus de délivrer à ce dernier une carte de séjour l'autorisant à travailler.
Sur la suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () " Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. " Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. "
5. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
En ce qui concerne la validité de certaines pièces produites par le préfet :
6. La preuve est libre devant le juge administratif. En outre, en matière de police administrative, dont relève l'application de la législation et de la réglementation sur le séjour des étrangers, l'autorité compétente ne peut renoncer à son pouvoir de se prononcer sur le caractère probant des actes d'état civil ou de refuser de tenir compte de certains actes pour faire échec à la fraude. Dans l'exercice de cette mission, l'administration n'est pas tenue de saisir l'autorité judiciaire préalablement à l'édiction de ses décisions et peut tenir compte de tous éléments portés à sa connaissance, même recueillis de manière illicite ou irrégulière. Ainsi, les circonstances dans lesquelles l'extrait d'acte de naissance n° 803 et un jugement supplétif d'acte de naissance n° 4430 du 27 février 2019 ont été confiés à l'analyste en fraude documentaire de la DIPAF du Havre et ont donné lieu à deux rapports du 30 décembre 2020, à une date à laquelle la demande de titre de séjour n'avait pas encore été déposée en préfecture, sont sans incidence sur la régularité de la procédure suivie par les services de la préfecture comme sur la régularité de la procédure suivie devant le tribunal. Par suite, les demandes du requérant tendant à écarter des débats les deux rapports de la DIPAF du Havre du 30 décembre 2020 et/ou à inviter l'autorité administrative à produire les exemplaires en original de ces analyses afin d'en vérifier les mentions relatives à leur élaboration ne peuvent être accueillies.
7. En tout état de cause, il résulte de l'article 6-2 du décret n° 2003-734 du 1er août 2003 portant création et organisation des services déconcentrés de la direction centrale de la police aux frontières, désormais abrogé mais en vigueur à la date des rapports d'analyse du 30 décembre 2020 mentionnés au point 6, que la DIPAF est placée sous l'autorité du préfet de département et qu'elle est son conseiller en matière de contrôle de la circulation transfrontalière et de lutte contre l'immigration irrégulière. Services déconcentrés de la direction centrale de la police aux frontières du ministère en charge de l'intérieur, les DIPAF exécutent, notamment, les missions dévolues à la sous-direction de l'immigration et de l'éloignement au nombre desquelles figurent, en vertu de l'antépénultième alinéa de l'article 5 de l'arrêté ministériel du 1er février 2011 relatif aux missions et à l'organisation de la direction centrale de la police aux frontières applicable à la date des rapports du 30 décembre 2020 et depuis abrogé, l'examen technique des documents d'identité et de voyage, la centralisation, la diffusion de l'information sur les techniques de fraude ainsi que l'amélioration des méthodes de détection des documents apocryphes et de la sécurité de la délivrance des titres. Par suite, le moyen tiré de ce que les rapports d'analyse en cause auraient été établis en dehors de toute procédure légale doit être écarté dès lors qu'il était toujours loisible au préfet de la Seine-Maritime de se fonder sur un avis émis par ses services, en l'occurrence ceux de la DIPAF du Havre, quelles que soient les conditions dans lesquelles ce dernier service a eu connaissance des extrait d'acte de naissance et jugement supplétif guinéens dont le requérant ne soutient au demeurant pas qu'ils ne sont pas les siens.
En ce qui concerne l'état civil du requérant :
8. Il résulte des dispositions de l'article 193 du code civil guinéen, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de la loi ordinaire L/2019/035/AN du 4 juillet 2019, qu'un jugement supplétif d'acte de naissance doit être rendu par la juridiction compétente du lieu de naissance de l'enfant lorsque la naissance n'a pas été déclarée dans le délai fixé par l'article 192 du même code. En l'espèce, alors pourtant que le requérant a présenté, après son entrée sur le territoire français en mars 2018, un extrait d'acte de naissance n° 803 qui énonce que sa naissance, le 20 juin 2003 à Kankan, a été déclarée le 27 juin suivant dans le délai légal, il s'est procuré, pour des motifs invérifiables, un jugement supplétif d'acte de naissance n° 4430 du 27 février 2019 rendu par le tribunal de première instance de Kankan. L'intéressé soutient que ce jugement supplétif, dont il admet qu'il a été rendu en méconnaissance de l'article 193 du code civil guinéen, constitue un acte superfétatoire qui n'altère en rien le caractère réel des faits déclarés et mentionnés dans l'extrait d'acte de naissance.
9. Il résulte des énonciations du document présenté comme l'extrait d'acte de naissance en cause qu'il est l'exemplaire remis au déclarant, à savoir le père du requérant, le jour même de la déclaration à l'état civil de Kankan le 27 juin 2003. Si, au vu de l'analyse effectuée le 30 décembre 2020 par la DIPAF du Havre, ce document a été confectionné sur un support dont la matière et la dimension sont conformes, le fond d'impression et les mentions permanentes ne sont pas imprimés selon le procédé offset mais par une imprimante laser qui n'offre pas les mêmes garanties d'authenticité. Ce mode artisanal de fabrication du formulaire ne constituerait pas une anomalie substantielle si une faute d'orthographe à l'adverbe " pas " écrit sans " s " dans la formule " ne pas compter dans le rang, les enfants morts nés " n'altérait une mention fixe pré-imprimée du formulaire et si la marque laissée par le tampon du timbre humide permettant de garantir l'authenticité de l'extrait n'avait pas été corrigée manuscritement. Contrairement à ce que soutient l'intéressé, ces irrégularités, portant sur la fabrication et l'authentification d'un document officiel, pouvaient légalement conduire l'autorité administrative à estimer qu'elles constituaient une contrefaçon affectant la crédibilité du contenu même de l'acte. Enfin, le requérant, qui a produit un jugement supplétif qu'il considère finalement inutile sans chercher à obtenir la copie de l'acte de naissance qui devrait en principe figurer dans les registres de la commune de Kankan de l'année 2003, ne conteste pas, au surplus, que le seul acte d'état civil qu'il a soumis à l'autorité de police n'a fait l'objet d'aucune légalisation. La circonstance que, pour des motifs tenant à la protection de l'enfance, l'autorité judiciaire française se soit, au cours de l'année 2018, accommodée du ou des document(s) présenté(s) est, en l'espèce, sans incidence sur la légalité de la mesure de police du 22 décembre 2023 contestée. Par ailleurs, la nature des documents soumis aux autorités guinéennes n'étant pas précisée, la délivrance d'une carte d'immatriculation consulaire ne suffit pas à considérer que le préfet s'est mépris dans l'application des dispositions précitées des articles R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 47 du code civil. Par suite, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de la méconnaissance de ces textes n'est pas de nature à susciter un doute sérieux sur la légalité de la décision de refus de séjour attaquée.
10. Dès lors qu'un titre de séjour constitue un titre de police et de circulation qui ne peut être remis qu'à une personne dont l'identité est établie, le préfet de la Seine-Maritime était fondé à estimer qu'il ne pouvait délivrer un titre de séjour, sur quelque fondement que ce soit, au requérant qui ne justifiait pas de son état civil. Ce seul motif justifiant légalement le refus de titre en litige, aucun des autres moyens soulevés n'est donc propre à créer un doute sérieux sur la légalité de cette mesure de police.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence et sans qu'il soit utile de saisir l'autorité judiciaire d'une question préjudicielle, que le requérant n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 décembre 2023 du préfet de la Seine-Maritime en tant qu'il a refusé de lui délivrer une carte de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la SAS Etablissements Fourment est admise.
Article 2 : Le requérant est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La requête est rejetée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à X. se disant Ansoumane C, à Me Vincent Souty, à la société par actions simplifiée Etablissements Fourment et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 20 février 2024.
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400354
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026