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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2400715

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2400715

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2400715
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête enregistrée le 22 février 2024 sous le numéro 2400697, Mme E D, représentée par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pour la durée de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente de la réponse à la demande d'avis au Conseil d'Etat ;

4°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de son conseil la somme de 1 800 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A D soutient que :

Le refus de séjour :

- est insuffisamment motivé ;

- n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;

- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;

- méconnaît les articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II./ Par une requête enregistrée le 22 février 2024 sous le numéro 2400715, M. G B C, représenté par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) avant dire droit, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), préalablement appelé dans la cause, de produire l'ensemble de son dossier médical ;

2°) à titre préjudiciel, avant-dire droit, de saisir le Conseil d'Etat d'une demande d'avis concernant la question de la production, en cours d'instance, des éléments sur lesquels se base l'administration pour déterminer la réponse à la question de l'offre de soins dans le pays d'origine dans le cadre du contentieux des refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

3°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer pour la durée de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) subsidiairement, de surseoir à statuer dans l'attente de la réponse à cette demande d'avis.

6°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative

M. B C soutient que :

Le refus de séjour :

- est insuffisamment motivé ;

- n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;

- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;

- méconnaît les articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 avril 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- les décisions du 24 janvier 2024 et du 7 février 2024 par lesquelles les requérants ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- les décisions par lesquelles la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- et les observations de Me Leprince, pour les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C et Mme A D, ressortissants congolais nés respectivement en 1980 et 1986, sont entrés sur le territoire national munis de visas court-séjour, en avril 2018, selon leurs déclarations. A la suite du dépôt d'une première demande d'asile, en France, ils ont tous deux fait l'objet, le 22 juin 2018, d'arrêtés de transfert aux autorités finlandaises. Le 9 janvier 2020, ils ont été déclarés en fuite. Ils ont formé, le 23 janvier 2020, une nouvelle demande d'asile qui a été définitivement rejetée par la CNDA, le 9 mai 2023. Le 22 mai 2023, ils ont sollicité leur admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par les deux arrêtés contestés du 31 octobre 2023, le préfet de l'Eure a refusé d'accéder à leur demande, leur a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé leur pays de destination.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2400697 et 2400715 présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions tendant à la saisine du Conseil d'Etat d'une demande d'avis et à la mise en cause de l'OFII :

3. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de justice administrative : " Avant de statuer sur une requête soulevant une question de droit nouvelle, présentant une difficulté sérieuse et se posant dans de nombreux litiges, le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel peut, par une décision qui n'est susceptible d'aucun recours, transmettre le dossier de l'affaire au Conseil d'Etat, qui examine dans un délai de trois mois la question soulevée. Il est sursis à toute décision au fond jusqu'à un avis du Conseil d'Etat ou, à défaut, jusqu'à l'expiration de ce délai ".

4. Les requérants indiquent que le tribunal doit faire usage de ses pouvoirs d'instruction afin de se faire communiquer les éléments du dossier médical de M. B C détenu par l'OFII et saisir avant dire droit le Conseil d'Etat d'une demande d'avis en vertu des dispositions citées au point n°3, concernant la question de la production des éléments sur lesquels se fonde l'administration pour se prononcer sur l'offre de soins dans le pays d'origine, cette question soulevant, selon eux, une difficulté sérieuse. Toutefois, une telle demande n'est pas au nombre de celles sur lesquelles il appartient au juge de statuer de sorte que ces conclusions sont irrecevables.

5. En outre, M. B C n'a pas déposé de demande de titre de séjour " étranger malade " sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte que le collège de médecins de l'OFII n'a jamais été saisi pour avis, par l'autorité préfectorale. Ainsi, il n'y a pas lieu, pour le tribunal, d'appeler l'OFII en la cause. Les conclusions formées à cette fin ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les refus de séjour :

6. En premier lieu, les arrêtés attaqués énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet de l'Eure pour rejeter les demandes de titre de séjour de M. B C et Mme A D. Ces décisions sont, dès lors, suffisamment motivées.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées, qui présentent précisément les situations administrative, personnelle et familiale des requérants depuis leur arrivée en France, en avril 2018, seraient entachées d'un défaut d'examen particulier.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

9. M. B C et Mme A D se prévalent d'une durée de séjour en France de cinq ans, de la naissance, sur le territoire national, de leurs trois enfants, ainsi que de leur scolarisation. Toutefois, le couple ne justifie d'aucune insertion professionnelle en France. Il ne ressort pas des pièces du dossier, que les deux des trois enfants du couple, nés respectivement en 2016 et 2018 ne pourraient suivre une scolarité normale en République Démocratique du Congo, de sorte que leur intérêt supérieur ne peut être tenu pour lésé par les décisions litigieuses. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce versée aux débats que la cellule familiale, dont tous les membres possèdent la nationalité congolaise, ne pourrait se reformer en République Démocratique du Congo. Par suite, le préfet de l'Eure n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale des requérants, pas plus qu'il n'a porté atteinte à l'intérêt supérieur de leurs enfants en refusant de les admettre au séjour. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doivent être écartés de même que, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans la mise en œuvre du pouvoir discrétionnaire de régularisation.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le refus de séjour opposé par le préfet à M. B C et Mme A D, n'est pas illégal. Il ne peut donc être excipé de son illégalité à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français qui leur est faite.

11. En deuxième lieu, comme énoncé au point n°6, la décision portant refus de séjour, opposée à chacun des époux est suffisamment motivée. La décision portant obligation de quitter le territoire, qui a été prise en raison de l'existence d'un refus de séjour, n'a dès lors pas à faire l'objet d'une motivation distincte en vertu du 3° de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.

12. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mesures d'éloignement attaquées seraient entachées d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle des requérants.

13. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les motifs exposés au point n°9.

14. En cinquième lieu, la demande de titre de séjour " vie privée et familiale " des requérants n'ayant pas été complétée par ceux-ci, en dépit d'une invitation en ce sens, adressée par l'administration, le 6 juin 2023, et les requérants ayant vu leur demande d'asile définitivement rejetée par la CNDA, le préfet pouvait légalement fonder la mesure d'éloignement sur le 4°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-3, alors applicable, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

16. Au cas d'espèce, le certificat d'une psychologue du CH de Navarre en date du 16 mai 2023, qui se borne à faire état de ce que M. B C souffre d'un " syndrome dépressif sévère " ne suffit pas à caractériser un état de santé nécessitant une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le certificat d'un médecin du même établissement du 24 janvier 2023 selon lequel des soins sont nécessaires et un retour au pays l'angoisserait beaucoup ne suffit pas davantage à caractériser un tel état de santé ni l'impossibilité de bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine. Le préfet a donc pu, sans méconnaître les dispositions précitées du 9°) de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obliger M. B C à quitter le territoire français.

17. En dernier lieu, au regard de l'ensemble des éléments précédemment exposés, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée par les requérants, n'est pas établie.

Sur les décisions fixant le pays de renvoi :

18. En premier lieu, les décisions portant refus de séjour ne constituent pas la base légale des décisions fixant le pays de renvoi forcé des mesures d'éloignement. Les requérants ne peuvent donc valablement exciper de leur illégalité à l'encontre des décisions fixant leur pays de renvoi. Le moyen doit être écarté comme inopérant.

19. En deuxième lieu, après avoir rappelé la nationalité des requérants, les décisions contestées visent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indiquent qu'il n'est pas établi que M. B C et Mme A D peuvent être exposés à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions litigieuses doit être écarté.

20. En dernier lieu, au regard de l'ensemble des éléments précédemment exposés, et alors, par ailleurs, d'une part, que la CNDA a définitivement rejeté la demande d'asile des requérants, qui ne produisent aucun élément de nature à contrarier l'appréciation portée par le juge de l'asile sur les risques qu'ils encourent en République Démocratique du Congo et, d'autre part, que l'état de santé de M. B C ne peut être regardé comme présentant un caractère de particulière gravité, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés de même que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B C et Mme A D, ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Leurs requêtes doivent dès lors être rejetées en toutes leurs conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2400697 et n°2400715 de M. B C et Mme A D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G B C, à Mme F A D, à la SELARL Eden Avocats et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Bouvet, premier conseiller,

M. Mulot, premier conseiller,

Assistés de M. Boulay, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le rapporteur,

C. BOUVET

La présidente,

A. GAILLARDLe greffier,

N. BOULAY

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

N°s 2400697, 2400715

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