LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2400534

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2400534

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2400534
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 février 2024, M. C E demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté notifié le 11 février 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pendant la durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai et de réexaminer sa situation sans délai, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.

Il soutient que les décisions :

- ont été prises par une autorité incompétente ;

- ne sont pas suffisamment motivées ;

- ont été prises sans examen de sa situation personnelle ;

- sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 13 février 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision du président du tribunal désignant Mme F comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 16 février 2024, ont été entendus le rapport de Mme F, et les observations de Me Camail, avocate commise d'office, pour M. E, et de M. E, assisté de Mme A, interprète en albanais, qui persiste dans ses conclusions et moyens, mais ajoute qu'il encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine, que le préfet aurait dû demander à la Grande-Bretagne ce qu'il en était de sa demande d'asile et que l'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les droits garantis par l'article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le préfet du Morbihan n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, de nationalité albanaise, demande au tribunal d'annuler l'arrêté notifié le 11 février 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pendant la durée d'un an.

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été pris par Mme B D qui disposait, en qualité de sous-préfète de Pontivy, d'une délégation de signature du préfet du Morbihan par arrêté du 2 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 56-2023-002 du 6 janvier 2023, pour toutes les matières intéressant son arrondissement à l'exclusion de certaines dont ne relève pas l'arrêté contesté, et, pour l'ensemble du département pendant les permanences du corps préfectoral, les décisions d'éloignement prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Rien n'indique que la décision n'aurait pas été prise pendant les permanences du corps préfectoral. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté indique les considérations de droit et de fait sur lesquelles il est fondé, notamment la nationalité de M. E, son entrée irrégulière, l'absence de demande de titre de séjour, ses attaches en France et en Albanie, le risque qu'il se soustrait à la mesure d'éloignement prise à son encontre et l'absence de preuve d'un éventuel danger pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. Il est donc suffisamment motivé.

4. En troisième lieu, M. E n'a pas fait état, lors de son audition par les services de police, d'une demande d'asile qu'il aurait déposée en Grande-Bretagne. Il ne ressort donc pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. E n'aurait pas fait l'objet d'un réel examen par le préfet, qui n'était pas tenu de s'informer auprès de la Grande-Bretagne d'une éventuelle demande d'asile, avant l'édiction de l'arrêté en litige.

5. En quatrième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des déclarations imprécises du requérant, qui n'a pas entendu se placer sous la protection de la France et n'a pas demandé l'asile en rétention alors qu'il a été informé de cette possibilité, qu'il risquerait d'encourir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Albanie, pays qu'il a d'ailleurs déclaré avoir quitté il y a " longtemps ".

6. En cinquième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. E est convoqué à une audience du tribunal correctionnel de Lorient le 22 janvier 2025, pour, notamment, acquisition, détention et transport de produits stupéfiants et conduite sans assurance, il pourra demander l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an prise à son encontre pour se rendre à l'audience, à laquelle il pourra en tout état de cause se faire représenter. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

7. En dernier lieu, il ressort des propres déclarations du requérant que celui-ci est entré très récemment en France, début 2024. Il n'établit pas la régularité de son entrée sur le territoire et n'a pas demandé la délivrance d'un titre de séjour. Il n'établit aucune insertion sociale particulière ni perspective d'insertion professionnelle. Il a été placé en garde à vue pour trafic de stupéfiants et blanchiment d'argent et a reconnu devant les forces de police avoir été en possession de cannabis et de cocaïne. Il ne démontre pas avoir de la famille en France ni être dépourvu de toute attache en Albanie, son pays d'origine, ou dans un autre Etat dans lequel il serait légalement admissible. Il n'établit pas non plus encourir des risques de traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine. Par suite, en ayant obligé M. E à quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et en lui ayant interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an, le préfet du Morbihan n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté notifié le 11 février 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pendant la durée d'un an. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. C E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Morbihan.

Lu en audience publique le 16 février 2024.

La magistrate désignée,

H. F La greffière,

A. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions