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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2400595

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2400595

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2400595
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDANTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 février et 5 mai 2024, M. D A, représenté par Me Dantier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros, à verser directement à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1001 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît le droit d'être entendu résultant du principe général du droit de l'Union Européenne et de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 23 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision en date du 12 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. M. A, de nationalité algérienne, né le 22 février 1994, a été écroué à la maison d'arrêt de Rouen le 4 mars 2023 et condamné par jugement du tribunal judiciaire d'Evreux en date du 14 juin 2021 à trois mois d'emprisonnement pour des faits de dégradation du bien d'autrui avec entrée par effraction, et, par jugement du tribunal judiciaire de Rouen en date du 24 mars 2023, à douze mois d'emprisonnement pour des faits de transport, offre ou cession, et détention non autorisés de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, violence sur un fonctionnaire de la police nationale sans incapacité et violence sur un fonctionnaire de la police nationale suivie d'incapacité supérieure à huit jours et rébellion, assorti d'une interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans. Par un arrêté en date du 11 janvier 2024, le préfet de la Seine-Maritime a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en exécution de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français dont il a fait l'objet.

3. En premier lieu, par un arrêté n° 23-109 du 18 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime le même jour, le préfet de ce département a donné délégation à Mme C B, adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, à l'effet de signer, notamment, les mesures d'éloignement, de placement en rétention administrative et d'assignation à résidence des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 722-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que M. A fait l'objet d'une mesure judiciaire d'éloignement du territoire français. Par suite, l'arrêté attaqué vise les articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité ou de tout pays où il est légalement admissible. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de la décision attaquée doit être écarté comme manifestement non fondé.

5. En troisième lieu, par un courrier du 21 décembre 2023, notifié au requérant le 27 décembre 2023, M. A a été invité à présenter ses observations orales ou écrites au sujet de la décision de fixation du pays de destination avant l'intervention de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté comme manifestement infondé.

6. En dernier lieu, si M. A soutient que la décision fixant son pays de destination en litige est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle, méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit toutefois ces moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ces moyens doivent, par suite, être écartés comme n'étant manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, et des moyens de légalité interne qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier leur bien-fondé. Par suite, le délai de recours contentieux étant expiré, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Me Dantier et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 8 octobre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. Galle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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